Au jour le jour, ici et là

17 octobre, Abbaye de Ligugé

Promesse solennelle du Fr. Joseph-Marie

De la part de Rose-Marie et Gérald, vivant à Saint-Martin de Jussac, non loin d'Oradour-sur-Glane.

On vient de découvrir une nouvelle victime du massacre d'Oratour sur Glane.  Une pensée pour cette personne, Ramona Dominguez Gil, dont on vient aujourd'hui de découvrir l'existence, portant le nombre de victimes de 642 à 643 et qui sera restée 76 ans dans l'oubli. Elle était espagnole réfugiée. En hommage à elle, voici cette photo d'un détail d'un reliquaire en émail offert à l'église d'Oradour sur Glane par le maître émailleur Georges Magadoux qu'il avait dédié au Père Chapelle qui était prêtre à Oradour le 10 juin 1944.

Email réalisé par Georges Magadoux en hommage au Père Chapelle, curé d'Oradour-sur-Glane en 1940 au moment du massacre.

Bernadette B nous partage cette video qui l'a touchée

Lettre à nos corps déconfinés

Lettre à nos corps déconfinés par Ariane D.

Lettre 1

Lettre à nos corps déconfinés / 2 L’arche de Noé

Lettre à nos corps déconfinés/3

Les migrants de Lesbos

">Le sort des migrants de l'île de Lesbos (RCF). Chronique du P. Benoît de Sinety

Les flans de l'Abbaye de Laval

Quand la Covid-19 amène santé et hygiène publiques à questionner l’urbanisme

Par l'Ambassadeur Bernard Valero, directeur général de l'Agence des villes et territoires méditerranéens durables (Avitem)

Véritable révélateur, la pandémie de la Covid-19 a soulevé de multiples questionnements : sur le sens à donner à la Communauté dite internationale au moment où les frontières se fermaient et ou la tentation du chacun pour soi piétinait les velléités de solidarité, sur les inégalités territoriales et sociales crûment mises en lumière par les confinements, sur le crédit de la parole scientifique et du discours politique, sur les solidarités entre générations et entre les peuples, sur la place de la Nature et notre rapport à l’environnement.

Fertile en interpellations, cette crise doit désormais laisser la place au temps fécond des réponses. Souvent de manière intuitive faute de savoirs scientifiques suffisants, les villes, au fur et à mesure de leur croissance démographique et territoriale, ont entrepris depuis le 19e siècle des travaux d’urbanisme inspirés notamment par la crainte atavique des fléaux de l’insalubrité et des épidémies : loi de 1765 interdisant les cimetières en ville, apparitions des premiers grands parcs urbains et percées à Paris du Baron Haussmann sous le second Empire, ou encore l’arrivée de l’eau de la Durance à Marseille en 1849. A quelques encablures de notre frontière la conception du quartier de l’Example à Barcelone s’inscrit dans le changement d’état d’esprit observé au 19ème siècle. Si les illustrations abondent de la prise en compte de la santé publique dans de nombreuses opérations d’aménagement et/ou de développement urbain, celles-ci étaient induites alors par l’accroissement démographique des territoires urbains, par la mémoire collective et douloureuse des épidémies et crises sanitaires des siècles passés, et enfin par une intuition, progressivement confirmée par les progrès de la science, d’une relation avérée entre la qualité de l’environnement urbain et la santé des citadins.

Le Covid-19 questionne le développement urbain

Deux siècles plus tard, la pandémie de la Covid19, qui a mis des pans entiers de la planète en mode pause, revient brutalement questionner le modèle de développement urbain sur lequel les villes contemporaines se construisent : étalement et densification du tissu urbain, place de la voiture, usages intensifs, voire excessifs, du nexus eau-alimentation-énergie, peau de chagrin des espaces chichement concédés à la nature, qualité de l’air, autant de sujets au regard desquels sont de plus en plus mis en relation cancers, stress, accidents cardio-vasculaires, affections respiratoires, etc…

Au-delà du coût économique et social élevé qu’entrainent ces maladies urbaines, des souffrances individuelles qu’elles provoquent, des tensions qu’elles exercent sur la chaine médico-hospitalière, elles mettent de plus en plus en lumière les inégalités sociales et territoriales qui fissurent les ensembles urbains et y altèrent profondément le vivre ensemble.

