Commencer par lire le texte à haute voix.

Puis reprendre un verset, ou simplement un mot et le répéter toujours à haute voix en le laissant porter par le souffle.

Il s'agit de laisser passer cette parole, dans un premier temps, de l'intellect au coeur.

Ainsi ruminée, elle vient germer au profond de nous-même.

Rester dans cette rumination pendant un temps assez long. Cela débouchera peut-être sur du silence. 

Il peut y avoir une prière spontanée ou non (comme par exemple le psaume proposé dans la liturgie du jour) qui monte de nos lèvres.

Rester dans cette communion de parole tout au long de nos échanges, de nos activités afin qu'elles soient nourries par cette inspiration.

C'est là proprement la lectio divina.

Ensuite, il est toujours possible de la commenter. N'hésitez pas à partager les commentaires que vous écrirez.

 

 

Samedi 31 octobre

Samedi de la 30ème semaine du Temps Ordinaire

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens

Ph 1, 18b-26

 

Frères, de toute façon, que ce soit avec des arrière-pensées ou avec sincérité, le Christ est annoncé, et de cela je me réjouis. Bien plus, je me réjouirai encore, car je sais que cela tournera à mon salut, grâce à votre prière et à l’assistance de l’Esprit de Jésus Christ. C’est ce que j’attends avec impatience, et c’est ce que j’espère. Je n’aurai à rougir de rien ; au contraire, je garderai toute mon assurance, maintenant comme toujours ; soit que je vive, soit que je meure, le Christ sera glorifié dans mon corps. En effet, pour moi, vivre c’est le Christ, et mourir est un avantage. Mais si, en vivant en ce monde, j’arrive à faire un travail utile, je ne sais plus comment choisir. Je me sens pris entre les deux : je désire partir pour être avec le Christ, car c’est bien préférable ; mais, à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire. De cela, je suis convaincu. Je sais donc que je resterai, et que je continuerai à être avec vous tous, pour votre progrès et votre joie dans la foi. Ainsi, à travers ce qui m’arrive, vous aurez d’autant plus de fierté dans le Christ Jésus, du fait de mon retour parmi vous.

 

Saint Paul parle toujours de manière tranchante. C’est une âme de feu qui n’y va pas par quatre chemins. « Pour moi, vivre, c’est le Christ, et mourir est un avantage. » On sent à quel point cet homme a tout misé sur le mystère du Christ. Il s’est en quelque sorte identifié au mystère du Christ ; il en vit, il veut le partager et il espère le goûter dans sa plénitude dès maintenant et au-delà des limites de la mort. On comprend le dilemme qui l’habite : lui qui est en prison, cela ne lui fait pas peur de mourir et même il y trouverait un avantage puisqu’il partagerait pleinement la vie du Christ. Mais il est prêt aussi à servir autant que cela pourra être nécessaire, utile. Il y a parfois des moments dans la vie où l’on ne sait plus trop à quoi l’on est appelé pour servir le salut ; il arrive que, par démission, on puisse souhaiter la mort pour partager la promesse de la Vie. Mais c’est une tentation : ce qui nous est proposé chaque jour est un appel majeur à servir la Vie ici et maintenant dans la communion du Christ, le vivant. Tout le reste est relatif à cela. 

Vendredi 30 octobre

Vendredi de la 30ème semaine du Temps Ordinaire

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens

Ph 1, 1-11

 

Paul et Timothée, serviteurs du Christ Jésus, à tous ceux qui sont sanctifiés dans le Christ Jésus et habitent à Philippes, ainsi qu’aux responsables et aux ministres de l’Église. À vous, la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ. Je rends grâce à mon Dieu chaque fois que je fais mémoire de vous. À tout moment, chaque fois que je prie pour vous tous, c’est avec joie que je le fais, à cause de votre communion avec moi, dès le premier jour jusqu’à maintenant, pour l’annonce de l’Évangile. J’en suis persuadé, celui qui a commencé en vous un si beau travail le continuera jusqu’à son achèvement au jour où viendra le Christ Jésus. Il est donc juste que j’aie de telles dispositions à l’égard de vous tous, car je vous porte dans mon cœur, vous qui communiez tous à la grâce qui m’est faite dans mes chaînes comme dans la défense de l’Évangile et son annonce ferme. Oui, Dieu est témoin de ma vive affection pour vous tous dans la tendresse du Christ Jésus. Et, dans ma prière, je demande que votre amour vous fasse progresser de plus en plus dans la pleine connaissance et en toute clairvoyance pour discerner ce qui est important. Ainsi, serez-vous purs et irréprochables pour le jour du Christ, comblés du fruit de la justice qui s’obtient par Jésus Christ, pour la gloire et la louange de Dieu.

 

Après l’épître aux Ephésiens et ses puissants développements sur le mystère du Christ, nous abordons la lettre aux Philippiens, non moins importante dans l’exposé de la foi. Je retiens dans cette page introductive le contenu de la prière que Paul formule pour la communauté de Philippes ; il demande que leur charité les fasse progresse vers la pleine connaissance et la clairvoyance pour discerner ce qui est important. C’est à partir de là que les fidèles, les responsables et les ministres de la communauté pourront progresser vers une condition sans mélange en vue de l’avènement du Christ : ils seront comblés du fruit de la justice qui vient par Jésus Christ pour la gloire et la louange de Dieu. Ces motifs de prière ne sont pas ceux qui nous viennent spontanément à la bouche et même au coeur. Nous devrions nous interroger sur ce qui habite réellement nos intentions lorsque nous prions pour autrui et nous inspirer de ce commencement de l’épître aux Philippiens où l’on sent par ailleurs tout l’attachement, toute la tendresse qui relie Paul aux membres de cette communauté.

