L'ancienne Salle du chapitre (12e siècle)

Commentaire de la Règle de saint Benoît

Dans la salle du chapitre, chaque jour la communauté entend un commentaire d'un chapitre de la Règle de saint Benoît (d'où son nom).

La Règle est ainsi lue et commentée trois fois dans l'année.

Règle de saint Benoît lus par des moines de Ligugé et commentée par le P. Jean-Pierre Longeat, Editions Saint Léger. http://saintlegerproductions.fr/Ecoute-la-regle-de-saint-Benoit/La-regle-de-saint-Benoit.html

Par suite d'erreurs de montage, il se trouve malheureusement qu'il y ait parfois des décalages entre le texte du chapitre de la Règle et son commentaire.

Nous arrivons bientôt au bout du commentaire de l'ensemble des chapitres de la Règle. Nous proposerons ensuite une autre série de commentaires où l'erreur que nous venons de mentionner n'existera plus. Merci de votre indulgence !

6 août

Ch 54, Des moines qui travaillent loin de l'oratoire

Saints moines et moniales

5 août, Saint Jean de Chozeba moine ermite (✝ 1960)

D'origine roumaine. Après son service militaire, en 1936, il s'installa au monastère de Saint-Sabas en Terre Sainte, où vivaient alors ensemble des moines grecs et des moines roumains.

Lors du soulèvement des Arabes contre les Anglais, il se dépensa tellement auprès des malades et des blessés, qu'il en tomba gravement malade lui-même. Incarcéré par les Anglais comme roumain, pendant la Seconde Guerre mondiale, il resta prisonnier pour soutenir ses confrères. Mais, dans toutes ces épreuves, il vivait une vie ascétique intense et mettait en application la prière intérieure.

En 1953, il put enfin se retirer au désert non loin de Chozeba, ne venant au monastère que pour les Liturgies des grandes fêtes. Il supporta les agressions des Arabes qui voulaient le déloger de sa grotte perchée dans la montagne. Il remit son âme à Dieu dans cette solitude et l'Église roumaine l'a canonisé en juin 1992.

3 août, Saint Dalmace Abbé à Constantinople (✝ 437)

Il était officier de l'empereur Théodose à Constantinople, quand, sous l'influence d'un saint moine, saint Isaac, il démissionna de ses charges, fit accepter par sa femme ce changement de vie et, avec l'un de ses fils, saint Fauste, il entra dans le monastère de son père spirituel. Il y vivait depuis 48 ans lorsqu'en 431, il quitta sa clôture, accompagné de sa communauté, pour intervenir au concile d'Ephèse en faveur des évêques orthodoxes contre les erreurs de Nestorius, alors archevêque de Constantinople.

Concile d'Ephèse (431)

1er août, Saint Ethelwold Moine bénédictin - évêque de Winchester en Angleterre (✝ 984)

Moine bénédictin de Glastonbury en Angleterre puis abbé d'Abingdon, il devint évêque de Winchester.

Appelé "père des moines", il fonda divers monastères et remplaça le clergé séculier de sa cathédrale par des moines. A la suite de saint Elphège, il coordonna le renouveau monastique en Angleterre.

Habile artisan, il encouragea l'enluminure, développa la liturgie et la musique religieuse.

Le Roi Edgar entouré de Saint Ethelwold et de Saint Dunstan

27 juillet, Saints Ours et Leubais ermites et abbés en Touraine (VIe siècle)

Les paroissiens de l'été connaissent bien St Ours, la splendide collégiale de Loches. St Leubais, lui, est bien connu à Sennevières dont il est le saint protecteur...

Tous deux vécurent il y a plus de 1500 ans... Ours, à la tête d'un petit groupe d'ermites, doit fuir la région de Cahors comme beaucoup à l'époque, devant les invasions des Goths et des Burgondes, tous Ariens... Ours part vers le Berry et la Touraine, fondant sur sa route des petits groupes monastiques: Toiselay, Heugnes, Mennetou, Sennevières, Loches. A chaque fois, il laisse la petite communauté sous la garde d'un "prévost", un supérieur, choisi avec soin pour sa vie sainte et la qualité de son discernement spirituel. Leubais est choisi pour Sennevières, Ours lui donne aussi un résumé écrit de sa règle qui insiste sur l'équilibre du temps de prière, de l'instruction religieuse, du travail manuel modéré. Le document est perdu, mais son existence est attestée. Il y est attentif à la prière collective et au sens de l'unité de l'Église... A Loches, sa dernière fondation, Ours s'installe sous le "castrum" (en contrebas de la Collégiale). L'église bâtie sur son tombeau sera église paroissiale jusqu'à la révolution. Il ne reste pratiquement que la crypte, dans une propriété privée. Ours meurt vers 510, Leubais peu de temps après.

