Vendredi 18 juin

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Mt 6, 19-23

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne vous faites pas de trésors sur la terre, là où les mites et les vers les dévorent, où les voleurs percent les murs pour voler. Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où il n’y a pas de mites ni de vers qui dévorent, pas de voleurs qui percent les murs pour voler. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. La lampe du corps, c’est l’œil. Donc, si ton œil est limpide, ton corps tout entier sera dans la lumière ; mais si ton œil est mauvais, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, comme elles seront grandes, les ténèbres ! »

"Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, comme elle seront grandes les ténèbres"...  Qu'est-ce qui fait obstable à la présence lumineuse de Dieu en moi ce matin ? Quelles sont les idolâtries dont je dois me libérer ? Que dit mon regard sur ce que je suis et ce que je vis ? Est-ce que nous gardons dans la mémoire de nos coeurs toutes les grâces reçues ? Quels sont les regards qui nous rehaussent, nous espérent, et ont valeur d'éternité ? Quelle est la source de lumière qui, dans notre quotidien,  peut nous rendre rayonnants pour les autres ? Choisirons-nous alors résolument de nous émerveiller de Sa présence et de Ses dons ou nous laisserons-nous accaparer par des réalités dépourvues d'intériorité ? Fixerons-nous aujourd'hui notre regard et notre coeur sur ce qui apporte paix et joie ? "Qui regarde vers Lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage." (Ps 33)

(Catherine)

Jeudi 17 juin

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Mt 6, 7-15

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »

"Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés.". Comment prions-nous le Notre Père ? Pensons-nous vraiment toujours à Celui auquel nous nous adressons ? Disons-nous toujours cette prière comme des enfants ? Ne sommes-nous pas, comme des paiens, tentés d'orienter la volonté de Dieu plutôt que de nous y abandonner ? S'il suffit de dire "Notre Père", n'est-ce pas parce que cette prière contient tout ce qu'il faut demander et juste ce qu'il faut demander ? "Le Père est heureux quand nous nous aimons et nous pardonnons d’un cœur sincère. Alors, il nous donne son Esprit. Demandons cette grâce : de ne pas nous retrancher avec un cœur endurci, en exigeant toujours des autres, mais de faire le premier pas, dans la prière, dans la rencontre fraternelle, dans la charité concrète. Ainsi nous serons plus semblables au Père, qui nous aime sans rechercher son avantage ; et il répandra sur nous l’Esprit d’unité." (Pape François, 21 juin 2018) 

(Catherine)

Mercredi 16 juin

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

2 Co 9, 6-11

Frères, rappelez-vous le proverbe : À semer trop peu, on récolte trop peu ; à semer largement, on récolte largement. Que chacun donne comme il a décidé dans son cœur, sans regret et sans contrainte, car Dieu aime celui qui donne joyeusement. Et Dieu est assez puissant pour vous donner toute grâce en abondance, afin que vous ayez, en toute chose et toujours, tout ce qu’il vous faut, et même que vous ayez en abondance de quoi faire toute sorte de bien. L’Écriture dit en effet de l’homme juste : Il distribue, il donne aux pauvres ; sa justice demeure à jamais. Dieu, qui fournit la semence au semeur et le pain pour la nourriture, vous fournira la graine ; il la multipliera, il donnera la croissance à ce que vous accomplirez dans la justice. Il vous rendra riches en générosité de toute sorte, ce qui suscitera notre action de grâce envers Dieu.

L'apôtre Paul nous rappelle aujourd'hui que l'état d'esprit qui sous-tend le don est beau plus important que le don lui-même au travers de l'évocation de quelques critères :  (i) libéralité : "à semer trop peu, on récolte trop peu" ; (ii) liberté : "que chacun donne comme il a décidé dans son cœur, sans regret et sans contrainte"  ; (iii) responsabilité : "l'homme juste  distribue et donne aux pauvres". Pas si simple en pratique ! Se donner sans compter au risque de l'épuisement dont certains font douloureusement  l'expérience  ou se ménager, semer avec parcimonie en veillant à ne pas prendre trop de risques ? N'oublions-nous pas trop souvent que c'est "Dieu, qui fournit la semence au semeur", qui nous "rendra riches en générosité de toute sorte" ? La seule aspiration qui doit nous guider, ce n'est nullement la nôtre mais celle du Seigneur, qui doit  nous traverser sans jamais rien retenir pour nous-mêmes. Et si nous sommes fatigués ou découragés, ne doutons pas de la Grâce qui nous portera vers des cimes bien plus élevées que celles que nous pourrions atteindre par nos propres forces.  "Heureux qui craint le Seigneur, qui aime entièrement sa volonté !" (Ps 111)

(Catherine)

Mardi 15 juin

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

2 Co 8, 1-9

Frères, nous voulons vous faire connaître la grâce que Dieu a accordée aux Églises de Macédoine. Dans les multiples détresses qui les mettaient à l’épreuve, l’abondance de leur joie et leur extrême pauvreté ont débordé en trésors de générosité. Ils y ont mis tous leurs moyens, et davantage même, j’en suis témoin ; spontanément, avec grande insistance, ils nous ont demandé comme une grâce de pouvoir s’unir à nous pour aider les fidèles de Jérusalem. Au-delà même de nos espérances, ils se sont eux-mêmes donnés d’abord au Seigneur, et ensuite à nous, par la volonté de Dieu. Et comme Tite avait déjà commencé, chez vous, cette œuvre généreuse, nous lui avons demandé d’aller jusqu’au bout. Puisque vous avez tout en abondance, la foi, la Parole, la connaissance de Dieu, toute sorte d’empressement et l’amour qui vous vient de nous, qu’il y ait aussi abondance dans votre don généreux ! Ce n’est pas un ordre que je donne, mais je parle de l’empressement des autres pour vérifier l’authenticité de votre charité. Vous connaissez en effet le don généreux de notre Seigneur Jésus Christ : lui qui est riche, il s’est fait pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté.