Jeudi 29 octobre

Jeudi de la 30ème semaine du Temps Ordinaire

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Ep 6, 10-20

 

Frères, puisez votre énergie dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force. Revêtez l’équipement de combat donné par Dieu, afin de pouvoir tenir contre les manœuvres du diable. Car nous ne luttons pas contre des êtres de sang et de chair, mais contre les Dominateurs de ce monde de ténèbres, les Principautés, les Souverainetés, les esprits du mal qui sont dans les régions célestes. Pour cela, prenez l’équipement de combat donné par Dieu ; ainsi, vous pourrez résister quand viendra le jour du malheur, et tout mettre en œuvre pour tenir bon. Oui, tenez bon, ayant autour des reins le ceinturon de la vérité, portant la cuirasse de la justice, les pieds chaussés de l’ardeur à annoncer l’Évangile de la paix, et ne quittant jamais le bouclier de la foi, qui vous permettra d’éteindre toutes les flèches enflammées du Mauvais. Prenez le casque du salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la parole de Dieu. En toute circonstance, que l’Esprit vous donne de prier et de supplier : restez éveillés, soyez assidus à la supplication pour tous les fidèles. Priez aussi pour moi : qu’une parole juste me soit donnée quand j’ouvre la bouche pour faire connaître avec assurance le mystère de l’Évangile dont je suis l’ambassadeur, dans mes chaînes. Priez donc afin que je trouve dans l’Évangile pleine assurance pour parler comme je le dois.

 

Saint Paul a bien raison, il y a dans nos vies toutes sortes d’attaques invisibles : on ne sait d’où ça vient , mais ça vous sape le moral et ça vous met dans une situation quasi d’impuissance qui est parfois à désespérer. Tout cela est très étrange. Nous faisons avec, mais nous aimerions bien en être débarrassés. Cela joue encore plus dans les situations de crise où notre fragilité est plus grande et nous rend plus vulnérable. Face à cette division intérieure, Paul propose quelques armes pour faire face et passer l’obstacle. Les reins ceints de la vérité : on l’a souvent dit, les reins sont le lieu de l’intime profondeur de la personne, c’est un autre nom du coeur ou des entrailles, c’est à partir de là que, pour les anciens, jaillit la vie. Il est bon de pouvoir tenir en vérité ses reins et de rester bien connectés à cette source pure. Sinon, c’est la débandade. La cuirasse de la justice : être juste, c’est être ajusté au don reçu de Dieu sans jamais sans remettre à soi seulement. C’est la meilleure manière de résister face aux déstabilisations de l’injustice omniprésente ; avec cette justice là, on a le cuir épais ! Le bouclier de la foi : la foi, c’est la confiance que l’on fait sans cesse au don de Dieu toujours offert. C’est le meilleur rempart contre les flèches que nous recevons de la part des suggestions et tentations de toutes sortes qui veulent nous mettre à l’épreuve et nous invitent à renier ce qui nous fait vivre au plus profond. et finalement, le casque du salut et le glaive de l’Esprit, la Parole de Dieu : dans la fidélité à l’attention de coeur à cette Parole offerte seconde après seconde, nous ne pouvons nous trouver en situation de faillite : nous ne perdons pas la tête et nous savons présenter la Parole qui nous fait vivre comme un échange de force et de dynamisme. De cette manière, nous sommes chaussés de l’ardeur à annoncer l’Evangile. Dans ce combat pour vivre le plus en vérité, le Christ est déjà vainqueur et il vit en nous cette vérité, cette justice, cette foi, ce salut à travers lesquels son Evangile est manifesté au monde. Laissons nous habiter par sa présence au plus intime de nous-mêmes, pour devenir à notre tour, les hérauts du Royaume. 

« Puisez votre énergie dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force » ... « Tenez bon »... « Restez éveillés » ... « Priez donc pour que je trouve dans l’Evangile pleine assurance pour parler comme je le dois »

À l’heure où l’épidémie ne cesse de faire de nouvelles victimes autour de nous, à l’heure nous basculons dans un nouveau confinement qui va plonger dans la détresse de nombreux secteurs économiques, exacerber les inégalités, les solitudes, la précarité, saurons-nous mettre l’Essentiel au centre de nos vies ? Saurons-nous chasser les peurs autour de nous, soutenir, accompagner, réconforter, consoler tous ceux qui en ont besoin et qui sont de plus en plus nombreux ? Écouterons-nous ces intuitions que l’Esprit Saint nous souffle et qui peuvent nous conduire à prendre des décisions difficiles ? Saurons-nous poursuivre la route que la Trinité a dessiné pour chacun de nous ? Nous laisserons-nous habiter par Sa présence au plus intime de nous-mêmes ?