Saint Ours de Loches

Saint Jean Cassien (✝ 443)

D'abord moine à Bethléem, il fonda à Marseille, deux monastères, l'un pour les hommes, l'autre pour les femmes, après avoir vécu pendant une quinzaine d'années avec les Pères du désert en Égypte, il en a rapporté en Occident d'admirables conférences aux moines qui le font considérer comme l'un des grands docteurs de la vie monastique. Il a écrit aussi un ensemble sur les Institutions cénobitiques d'Orient ainsi que des oeuvres théologiques. Il est mort à Marseille, vers 435, après avoir passé sa vie à rechercher Dieu, comme moine cénobite ou anachorète, en Palestine, en Égypte ou en Gaule.

Saint Jean Cassien

Saint Wandrille Abbé à Fontenelle (✝ 668)

Né près de Verdun vers 600, Wandrille a été page à la cour du roi Clotaire et s'est marié. Mais un jour, d'accord avec sa femme, il se fait moine. Nous le trouvons en effet à Montfaucon en France, à Sainte Ursanne en Suisse, à Bobbio en Italie, en Suisse et même en Irlande. C'est saint Ouen qui l'arrête en Normandie. Saint Wandrille fonde alors une abbaye à Fontenelle, dans la forêt de Jumièges, abbaye qui prend son nom.

Le 1er mars 649, un maire du palais de Clovis II cède ses droits sur un domaine royal situé au bord d'un ruisseau affluent de la Seine, la Fontenelle, dans la forêt de Jumièges, à deux moines, Wandrille et Gond (+ 690). Wandrille, plein d'humilité, de douceur et d'obéissance envers l'évêque de Rouen, saint Ouen, qui avait voulu cette fondation monastique, veille jusqu'à sa mort, le 22 juillet 668 sur une communauté florissante. 

L'abbaye de Saint-Wandrille dans son état actuel

Saint Syméon le Fou et Jean, ermite, son compagnon (VIe siècle) surnommé "le simple"

Après avoir vécu près de trente ans dans la solitude au désert de la Mer Morte, il se rendit à Emèse où Dieu fit connaître aux chrétiens sa grande sagesse par de nombreux miracles.

Le jeune Syméon, qui vient de Syrie, entreprend le pèlerinage de Jérusalem pour la fête de l'Exaltation de la Croix. En chemin, il rencontre un jeune homme de son âge du nom de Jean. Tous deux, sur le chemin du retour, décident de ne pas rentrer à la maison mais de se faire ermites dans le désert de Palestine.

Au bout de 30 années d'ascèse, Syméon, préoccupé par le salut des hommes, quitte le désert. Il va à Jérusalem, puis à Émèse où il contrefait le fou, à la fois pour cacher sa propre sainteté et ses miracles, et pour frapper les esprits. Ses incongruités lui attirent des affronts mais convertissent un grand nombre de gens. 

Saint Syméon le fou

20 juillet, Sainte Sévère abbesse (✝ v. 680)

Selon la tradition, en 625, l'archevêque de Bourges rencontra Modoald au concile de Reims. Il lui demanda des religieuses. Sévère vint elle-même et fonda un couvent, sous le patronage de Sainte Gemme, près du ruisseau des Palles, qui vient de Vijon. Des religieuses conduites par une jeune abbesse nommée Sévère, arrivèrent des bords du Rhin, de Trèves pour fonder ici un monastère dont il ne reste que le souvenir. Sévère resta peu de temps ici, elle retourna à Trèves où elle mourut quelques années plus tard dans son couvent de St Symphorien.