Si le bilan est lourd, la prise de conscience du lien urbanisme-santé et de la nécessité d’une correction de trajectoire s’installent non seulement dans les esprits mais aussi dans les projets des citoyens, des autorités politiques et des porteurs de politiques publiques. La Covid-19 aura été dans ce contexte un accélérateur de maïeutique au bénéfice :

De l’attention croissante portée à la qualité de l’air, de l’eau, au traitement des déchets,

De la nécessaire réduction de l’espace et des investissements livrés en pâture à la voiture depuis 70 ans, du développement des transports publics et des mobilités douces,

Du retour de la Nature en ville (végétalisation, espaces verts, forêts urbaines, coulées et trames vertes, agriculture urbaine, biodiversité en ville, solutions fondées sur la nature, lutte contre les ilots de chaleur),

De la réanimation des cœurs de ville,

Du vivre-ensemble, des modes de vie urbains, de l’organisation du travail, des usages de l’espace public,

De l’architecture (efficacité énergétique des bâtiments, ouverture des logements sur l’extérieur, luminosité des intérieurs, multi-usages des immeubles, espaces de coworking),

Des déclinaisons de la frugalité (énergies renouvelables, économie sociale et solidaire, recyclage, tri, économie verte)

 

Villes et santé : un sujet majeur de coopération pour les Méditerranéens

A tous les niveaux des politiques publiques, du national au municipal, mais aussi sur le vaste champ des initiatives citoyennes, des dynamiques de projets se mettent un peu partout en branle et font l’objet de coopération internationales multi-niveaux de plus en plus vigoureuses. A cet égard et pour s’en réjouir, la création par l’OMS, dès 1986, du Réseau des Villes-Santé avait ouvert une voie à un changement de regard sur les villes et sur le rapport de celles-ci à ceux qui les habitent.

Les Méditerranéens tiennent là un sujet majeur de coopération au moment où ils se mobilisent sur la relance et pour les plus audacieux d’entre eux sur la transformation. De Casablanca à Barcelone, de Tunis à Venise les questionnements sur villes et santé sont les mêmes, les attentes des Méditerranéens urbanisés, quelle que soit leur latitude, sont les mêmes, les aspirations au mieux vivre en ville sont les mêmes, autant agir sans tarder pour faire en sorte que les réponses soient construites et partagées collectivement entre tous les acteurs de l’urbain.

Témoignage sur le diaconat.

Fr. Antoine-Frédéric

 

Pour moi, diacre, c’est-à-dire en grec serviteur, c’est le plus beau titre dont peut rêver un chrétien puisque, dans une certaine mesure, c’est un titre que Jésus a pris lui-même. En effet, au cours du dernier repas qu’il prenait avec ses disciples, d’après l’évangile saint Luc, alors que ses disciples se disputent pour savoir qui est le plus grand, Jésus s’exprime en ces termes « Quel est en effet le plu grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. » « Celui qui sert » traduit le mot grec diakonôn participe présent du verbe diakoneô servir. Jésus se définit donc comme "le servant, le diacre".

Dans l’évangile selon saint Jean cette idée est traduite par le geste qu’accomplit Jésus au milieu du repas : il lave les pieds de ses disciples.

Être diacre pour moi c’est donc conformer ma vie au Christ qui s’est fait serviteur de tous. Être moine et diacre, cela signifie être au service de tous les frères de la communauté monastique à laquelle j’appartiens. Plus concrètement le service du diacre s’exprime dans la liturgie. Le diacre est serviteur de la Parole de Dieu. Il est chargé notamment de lire l’Évangile lors de la célébration eucharistique

Il y a quelques années déjà une personne qui fréquente le monastère m’avait dit qu’elle me voyait bien diacre parce que je lisais très distinctement. Je ne sais pas si c’est pour cette raison qu’on m’ordonne diacre mais je considère que c’est un grand honneur de proclamer l’Évangile devant le peuple de Dieu. Depuis plusieurs années, je commente chaque samedi matin l’évangile du dimanche pour des personnes qui fréquentent le monastère ou séjournent à l’hôtellerie. D’une certaine manière l’ordination comme Serviteur de la Parole est bien en cohérence avec ce travail que je mène chaque semaine et que j’entends bien continuer. Depuis quelques semaines, ces commentaires d’évangile sont diffusés sous forme de méditation quotidiennes par le monastère numérique. C’est une manière de trouver un nouveau public tout en restant à l’intérieur du monastère. Je pense que les nouveaux moyens de communication permettent d’être à la fois moine vivant de manière stable dans un monastère et Serviteur et Missionnaire de la Parole.