Face à toutes les questions qui ce matin nous assaillent, redisons avec le psalmiste : « Béni soit le Seigneur, mon rocher ! Il exerce mes mains pour le combat. Il m’entraîne à la bataille. Il est mon allié, ma forteresse, ma citadelle, Celui qui me libère »

Et contemplons Jésus... : « Mais il me faut continuer ma route, aujourd’hui, demain et le jour suivant »

Avec noblesse, Il surmonte toutes les incertitudes et la peur de la mort. Il va de l’avant en continuant inlassablement à faire le bien. Il a pleinement conscience de sa mission. Il ne se dérobe pas. Rien d’autre ne peut l’écarter de l’accomplissement de Sa mission. Rien d’autre ne compte pour lui que de faire la volonté de Son Père. « Voici que le temple est abandonné à vous-mêmes » Incompris, trahi, faisant face à Sa propre mort, il nous apprend à agir librement et ne cesse jamais de croire en l’Homme.

 

de la part de Catherine L.

Fête des Apôtres Simon et Jude (28 octobre)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens

Ep 2, 19-22

 

Frères, vous n’êtes plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes concitoyens des saints, vous êtes membres de la famille de Dieu, car vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes ; et la pierre angulaire, c’est le Christ Jésus lui-même. En lui, toute la construction s’élève harmonieusement pour devenir un temple saint dans le Seigneur. En lui, vous êtes, vous aussi, les éléments d’une même construction pour devenir une demeure de Dieu par l’Esprit Saint.

 

Les fêtes des apôtres nous remettent devant cette réalité que nous avons tendance à faire passer en arrière-plan : notre condition humaine est vouée à s’épanouir dans une construction commune. Notre individualité ne prend sens que dans cette construction qui s’élève harmonieusement jusqu’à devenir une demeure de Dieu par l’Esprit Saint. Il y a de nombreux passages de saint Paul qui décrivent cette demeure commune : l’épître aux Ephésiens notamment développe audacieusement cette dimension. Sommes-nous réellement prêts à envisager notre vie sous cet angle ? Nous sommes les membres du Corps du Christ, nous sommes des éléments de la construction. L’Eglise est le signe, le sacrement de cette réalité vers laquelle nous tendons. Nos fondements sont les Apôtres et les prophètes (qui curieusement, ne sont plus honorés aujourd’hui en tant que tels !) et le sommet de l’édifice, c’est le Christ Jésus par lequel tout est assemblé comme peut le faire une pierre angulaire ou une pierre de faîte. Ah si seulement cela pouvait être notre réalité ordinaire comme une motivation permanente, dessinant nos relations avec tous à la lumière de l’Evangile ! Nous connaîtrions quelque chose de la vraie Vie et cela nous aiderait tellement dans la traversée de notre existence terrestre ! 

Mardi 27 octobre 2020

Mardi de la 30ème semaine du Temps Ordinaire

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Ep 5, 21-33

 

Frères, par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres ; les femmes, à leur mari, comme au Seigneur Jésus ; car, pour la femme, le mari est la tête, tout comme, pour l’Église, le Christ est la tête, lui qui est le Sauveur de son corps. Eh bien ! puisque l’Église se soumet au Christ, qu’il en soit toujours de même pour les femmes à l’égard de leur mari. Vous, les hommes, aimez votre femme à l’exemple du Christ : il a aimé l’Église, il s’est livré lui-même pour elle, afin de la rendre sainte en la purifiant par le bain de l’eau baptismale, accompagné d’une parole ; il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni rien de tel ; il la voulait sainte et immaculée. C’est de la même façon que les maris doivent aimer leur femme : comme leur propre corps. Celui qui aime sa femme s’aime soi-même. Jamais personne n’a méprisé son propre corps : au contraire, on le nourrit, on en prend soin. C’est ce que fait le Christ pour l’Église, parce que nous sommes les membres de son corps. Comme dit l’Écriture : À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. Ce mystère est grand : je le dis en référence au Christ et à l’Église. Pour en revenir à vous, chacun doit aimer sa propre femme comme lui-même, et la femme doit avoir du respect pour son mari.

 

Ce texte est difficile pour nous car il ne correspond pas à notre ordre social. Lorsque Paul parle de soumission les uns à l’égard des autres, il parle d’organisation sociale. Il s’agit du principe de sub-ordination. Dans une société, il est nécessaire qu’il y ait un ordonnancement. A l’époque de Paul, les femmes étaient dans une situation particulière de dépendance comme aussi de protection sociale par le biais de la relation à leur mari. De même pour les enfants à l’égard de leurs parents et pour les esclaves à l’égard de leur maître comme Paul en parle à la suite de ce texte. Et à partir de là, il essaie de présenter une approche spirituelle qui fasse droit au mystère du Christ. Mais aujourd’hui, les femmes ne sont plus du tout dans ce type d’ordonnancement de la société. Elles sont autonomes, elles ne sont plus dans une relation de dépendance ou de nécessité de protection par le biais de leur mari (même si cela peut jouer encore dans certaines situations ou dans d’autres cultures que celle du monde occidental). Ainsi la théologie que Paul propose du mariage sous l’image du mystère du Christ et de l’Eglise, même si elle reste très forte, demande à être réactualisée en fonction d’un ordre social différent. On insistera aujourd’hui sur le fait d’être sub-ordonné les uns aux autres comme le propose Paul au début de ce passage et sur le fait que la relation mari et femme est appelée à se vivre sous le régime de l’échange de grâce (ce que Paul traduit en terme d’agapé et de respect). C’est le mystère de la relation du Christ et de l’Eglise, c’est à dire du signe d’une humanité appelée par Dieu. Voilà un idéal très élevé qui n’est pas toujours atteignable mais qui reste fort pour les mentalités d’aujourd’hui si l’on garde en tête que ce mystère ne peut se vivre que dans un échange réciproque, dans une sub-ordination réciproque : relation eucharistique qui fait de nous un seul corps uni dans la suite de Celui qui s’est livré pour nous tout entier. Dans la liturgie orthodoxe, le sacrement du mariage prévoit le couronnement des époux (et pas seulement du mari !) pour signifier qu’ils sont livrés l’un à l’autre, comme le Christ en son Corps qui est l’Eglise. C’est une relation mutuelle qui nous ramène ensemble au Père en étant signes du Royaume qui vient. 