Mais sa réputation de bonté était telle que les habitants de Trèves la proclamèrent Sainte. Vers 1050, époque à laquelle les pèlerinages fleurissaient en Limousin, région proche, les habitants de Villa Nova, décidèrent de se rendre à Trèves pour récupérer des reliques afin d'organiser un pèlerinage dans la cité. C'est à partir de la possession des reliques, conservées à l'église dans une châsse, que le pays prit le nom de Sainte Sévère et que fut institué un grand pèlerinage annuel autour de la ville, sur un circuit de plus de 3 Km, pèlerinage qui perdure encore de nos jours.  Après avoir été perdues, ses reliques furent miraculeusement redécouvertes au 13e siècle par l'archevêque de Bourges Philippe, grâce à une pierre qui se détacha de la voûte pour indiquer au prélat le lieu de la sépulture. Elles sont encore présentes dans l'église.

Sainte-Sévère-sur-Indre

18 juillet, Bienheureux Robert de Salentino abbé, célestin (✝ 1341)

Moine bénédictin, Robert de Salle (1271-1341) devient à 16 ans disciple de saint Pierre Célestin à Murrone, avant que celui-ci ne soit élu Pape, il fonda quatorze monastères de la congrégation célestine (appelée aussi 'ermites de saint Damien' ou 'ermites de Murrone').

Abbaye de Morrone, Ordre des Bénédictins-Célestins

16 juillet, Saint Généroux (VIe siècle)

Il était romain de naissance, mais vivait dans le Poitou. Il se fit moine à Saint Jouin de Marne où bientôt sa discrétion et sa prudence spirituelle qu'il menait de pair avec une grande austérité, le firent choisir comme Père Abbé. Charge qu'il remplit avec charité à l'égard de ses frères. Une localité rappelle sa mémoire : Saint Généroux-79600.

L'église pré-romane de Saint-Généroux

Saint Donald Abbé à Ogilvy, en Ecosse (VIIe siècle)

Il naquit, vécut et mourut en Ecosse. Avant de mourir, sa femme lui avait recommandé de veiller sur leurs neuf filles. Quand elle mourut, les neuf filles décidèrent de se faire religieuses et saint Donald transforma sa maison en un couvent dont il devint le supérieur. On vit rarement, selon la tradition, une maison aussi fervente et un supérieur aussi bien soigné jusqu'à ses vieux jours.

Vieux monastère d'Ecosse

Chaque jour, on relit la vie de saints moines et moniales inscrits au martyrologe. C'est une manière d'illustrer et d'encourager le développement foisonnant de la vie monastique.

14 juillet, Bienheureux Boniface de Savoie Confesseur (✝ 1270)

Il appartenait à la Maison de Savoie, mais préférait la Maison de Dieu. C'est pourquoi il entra dans l'Ordre des Chartreux. Il voulait vivre ignoré, mais il fut remarqué par le pape Innocent IV qui, de passage à Lyon, le fit nommer archevêque de Cantorbery. Il fut même, un temps, régent du Royaume d'Angleterre. Revenu en Savoie pour pacifier des querelles familiales, il meurt atteint d'une grave maladie et est inhumé à l'abbaye de Hautecombe qui est la nécropole de la Maison de Savoie. Il fut évêque de Belley avant d'être archevêque de Cantorbery. Sa fête est inscrite au propre des diocèses de Chambéry, Maurienne, Tarentaise le 14 juillet.

Bx Boniface de Savoie à Hautecombe

13 juillet, Saint Henri II Empereur germanique, oblat bénédictin (✝ 1024)

Il était le fils du duc de Bavière et, en raison de la mort prématurée de son parent Otton III, il fut couronné empereur germanique. Comme tel, il régna sur l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse, les Pays-Bas et l'Italie du Nord.

Il épousa sainte Cunégonde de Luxembourg que nous fêtons le 3 mars. Elle ne pouvait avoir d'enfants. Henri refusa de la répudier, fait inouï à cette époque et dans une société où la stérilité, surtout dans la noblesse, était une cause ordinaire de répudiation.

L'une de ses deux préoccupations majeures fut l'unité du Saint Empire romain germanique pour laquelle il dut beaucoup guerroyer. L'autre fut de réformer les habitudes de la Papauté, avec l'aide du roi de France, Robert le Pieux.

Dans le même temps, il renforça l'influence de l'Eglise sur la société, fonda l'évêché de Bamberg et, oblat bénédictin, soutint la réforme entreprise par les moines de Cluny. Privé d'héritier, il institua le Christ comme le légataire de ses biens.