L'expérience du Chemin de saint Jacques

Yann Vagneux, Prêtre à Bénarès (proposé par Fr. Ambroise)

Rémi Brague, Sur la religion (proposé par Fr. Ambroise)

« Notre devoir le plus impérieux est peut-être de ne jamais lâcher le fil de la Merveille. Grâce à lui, je sortirai vivante du plus sombre des labyrinthes. » À partir de cette magnifique formule de Christiane Singer, qui fut son amie, Bertrand Vergely aborde un sujet non seulement essentiel, mais indispensable à l'équilibre de chaque être humain : la faculté de s'émerveiller, encore et toujours, envers et contre tout. Car celui qui s'émerveille n'est pas indifférent, mais ouvert au monde, à l'humanité, à l'existence. Bertrand Vergely enracine sa grande culture et son savoir dans une véritable philosophie du vécu. Un ouvrage plein d'énergie, profond et libérateur.

« La pandémie a rappelé que l’ignorance est le moteur essentiel de la quête de connaissance […] Cette découvert brutale de l’ignorance et de l’incertitude a heurté la mentalité contemporaine qui s’est habituée à la logique binaire du problème à résoudre et de la solution à apporter. A l’inverse, l’humilité face à l’incertitude est une qualité fondamentale du processus de la recherche ». P. Bruno Cadoré, dominicain, ancien Maître général de l'Ordre.

(proposé par Monique H.)

La philosophie de l'âne pour des temps nouveaux

A Sainte-Consorce, Ingrid Ruillat, épaulée par ses ânes, perpétue son histoire paysanne familiale, en cultivant ses légumes bio sur l’ancienne prairie de ses aïeux. La ferme des deux ânes s’est ouverte au public en mai 2018. Depuis toute petite, elle suivait son grand-père, jardinier de profession, dans leur ferme natale. Il utilisait déjà la traction animale avec des chevaux de trait. Elle nous donne ici un petit témoignage :

"Mais l'âne ne se laissa pas troubler.

- Tu ne comprends vraiment pas parce que tu ne sais pas ce que c’est de porter, dit l’âne. Mon ancêtre l’a fait. Il a porté le Rédempteur du monde quand Celui-ci s’apprêtait à accomplir le plus grand acte d’Amour.

Un extrait d’une de mes lectures de chevet de ces dernières semaines.

C’est têtu, un âne ? Une question qui m’est souvent posée, à moi qui cultive des légumes en traction asine.

Non, il réfléchit et surtout il me ramène à un juste rapport. Nous ne sommes pas en position dominant dominé mais en collaboration. On ne dresse pas un âne, on l’éduque, et indirectement on se re-eduque soi-même. Mes ânes m’apprennent l’humilité joyeuse.

De ces semaines de confinement, nombre de besogneux sont sortis de l’ombre. Des professionnels qui jusque là n’attiraient pas l’attention, sont devenus des pièces maîtresses du bon fonctionnement de notre société.

Si on en revient à Jésus, le Très-Haut ou le Très-Bas (dixit C. Bobin) l’a fait fils de charpentier, vivant son dernier triomphe sur un animal de bât.

Dans cette nouvelle ère annoncée, les derniers deviendraient-ils vraiment premiers ?

Je ne sais pas, il faut que je m’en retourne à mes légumes, au ras des pâquerettes. J’essaie d’y trouver le Très-Bas. Là où l’infiniment petit de sa Création a également retrouvé une légitimité, les insectes et les oiseaux sont devenus un spectacle vivant pour les confinés.

Je conclurai donc sur un autre extrait, issu de Laudato Si, §97: Le Seigneur pouvait inviter les autres à être attentifs à la beauté qu’il y a dans le monde, parce qu'il était lui-même en contact permanent avec la nature et y prêtait une attention pleine d’affection et de stupéfaction.

 

Les ânes d'Ingrid R.

Très belle émission dimanche 19 avril : "Les chrétiens chlorophylles-garder le jardin", sur l'engagement écologique des communautés chrétiennes dont la communauté cisterciennes de Rieunette.

https://vodeus.tv/video/chretiens-chlorophylles-garder-le-jardin-2158

Monastère de Rieunette