Lundi 26 octobre 2020

Lundi de la 30ème semaine du Temps Ordinaire

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Ep 4, 32 – 5, 8

 

Frères, soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns aux autres, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ. Oui, cherchez à imiter Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés. Vivez dans l’amour, comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, s’offrant en sacrifice à Dieu, comme un parfum d’agréable odeur. Comme il convient aux fidèles, la débauche, l’impureté sous toutes ses formes et la soif de posséder sont des choses qu’on ne doit même plus évoquer chez vous ; pas davantage de propos grossiers, stupides ou scabreux – tout cela est déplacé – mais qu’il y ait plutôt des actions de grâce. Sachez-le bien : ni les débauchés, ni les dépravés, ni les profiteurs – qui sont de vrais idolâtres – ne reçoivent d’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu ; ne laissez personne vous égarer par de vaines paroles. Tout cela attire la colère de Dieu sur ceux qui désobéissent. N’ayez donc rien de commun avec ces gens-là. Autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes lumière ; conduisez-vous comme des enfants de lumière.

 

L’épître aux Ephésiens qui a dressé dans un premier temps le tableau général de notre destinée en Christ selon Dieu notre Père, dans leur Souffle d’amour, parle maintenant de la manière concrète de mettre cela en oeuvre. Cela touche en particulier les relations humaines. Les adjectifs employés ont tous un poids considérable et un sens qu’ils ont parfois perdu dans les traductions du langage courant. Ce qui est en jeu ici, c’est la capacité à vivre selon un échange de grâce tant avec Dieu qu’avec autrui, comme le Christ l’a fait lui-même dans sa vie et jusque dans sa mort où il a tout livré au Père et aux autres sans rien retenir pour soi. Ainsi, il s’agit bien d’une relation d’utilité et de bonté les uns vis-à-vis des autres (chrestoi), une relation d’entrailles (eusplangnoi), d’ouverture à la grâce échangée (charizomenoi). Tout cela porte le nom de charité (ce qui est le plus précieux, cher, caro à moi-même que moi-même). L’inverse se traduit en idolâtrie de soi dans de la porneia, des choses qui ne soient pas pures, limpides, sans mélange, dans le désir de posséder toujours plus avec des paroles vaines, lourdes, non respectueuses des autres. Cela ne conduit pas au Royaume du Christ et de Dieu. Cela provoque dans le coeur de Dieu une grande irritation tellement les humains passent à côté de sa vie alors que ce serait là qu’ils pourraient être vraiment eux-mêmes. Il tempête tellement cela le touche.

25 octobre 2020 : 30ème dimanche du Temps ordinaire

30ème dimanche du Temps Ordinaire Année A

Lecture du livre de l’Exode

Ex 22, 20-26

 

Ainsi parle le Seigneur : « Tu n’exploiteras pas l’immigré, tu ne l’opprimeras pas, car vous étiez vous-mêmes des immigrés au pays d’Égypte. Vous n’accablerez pas la veuve et l’orphelin. Si tu les accables et qu’ils crient vers moi, j’écouterai leur cri. Ma colère s’enflammera et je vous ferai périr par l’épée : vos femmes deviendront veuves, et vos fils, orphelins. Si tu prêtes de l’argent à quelqu’un de mon peuple, à un pauvre parmi tes frères, tu n’agiras pas envers lui comme un usurier : tu ne lui imposeras pas d’intérêts. Si tu prends en gage le manteau de ton prochain, tu le lui rendras avant le coucher du soleil. C’est tout ce qu’il a pour se couvrir ; c’est le manteau dont il s’enveloppe, la seule couverture qu’il ait pour dormir. S’il crie vers moi, je l’écouterai, car moi, je suis compatissant ! »

 