A sa mort, sainte Cunégonde se retira à l'abbaye de Kaffungen qu'elle avait fondée. 

Saint Henri

12 juillet, Saint Jean Gualbert Abbé de Vallombreuse (✝ 1073)

Ce jeune seigneur florentin avait eu la douleur de voir son frère assassiné. Or un jour qu'il se rendait à Florence avec son écuyer, il rencontra, au détour d'une impasse étroite, l'homme qui avait tué son frère.

L'honneur familial de cette époque exigeait la vengeance et qu'il abattît le meurtrier. Celui-ci le sait. Il est seul et sans arme, il ne peut fuir. Croyant sa dernière heure arrivée, il se jette à bas de cheval et les bras en croix, recommande son âme à Dieu. Saint Jean en est ému. Il n'est ni dévot ni de mœurs édifiantes, loin de là. Mais cet homme aux bras en croix qui tremble et prie évoque à ses yeux le Sauveur crucifié. Il rengaine son épée et pardonne. Ce fut sa conversion.

Il demanda aux bénédictins de San Miniato de le recevoir. Découvrant plus tard que le Père Abbé avait acheté cette charge à prix d'argent pour en tirer bénéfice, il quitte l'Ordre bénédictin et entre chez les ermites Camaldules. Puis il se remet en route, s'arrête près de Fiesole dans une vallée boisée 'Vallombreuse' où le monastère l'accueille.

Il y établira la réforme de Cluny et y sera l'abbé durant trente années. 

Saint Jean Gualbert

11 juillet, Benoît de Nursie, patriarche des moines d'Occident (✝ v. 547)

C'était un jeune noble de Nursie en Ombrie né vers 480. A 15 ans, on l'envoie à Rome faire ses études, accompagné de sa nourrice.

Rome est terrible aux âmes pures : tentations charnelles, tentations intellectuelles et politiques. Benoît s'enfuit, car c'est "Dieu seul" qu'il cherche et il ne veut pas courir le risque de le perdre.

Il aboutit à une caverne de Subiaco où un ermite accepte de lui servir de guide dans sa quête de Dieu. Benoît y médite de la meilleure façon de vivre pour trouver Dieu.

Mais il est difficile de passer inaperçu quand on rayonne de sainteté. Les moines d'un monastère voisin l'invitent à devenir leur Père abbé. Bien mal leur en a pris : il veut les sanctifier et les réformer. Ils en sont décontenancés et tentent de l'empoisonner.

Il retourne à sa caverne de Subiaco où des disciples mieux intentionnés viennent le rejoindre. Il les organise en prieurés et c'est ainsi que va naître la Règle bénédictine.

La jalousie d'un prêtre les en chasse, lui et ses frères, et ils se réfugient au Mont-Cassin qui deviendra le premier monastère bénédictin. Il y mourra la même année que sa sœur sainte Scholastique en 547. 

L'Abbaye de Subiaco, au lieu de la Grotte où Saint Benoît commença sa vie de moine

Saints Parthénios et Euménios moines de Koudoumia (✝ 1905)

Deux frères originaires de Gortyne en Crète. Ils soutinrent longtemps les moines et les fidèles à Martsallon, où ils avaient reçu la charge d'une église de campagne. Puis ils se retirèrent dans la montagne, restaurant le monastère de Koudoumia (1897) qui devint un lieu de grand rayonnement spirituel après les sanglantes représailles de l'insurrection durant lesquelles les Turcs massacrèrent moines et fidèles (1866).

Monastère de Koudoumas (Crète)

9 juillet, Saint Denys le Rhéteur moine (✝ 1606) et saint Métrophane.