Voilà un passage qui ne peut que nous réveiller en cette heure matinale ! "L'abondance de leur joie et leur extrême pauvreté ont débordé en trésors de générosité". Qu'elle est stimulante cette manifestation de la grâce dont l'apôtre nous parle chez les macédoniens ! Certes les donateurs "y ont mis tout leurs moyens et davantage même" mais ils se sont surtout "donnés d’abord au Seigneur". La grâce de la générosité ne peut venir d'un "ordre". Elle ne peut être que librement choisie. Sa motivation prend sa source dans ce sentiment de la grâce renouvelée du Seigneur. Sommes-nous dans cette joie intérieure et spontanée d'être aimés, en dépit de nos erreurs et de nos insuffisances ? Sommes-nous disposés à offrir aujourd'hui le meilleur de nous-mêmes sans rien attendre en retour ? Serons-nous capables d'endosser la pauvreté de l'autre et assumer le risque de se la voir attribuer ? Parviendrons-nous à nous libérer de tous les attachements qui sont autant d'obstacles à notre union à Dieu ? "Lui qui est riche, il s’est fait pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté".  

(Catherine)

Commencer par lire le texte à haute voix.

Puis reprendre un verset, ou simplement un mot et le répéter toujours à haute voix en le laissant porter par le souffle.

Il s'agit de laisser passer cette parole, dans un premier temps, de l'intellect au coeur.

Ainsi ruminée, elle vient germer au profond de nous-même.

Rester dans cette rumination pendant un temps assez long. Cela débouchera peut-être sur du silence. 

Il peut y avoir une prière spontanée ou non (comme par exemple le psaume proposé dans la liturgie du jour) qui monte de nos lèvres.

Rester dans cette communion de parole tout au long de nos échanges, de nos activités afin qu'elles soient nourries par cette inspiration.

C'est là proprement la lectio divina.

Ensuite, il est toujours possible de la commenter. N'hésitez pas à partager les commentaires que vous écrirez.

 

 

Petits conseils pour la lectio divina "Faites attention à comment vous lisez" (Fr. A. Frédéric)

Qu’est-ce que la lectio divina ? C’est d’abord une manière de lire. Mais me direz-vous nous savons tous lire. À vrai dire j’en doute parfois quand je lis sur les réseaux sociaux les commentaires souvent d’ailleurs très négatifs de certains articles qui montrent le plus souvent que l’auteur du commentaire n’a lu que le titre de l’article en question, au mieux les premières lignes, et qu’en tout cas, il n’a rien compris au propos de l’auteur de l’article. La lecture sur écran telle que nous la pratiquons quotidiennement consiste souvent à saisir le plus rapidement possible une information et non pas à chercher à comprendre la pensée d’un auteur. La lectio divina se donne au contraire pour but de comprendre en profondeur le texte. C’est donc une lecture qui demande un effort. On pourrait se demander la raison de cela. Dans la manière moderne d’envisager la communication, on considère que si celui qui met un message est crédible et que si le message est de qualité, il atteindra son but quel que soit l’attitude de celui qui reçoit le message. Or il n’en est pas ainsi pour la parole de Dieu et c’est ce que montre bien l’explication de la parabole du semeur. J’en donne ici le texte dans la formulation selon saint Matthieu qui me semble la plus claire : « Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur ; quand quelqu’un entend la parole du Royaume sans la comprendre, le mauvais survient et s’empare de ce qui est semé dans son cœur : celui-là c’est le terrain ensemencé au bord du chemin. Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c’est celui qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ; mais il n’a pas de racine en lui, il est l’homme d’un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il trébuche aussitôt. Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c’est celui qui entend la Parole ; mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit. Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : il porte fruit à raison de cent ou soixante ou trente pour un. » D’après ce texte, la Parole est la même pour tous et tous l’ont entendu. Pourtant la parole n’est profitable que pour les derniers ceux qui ne l’ont pas seulement entendue mais comprise. L’enjeu de la lectio divina n’est pas donc de lire la Parole mais de la comprendre. Mais que signifie comprendre la Parole. Je pense que la parabole du semeur nous donne des précieuses indications. Pour comprendre la Parole il convient de la laisser prendre racine en nous. La lectio divina doit donc être une lecture qui prend son temps, qui ne soit pas trop rapide de peur que la Parole ne soit comme le grain semée au bord du chemin. Elle implique un effort quotidien jour après jour sans se décourager pour qu’elle prenne vraiment racine. Elle suppose qu’on lui réserve un temps propre où l’on ne fasse pas autre chose de peur qu’elle ne soit étouffée par les autres activités. Bref il nous faut faire attention à la manière dont nous lisons pour paraphraser la parole que saint Luc place dans la bouche de Jésus s’adressant aux disciples après leur avoir dit la parabole du semeur : « Faites attention à la manière dont vous écoutez ».