Cette lecture de l’Exode vise à montrer combien le commandement de l’amour du prochain est déjà présent dans l’Ancien Testament. D’ailleurs c’est bien de l’Ancien Testament qu’est tirée la citation que fait Jésus pour évoquer le double commandement : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Lévitique 19, 18). Le chapitre 22 de l’Exode que nous lisons aujourd’hui corrobore cet enseignement et montre à quel point, le fait d’aimer Dieu comporte des conséquences dans la relation à autrui. Le plus impressionnant est de voir comment dans le concret, cela peut se traduire : en l’occurence, ici, cela touche des secteurs de la vie sociale qui sont particulièrement chauds dans nos sociétés : accueil et soin de l’émigré ; protection des plus fragiles, femmes seules sans ressource ou enfants livrés à eux-mêmes ; opérations financières juteuses comme exploitation de celui qui est dans le besoin. Sur toutes ces questions et sur bien d’autres dans la Loi de Moïse, la relation au prochain, selon qu’elle est pratiquée ou non avec justice, affecte la relation avec Dieu et donc l’équilibre de la vie du croyant. Impossible de nourrir une relation juste avec Dieu si l’on ne nourrit pas une relation juste au prochain. A l’énoncé des matières concrètes dans lesquelles s’exprime la Loi de Moïse, beaucoup de ceux qui fréquentent l’Eglise pourraient s’interroger ? Une fois encore, l’encyclique récente du Pape va bien d’en se sens et n’a peur d’aborder l’aspect très concret de l’amour du prochain. Il n’est guère étonnant que certain lui reprochent ! 

Samedi de la 29ème semaine du Temps Ordinaire

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Ep 4, 7-16

 

Frères, à chacun d’entre nous, la grâce a été donnée selon la mesure du don fait par le Christ. C’est pourquoi l’Écriture dit : Il est monté sur la hauteur, il a capturé des captifs, il a fait des dons aux hommes. Que veut dire : Il est monté ? – Cela veut dire qu’il était d’abord descendu dans les régions inférieures de la terre. Et celui qui était descendu est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux pour remplir l’univers. Et les dons qu’il a faits, ce sont les Apôtres, et aussi les prophètes, les évangélisateurs, les pasteurs et ceux qui enseignent. De cette manière, les fidèles sont organisés pour que les tâches du ministère soient accomplies et que se construise le corps du Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et la pleine connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la stature du Christ dans sa plénitude. Alors, nous ne serons plus comme des petits enfants, nous laissant secouer et mener à la dérive par tous les courants d’idées, au gré des hommes qui emploient la ruse pour nous entraîner dans l’erreur. Au contraire, en vivant dans la vérité de l’amour, nous grandirons pour nous élever en tout jusqu’à celui qui est la Tête, le Christ. Et par lui, dans l’harmonie et la cohésion, tout le corps poursuit sa croissance, grâce aux articulations qui le maintiennent, selon l’énergie qui est à la mesure de chaque membre. Ainsi le corps se construit dans l’amour.

 

Saint Paul insiste, nous formons tous ensemble le Christ avec toutes sortes de dons pour faire vivre ce Corps spirituel. Des dons variés et pas seulement des ministres ordonnés : des apôtres, des prophètes, des pasteurs, des évangélisateurs, des enseignants et d’autres encore…. Et tous ensemble nous devenons le signe de l’humain parfait avec le Christ Jésus qui en est comme le premier de cordée, la Tête. Lui qui est chemin, vérité et vie assure avec nous l’harmonie et la cohésion et nous progressons vers notre stature définitive dans l’amour. Je dois avouer que je m’enthousiasme pour un tel propos. Je ne peux me faire à l’idée que nous ne vivons qu’une réalité limitée à nos seules perspectives. Nous faisons déjà pour une part, l’expérience que décrit saint Paul et c’est cela qui nous donne d’avancer : c’est une aventure sans fin dont nous n’avons jamais la possibilité d’explorer tout le mystère. 

Vendredi de la 29e semaine du Temps Ordinaire

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Ep 4, 1-6

 

Frères, moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous exhorte donc à vous conduire d’une manière digne de votre vocation : ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous.

 

Aborder la question de l’unité entre les humains par la porte d’entrée de l’unité en Dieu, c’est travailler d’une tout autre manière que d’aborder cette question à partir de nos divisions qu’il nous faudrait tenter de réduire. L’unité est déjà là, l’unité est en Dieu : rejoindre cette Unité, cette unique nécessaire, cette part essentielle selon l’Evangile, c’est cela qui peut nous permettre d’avoir beaucoup d’humilité, de douceur, de patience, de nous supporter les uns les autres dans la très grande diversité de nos personnalités qui semblent parfois inconciliables. Il n’y a qu’un seul Dieu et Père de tous, au-delà de tout, et en même temps, par tout et en tout, de ce fait, il n’y a qu’un seul Corps d’humanité qui se reçoit filialement du Père et qui se résume en le terme de « Christ » ; en ce Corps, nous sommes participants du Christ, nous sommes Christ, et il n’y a qu’un seul Souffle qui se transmet incessamment, c’est à l’intérieur de cette relation ternaire, dans l’échange de ce Souffle permanent, que nous trouvons notre vocation qui est tout amour : amour impossible pour nos seules forces mais qui devient possible dans l’unité de notre Père unique. 

Jeudi de la 29ème semaine du Temps Ordinaire

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Ep 3, 14-21

 

Frères, je tombe à genoux devant le Père, de qui toute paternité au ciel et sur la terre tient son nom. Lui qui est si riche en gloire, qu’il vous donne la puissance de son Esprit, pour que se fortifie en vous l’homme intérieur. Que le Christ habite en vos cœurs par la foi ; restez enracinés dans l'amour, établis dans l'amour. Ainsi vous serez capables de comprendre avec tous les fidèles quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur… Vous connaîtrez ce qui dépasse toute connaissance : l’amour du Christ. Alors vous serez comblés jusqu’à entrer dans toute la plénitude de Dieu. À Celui qui peut réaliser, par la puissance qu’il met à l’œuvre en nous, infiniment plus que nous ne pouvons demander ou même concevoir, gloire à lui dans l’Église et dans le Christ Jésus pour toutes les générations dans les siècles des siècles. Amen.