Saint Denys s'étant adonné dès sa jeunesse à l'étude des saintes Lettres et des autres domaines du savoir, avait acquis une vaste connaissance qui lui valut le surnom de "Rhéteur" Mais, restant insatisfait de cette science "du dehors", il chercha à progresser dans la philosophie divine et, renonçant au monde, il devint moine à Constantinople, dans ce qui subsistait de la communauté du Studion. Après quelque temps, avide de mener une vie plus solitaire, il se retira sur la Sainte Montagne de l'Athos, dans un kellion dédié à la Sainte-Trinité, près de Karyès. Mais, même là, il ne lui fut pas possible de goûter au miel de l'hésychia, car sa renommée s'était vite répandue, et nombre de pèlerins et de moines venaient à lui pour se confesser ou recevoir un conseil spirituel. C'est pourquoi il partit pour la skite de Sainte-Anne, alors appelée "Skite de Lavra", où vivaient quelques ascètes dans une grande austérité. Accompagné de son disciple Métrophne, Saint Denys installa sa palestre spirituelle dans une grotte située à peu de distance de la skite, endroit qui prit ensuite le nom de "Petite-Sainte-Anne". Ils purent y persévérer à loisir dans le silence, s'élevant chaque jour spirituellement, de gloire en gloire, par la prière continuelle. Ils devinrent ainsi des vases d'élection de la grâce et goûtèrent aux prémices de la vie éternelle. À la demande des habitants de la région, Saint Métrophane, qui avait été aussi ordonné Prêtre, sortit de la Sainte Montagne et parcourut les villages pour confesser et exhorter les Chrétiens à l'observation des commandements de Dieu. Après son retour dans leur ermitage, Saint Denys remit paisiblement son âme à Dieu, le 9 juillet 1606, afin de jouir de la vision de sa Face, en compagnie de tous les Saints, et Saint Métrophane alla bientôt le rejoindre. L'endroit où se trouvent leurs Reliques est cependant resté inconnu. N.B. : Après la prise de la Ville par les Turcs, l'église de ce célèbre monastère avait été transformée en mosquée ( et il n'en subsiste plus aujourd'hui que des ruines ) mais il est possible que la communauté ait continué de fonctionner ailleurs. 

Mont Athos

Saint Thibaud de Marly Abbé des Vaux-de-Cernay (✝ 1247)

Fils du croisé Bouchard de Marly, et de Mathilde de Châteaufort (petite fille du roi Louis VI), né au château de Marly, il reçoit comme tout noble une éducation militaire mais dans un milieu très chrétien.

Dès son plus jeune âge, il manifeste une grande dévotion à la Sainte Vierge dont il dit qu'elle est « sa bonne Mère et sa chère Maîtresse ». Il s'intéresse aussi beaucoup aux monastères dont son père est un grand bienfaiteur : les Vaux de Cernay et Port-Royal. Proche de la famille royale, il pratique le métier des armes et devient chevalier à la cour de Philippe Auguste. Vie religieuse

C'est à l'abbé des Vaux de Cernay, Thomas (1210-1229), qu'il parle en premier de son désir de vie religieuse. Toutefois, ce dernier le met en garde, lui faisant valoir la sévérité d'une vie cistercienne par rapport à celle que mène le jeune homme auparavant. En 1226, Thibaut entre tout de même toutefois à l'abbaye des Vaux-de-Cernay qui représente son idéal de vie. Dès 1230, il est nommé prieur par l'abbé Richard, et il est élu abbé à son tour, à la mort de celui-ci 1235.

Dès lors, il accomplit de multiples tâches, depuis l'agrandissement de l'abbaye, travaux obligés par le nombre croissant des moines, jusqu'à l'entretien des bâtiments existants. Toujours vêtu d'habits rustiques et élimés, il dit que ce manque de luxe convient exactement à ce qu'avait demandé Saint Bernard. Sa dévotion à la Sainte Vierge est intense. Il exige que sur les livres de chœur, son nom soit écrit en lettres rouges : « Nom suave de la bienheureuse Vierge, Nom béni, Nom vénérable, Nom ineffable, Nom aimable dans toute l'éternité ». À ceux qui lui reprochent cette dévotion qu'ils trouvent envahissante, il répond : « Sachez que je n'aime la Sainte Vierge autant que je fais, que parce qu'elle est la Mère de mon Seigneur Jésus-Christ ; que si elle ne l'était point, je ne l'aimerais pas plus que les autres saintes vierges. Ainsi, c'est Jésus-Christ même que j'aime, que j'honore et que je révère en elle ».

Guillaume d'Auvergne, évêque de Paris, lui confie la direction spirituelle des moniales de Port-Royal, en 1236, il est chargé de l'inspection de l'abbaye de la Joie-lès-Nemours, tandis que le chapitre général de 1237 lui confie la direction celle de Notre-Dame du Trésor dans le Vexin. Il a aussi à diriger l'abbaye d'hommes de Breuil-Benoît près d'Évreux.