 

Cette épître aux Ephésiens est vraiment incroyable. Elle donne tout le secret de la dynamique divine telle qu’elle a été révélée au monde. Elle me paraît si incontestable dans cette manifestation très claire à condition bien sûr d’admettre que nous ne dépendons pas que de nous-mêmes, qu’une réalité créatrice nous précède, nous forme et nous permet de nous accomplir. Ainsi, dans la foi chrétienne, nous nommons cette réalité, le Père ; seule cette réalité est digne de paternité. Jésus lui-même le dit dans l’évangile, « nous n’avons qu’un seul Père ». Employer ce titre pour d’autres est une forme d’usurpation dont il faudrait vraiment prendre conscience et se convertir. Le Père se communique à notre nature humaine par l’intérieur, il nous donne un Souffle qui nous relie à lui : « Qu’il vous donne la puissance de son Esprit, pour se fortifie en vous l’homme intérieur. » En accueillant cette réalité en nous par la foi, nous laissons se former à travers nous, l’Homme nouveau, le Christ. Le Christ n’est pas seulement la personne Jésus, c’est l’Homme en devenir, qui, au final, formera un seul corps avec tous. C’est en laissant vivre tout cela en nous, que nous pourrons percevoir et vivre toutes choses à leur juste mesure. Et expérimenter que tout cela se résume en un seul mot « amour ». "À Celui qui peut réaliser, par la puissance qu’il met à l’œuvre en nous, infiniment plus que nous ne pouvons demander ou même concevoir, gloire à lui dans l’Église et dans le Christ Jésus pour toutes les générations dans les siècles des siècles. Amen." 

Mercredi de la 29ème semaine du Temps Ordinaire

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Ep 3, 2-12

 

Frères, vous avez appris, je pense, en quoi consiste la grâce que Dieu m’a donnée pour vous : par révélation, il m’a fait connaître le mystère, comme je vous l’ai déjà écrit brièvement. En me lisant, vous pouvez vous rendre compte de l’intelligence que j’ai du mystère du Christ. Ce mystère n’avait pas été porté à la connaissance des hommes des générations passées, comme il a été révélé maintenant à ses saints Apôtres et aux prophètes, dans l’Esprit. Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile. De cet Évangile je suis devenu ministre par le don de la grâce que Dieu m’a accordée par l’énergie de sa puissance. À moi qui suis vraiment le plus petit de tous les fidèles, la grâce a été donnée d’annoncer aux nations l’insondable richesse du Christ, et de mettre en lumière pour tous le contenu du mystère qui était caché depuis toujours en Dieu, le créateur de toutes choses ; ainsi, désormais, les Puissances célestes elles-mêmes connaissent, grâce à l’Église, les multiples aspects de la Sagesse de Dieu. C’est le projet éternel que Dieu a réalisé dans le Christ Jésus notre Seigneur. Et notre foi au Christ nous donne l’assurance nécessaire pour accéder auprès de Dieu en toute confiance.

 

Il y a des moments où l’on peut se demander si Paul n’est pas devenu complètement fou à la suite de l’expérience qu’il a faite de la révélation de Dieu. Les propos qu’il tient ici dans cette lettre aux Ephésiens pourraient être perçus de l’extérieur comme ceux d’un mégalomane. La connaissance que Paul dit avoir reçu du mystère de Dieu et qu’il a été appelé à transmettre, fait que l’univers entier visible et invisible est maintenant informé de la « chose ». Mais c’est bien cela la réalité chrétienne, elle embrasse le tout de Dieu. De ce fait, une telle révélation partagée à tous nous rend capables en toute assurance d’accéder au Créateur de toutes choses. Et cela n’est pas réservé à une petite catégorie de croyants que l’on pourrait considérer comme élus, privilégiés, mais cela concerne tout le monde. Tout le monde peut avoir accès à ce mystère et en vivre. Toute la vie de Paul et des premières communautés chrétiennes qui ont reçu sa prédication est orientée dans cette perspective de toucher tout le monde ! Je suis impressionné de sentir les mêmes accents dans la lettre encyclique du Pape François, Fratelli tutti. Je me demande si nous sommes bien conscients de cette universalité de notre foi. La tentation ghettoïsante du christianisme n’est-elle pas constamment d'actualité. Il faudrait revenir à ce dynamisme de l’universalité d’une humanité en transformation dans la réalité du Christ telle qu’un Teilhard de Chardin par exemple en a parlé, ou bien encore des mystiques tout au long de l’histoire.

« Tenez vous prêts ! »

Il y a depuis hier une invitation récurrente à la vigilance.

Hier, nous entendions : « Heureux ces serviteurs-là que le Maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller ! » Aujourd’hui, c’est « Tenez vous prêts, c’est à l’heure où vous n’y pensez pas que le Fils de l’homme viendra ».

À quoi sommes nous invités ce matin ?