Ayant entendu parler de la sainteté de l'abbé des Vaux de Cernay, le roi Louis IX (qui sera lui aussi canonisé), le réclame à la cour et lui demande de prier afin que lui et la reine Marguerite de Provence aient une descendance. Le 11 juillet 1240, la reine met au monde sa première fille, Blanche, qui meurt en bas âge, mais qui a de nombreux frères et sœurs. Le roi et la reine, reconnaissants, dotent richement l'abbaye des Vaux de Cernay.

Thibaut est accaparé par d'autres charges qui l'obligent à s'absenter de son abbaye, il le déplore en disant : « O mon âme, ton Bien-Aimé, celui que tu cherches et que tu désires n'est pas ici ; retournons, je te prie, à Vaux-de-Cernay, c'est là que tu le trouveras, que tu converseras avec lui et que tu auras le bonheur de le voir par la foi dans l'oraison, en attendant que tu le voies face à face et tel qu'il est en lui-même. Retourne, Sunamite, à ton monastère, retournes-y promptement, et là tu adoreras ton Dieu avec plus de dévotion et de sûreté ! ».

Malade depuis quelque temps, il meurt le 27 juillet 1247 et est enterré dans la salle du chapitre avec ses prédécesseurs. Sur sa tombe les moines posent un simple dalle ornée d'une crosse et de cette courte inscription disposée en équerre sur le côté droit : « Hic jacet Theobaldus abbas » (« Ci-gît l'abbé Thibauld »).

Après sa mort, les pèlerins accourent en foule ; la reine et son fils, le roi Philippe III le Hardi, viennent plusieurs fois visiter le tombeau. Comme ils ne peuvent pas entrer dans la salle du chapitre voir la tombe du saint, on transfère ses restes en 1261 dans la chapelle de l'infirmerie. Canonisation Thibaut est canonisé en 1270. Le 8 juillet de cette année-là, ses reliques sont portées dans l'église et placées dans un sarcophage de pierre posé sur quatre colonnes. À la Révolution, l'abbaye est détruite et les reliques de saint Thibaut brûlées, à l'exception d'une petite partie du chef qui est actuellement conservée dans l'église de Cernay-la-Ville. Il est particulièrement vénéré à Beuvron-en-Auge (canton de Cambremer) où il est réputé pour « guérir » les ulcères et les tremblements. Il est liturgiquement commémoré le 8 juillet.

Abbaye des Vaux de Cernay

7 juillet, Sainte Aubierge, abbesse de Faremoutiers (✝ 695) ou Edelburge.

Venue du Pays des Angles pour embrasser la vie monastique en Ile de France. Elle était en effet la fille d'Anna, roi de l'Est-Anglie, mais comme aucun couvent ne lui convenait dans son pays, elle s'en vint sur le continent à l'abbaye de Faremoutiers, à Eboriacum au pays de Meaux, dont elle fut la 3ème abbesse. Par son abstinence sévère et sa virginité perpétuelle, elle rendit gloire à Dieu. On raconte que, d'un coup de crosse, elle fit surgir une fontaine qui alimente actuellement un lavoir ; une chapelle attenante abrite toujours la châsse de Sainte Aubierge sur la commune de Saint-Augustin (77515) au diocèse de Meaux - Son monastère double (hommes et femmes) était sous le règle de Saint Colomban."

Chapelle de Sainte Aubierge (77)

6 juillet, Sainte Macrine

Sainte Macrine, fondatrice d'un monastère (IVe siècle) Macrine et sa sœur Colombe seraient venues d'Espagne au IVe siècle, au temps des dernières persécutions. Rejointes par Pezenne, elles créent un petit monastère dans les environs de Niort. Fuyant un seigneur voisin, elles se réfugient à Magné. A partir du 16ème, une desserte du sanctuaire est assurée par le clergé. Patronne du Marais Poitevin, vénérée depuis les premiers siècles du christianisme, la tradition lui attribue des miracles liés à la vie de la terre. Elle christianisa les habitants: pêcheurs, chasseurs, laboureurs de son voisinage. Cette Sainte, modeste mais efficace, a été choisie en 1996 comme patronne de l’école qui porte son nom. Sainte Macrine, vierge, est honorée à Magné (Deux-Sèvres), et au Gué-de-Velluire (Vendée).

Sainte Macrine