Si nous croyons qu’Il est véritablement présent parmi nous, sommes-nous assez vigilants pour Le reconnaître en toute chose ?

Ouvrons-Lui notre coeur quand Il frappe ?

Sommes-nous impatients de Sa Présence ?

Restons-nous dans cette attention qui n’est pas oisive, ardents à Le chercher et à Le consulter, pour entendre le « murmure du fin silence », pour accepter sans condition de servir et partager à notre tour la vie que nous avons reçue en surabondance ?

Que le Seigneur, qui est le seul et l’Unique Maître de la vie, nous garde de toute infidélité sur le chemin.

 

de la part de Catherine L.

Mardi de la 29ème semaine du Temps Ordinaire

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Ep 2, 12-22

 

Frères, au temps où vous étiez païens, vous n’aviez pas le Christ, vous n’aviez pas droit de cité avec Israël, vous étiez étrangers aux alliances et à la promesse, vous n’aviez pas d’espérance et, dans le monde, vous étiez sans Dieu. Mais maintenant, dans le Christ Jésus, vous qui autrefois étiez loin, vous êtes devenus proches par le sang du Christ. C’est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux, le Juif et le païen, il a fait une seule réalité ; par sa chair crucifiée, il a détruit ce qui les séparait, le mur de la haine ; il a supprimé les prescriptions juridiques de la loi de Moïse. Ainsi, à partir des deux, le Juif et le païen, il a voulu créer en lui un seul Homme nouveau en faisant la paix, et réconcilier avec Dieu les uns et les autres en un seul corps par le moyen de la croix ; en sa personne, il a tué la haine. Il est venu annoncer la bonne nouvelle de la paix, la paix pour vous qui étiez loin, la paix pour ceux qui étaient proches. Par lui, en effet, les uns et les autres, nous avons, dans un seul Esprit, accès auprès du Père. Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes concitoyens des saints, vous êtes membres de la famille de Dieu, car vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes ; et la pierre angulaire, c’est le Christ Jésus lui-même. En lui, toute la construction s’élève harmonieusement pour devenir un temple saint dans le Seigneur. En lui, vous êtes, vous aussi, les éléments d’une même construction pour devenir une demeure de Dieu par l’Esprit Saint.

 

On a vraiment à faire ici à un monument, c’est le cas de le dire. Exprimer la foi chrétienne sous cette forme, c’est souligner la dimension universelle qui la caractérise. La foi chrétienne n’est pas réservée à un peuple ou à une caste, elle est offerte à tous. Elle nous est transmise par le fait qu’un homme, un jour, alors qu’il était condamné à mort, n’a pas choisi la violence et la haine mais la paix et la remise de sa vie à celui qui est l’auteur de la vie pour tous. De telle façon, qu’il nous donne ainsi l’accès à ce Père de tous afin que soit abattus tous les murs qui peuvent nous séparer. Dans cette foi, nous sommes appelés à former l’Homme nouveau. Cet acte parfait du Christ livrant tout lui-même à la vie véritable et nous y donnant accès, constitue comme une étape décisive de l’histoire de l’humanité. Nous ne sommes plus des individus livrés à nous-mêmes, nous sommes les membres d’un même corps et nous croissons ensemble harmonieusement, jusqu’à devenir une réalité sainte capable de vivre dans une même volonté commune, ce que le Christ a vécu par le Souffle divin. 

Lundi de la 29ème semaine du Temps Ordinaire

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Ep 2, 1-10

 

Frères, vous étiez des morts, par suite des fautes et des péchés qui marquaient autrefois votre conduite, soumise aux forces mauvaises de ce monde, au prince du mal qui s’interpose entre le ciel et nous, et dont le souffle est maintenant à l’œuvre en ceux qui désobéissent à Dieu. Et nous aussi, nous étions tous de ceux-là, quand nous vivions suivant les convoitises de notre chair, cédant aux caprices de la chair et des pensées, nous qui étions, de par nous-mêmes, voués à la colère comme tous les autres. Mais Dieu est riche en miséricorde ; à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a donné la vie avec le Christ : c’est bien par grâce que vous êtes sauvés. Avec lui, il nous a ressuscités et il nous a fait siéger aux cieux, dans le Christ Jésus. Il a voulu ainsi montrer, au long des âges futurs, la richesse surabondante de sa grâce, par sa bonté pour nous dans le Christ Jésus. C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, et par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Cela ne vient pas des actes : personne ne peut en tirer orgueil. C’est Dieu qui nous a faits, il nous a créés dans le Christ Jésus, en vue de la réalisation d’œuvres bonnes qu’il a préparées d’avance pour que nous les pratiquions.

 

Apparemment, l’existence humaine se déroule dans un ensemble de circonstances qui échappent totalement à notre contrôle. Il y a toutes sortes de mouvements qui nous traversent dont certains nous poussent vers le bien et d’autres vers le mal. Ces dernières nous poussent à ne faire confiance qu’à nous-mêmes, à nos propres jugements, à nos propres pensées, à nos propres actions, mais elles nous entraînent vers une voie sans issue qui trouve sa fin dans la mort. Mais lorsque nous nous ouvrons au don de celui qui nous a fait, lui riche en miséricorde, alors nous vivons de la vie même du Christ et nous sommes ressuscités et nous goûtons déjà quelque chose de la gloire de Dieu. C’est simplement la disponibilité au don de Dieu qui permet cela et non nos propres initiatives sans inspiration. Là se trouve résumé la grande querelle qui nous a opposés si longtemps avec nos frères de la Réforme protestante. Je crois que maintenant, nous sommes parfaitement d’accord sur ce point. Une déclaration commune entre les Confessions catholique et protestantes, a été signée sur la justification par la foi ; la plupart des Eglises protestantes l’ont signée ; c’est une grande avancée vers l’unité. 

« Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? »

Jésus nous interpelle aujourd’hui sur notre rapport aux biens matériels et nous invite à réfléchir à la finalité ultime, qui est moins dans la répartition des biens que dans la qualité de la relation à notre frère, à tous nos frères.

« Cette nuit même .... » .

Orienter nos vies vers l’accumulation de biens matériels ne rajoutera pas une seule journée à notre vie terrestre. Quelle place faisons-nous alors dans nos vies, à l’hospitalité, à la qualité de présence, à la solidarité avec ceux qui en ont le plus besoin, à la gratuité ?

Sommes-nous prêts à mobiliser un peu de ce que nous avons aujourd’hui pour inventer un « autre monde » pour les générations à venir ?

Pourquoi travaillons nous parfois comme des « fous », pour ce qui n’est qu’éphémère et fondamentalement ne nous comble pas ?

Au moment même où les conséquences économiques de la pandémie exacerbent chez beaucoup, la peur de manquer, la peur de l’avenir ou les désirs de sécurité, comment entrer dans une logique de détachement responsable tout en partageant notre espérance ? Peut-être, en laissant nos peurs et nos désirs, pour aller puiser en Dieu et dans l’Amour reçu et partagé avec les autres, la sécurité la plus solide face à demain : « C’est Dieu qui nous a faits, ils nous a créés dans le Christ Jésus en vue de la réalisation d’œuvres bonnes qu’Il a préparées d’avance pour que nous les pratiquions »

de la part de Catherine L

29ème dimanche du Temps Ordinaire

Année A

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Mt 22, 15-21

En ce temps-là, les pharisiens allèrent tenir conseil pour prendre Jésus au piège en le faisant parler.

Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens. Alors, donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? »

Connaissant leur perversité, Jésus dit :

« Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? Montrez-moi la monnaie de l’impôt. »

Ils lui présentèrent une pièce d’un denier. Il leur dit :

« Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? »

Ils répondirent : « De César. »

Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Petits conseils pour la lectio divina "Faites attention à comment vous lisez" (Fr. A. Frédéric)

Qu’est-ce que la lectio divina ? C’est d’abord une manière de lire. Mais me direz-vous nous savons tous lire. À vrai dire j’en doute parfois quand je lis sur les réseaux sociaux les commentaires souvent d’ailleurs très négatifs de certains articles qui montrent le plus souvent que l’auteur du commentaire n’a lu que le titre de l’article en question, au mieux les premières lignes, et qu’en tout cas, il n’a rien compris au propos de l’auteur de l’article. La lecture sur écran telle que nous la pratiquons quotidiennement consiste souvent à saisir le plus rapidement possible une information et non pas à chercher à comprendre la pensée d’un auteur. La lectio divina se donne au contraire pour but de comprendre en profondeur le texte. C’est donc une lecture qui demande un effort. On pourrait se demander la raison de cela. Dans la manière moderne d’envisager la communication, on considère que si celui qui met un message est crédible et que si le message est de qualité, il atteindra son but quel que soit l’attitude de celui qui reçoit le message. Or il n’en est pas ainsi pour la parole de Dieu et c’est ce que montre bien l’explication de la parabole du semeur. J’en donne ici le texte dans la formulation selon saint Matthieu qui me semble la plus claire : « Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur ; quand quelqu’un entend la parole du Royaume sans la comprendre, le mauvais survient et s’empare de ce qui est semé dans son cœur : celui-là c’est le terrain ensemencé au bord du chemin. Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c’est celui qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ; mais il n’a pas de racine en lui, il est l’homme d’un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il trébuche aussitôt. Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c’est celui qui entend la Parole ; mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit. Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : il porte fruit à raison de cent ou soixante ou trente pour un. » D’après ce texte, la Parole est la même pour tous et tous l’ont entendu. Pourtant la parole n’est profitable que pour les derniers ceux qui ne l’ont pas seulement entendue mais comprise. L’enjeu de la lectio divina n’est pas donc de lire la Parole mais de la comprendre. Mais que signifie comprendre la Parole. Je pense que la parabole du semeur nous donne des précieuses indications. Pour comprendre la Parole il convient de la laisser prendre racine en nous. La lectio divina doit donc être une lecture qui prend son temps, qui ne soit pas trop rapide de peur que la Parole ne soit comme le grain semée au bord du chemin. Elle implique un effort quotidien jour après jour sans se décourager pour qu’elle prenne vraiment racine. Elle suppose qu’on lui réserve un temps propre où l’on ne fasse pas autre chose de peur qu’elle ne soit étouffée par les autres activités. Bref il nous faut faire attention à la manière dont nous lisons pour paraphraser la parole que saint Luc place dans la bouche de Jésus s’adressant aux disciples après leur avoir dit la parabole du semeur : « Faites attention à la manière dont vous écoutez ».