lundi 4 juillet

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Mt 9, 18-26

En ce temps-là, tandis que Jésus parlait aux disciples de Jean le Baptiste, voilà qu’un notable s’approcha. Il se prosternait devant lui en disant :

« Ma fille est morte à l’instant ; mais viens lui imposer la main, et elle vivra. »

Jésus se leva et le suivit, ainsi que ses disciples. Et voici qu’une femme souffrant d’hémorragies depuis douze ans s’approcha par derrière et toucha la frange de son vêtement. Car elle se disait en elle-même :

« Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. »

Jésus se retourna et, la voyant, lui dit :

« Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée. »

Et, à l’heure même, la femme fut sauvée. Jésus, arrivé à la maison du notable, vit les joueurs de flûte et la foule qui s’agitait bruyamment. Il dit alors :

« Retirez-vous. La jeune fille n’est pas morte : elle dort. »

Mais on se moquait de lui. Quand la foule fut mise dehors, il entra, lui saisit la main, et la jeune fille se leva. Et la nouvelle se répandit dans toute la région.

Quelle foi que celle de ce notable dévasté par la mort de sa fille ou celle de cette femme ! voilà deux personnes qui pressentent que leur désir le plus profond, au coeur même de leur détresse, sera compris et accompagné par Jésus ! Et Jésus entre. Il se fait proche et se moque bien des ricanements et de l'agitation de la foule. Il prend délicatement la main de l'enfant qui se lève, et transformée, revient pleinement à la vie. Et nous, avons-nous suffisamment confiance ? Nous souvenons-nous d'un regard ou d'une main tendue qui nous ont ramenés à la vie ? Recherchons-nous dans le silence, l'intimité du dialogue, les sacrements, la présence de Jésus quand nous nous sentons totalement désemparés ou quand autour de nous, des personnes sont dans l'angoisse ? Cherchons-nous la communion avec l'Amour Trinitaire pour qu'à travers nous, un geste ou une parole d'apaisement, un signe de confiance puissent leur être adressés ? "La bonté du Seigneur est pour tous, sa tendresse, pour toutes ses œuvres." (Ps 144)

(Catherine)

Dimanche 3 juillet

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Lc 10, 1-12.17-20

En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore 72, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. Il leur dit :

« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’ S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté. Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : ‘Le règne de Dieu s’est approché de vous.’ » Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites : ‘Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le : le règne de Dieu s’est approché.’ Je vous le déclare : au dernier jour, Sodome sera mieux traitée que cette ville. »

Les 72 disciples revinrent tout joyeux, en disant :

« Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. »

Jésus leur dit :

« Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair. Voici que je vous ai donné le pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l’Ennemi : absolument rien ne pourra vous nuire. Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »

Je suis très frappé que le Seigneur envoie des ouvriers pour sa moisson et non pas, comme on le dit souvent pour l’ensemencement. Celui qui sème, c’est le Seigneur lui-même. Il sème en permanence sa vie, sa parole dans le coeur des humains, mais ceux qui moissonnent, ce sont des envoyés. Il s’agit de récolter, de rassembler, de partager, les fruits de la graine ensemencée. On sait bien que le travail de la moisson est lourd : il demande de la constance et de la concertation, c’est un travail sur le long terme que l’on fait avec d’autres. C’est d’ailleurs pourquoi les disciples sont envoyés deux par deux et non pas seuls. L’attention d’une telle mission porte sur le fait d’être concentré, non pas sur ses propres besoins (bourses, sacs, sandales), pour ne manquer de rien mais sur l’amour partagé avec ceux que l’on visite lorsqu’ils nous acceptent. A tel point que si cet amour est réellement échangé, la vie et la paix de Dieu peut guérir les malades et chasser les démons, non pas comme des gestes magiques, mais comme des oeuvres de tendresse qui viennent de lui et qui soulagent ceux qui acceptent de les reconnaître. Au bout du compte, ce partage qui est le propre de la moisson voulue par Dieu, produit une immense joie, celle, éternelle, qui nous garde dans la communion avec lui, Dieu notre Père, et avec tous : c’est le sens de la mention de ce que nos noms se trouvent inscrits dans les cieux. Prions le maître de la moisson, qu’il envoie des ouvriers pour sa moisson.

(Fr. Jean-Pierre)

Samedi 2 juillet

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Mt 9, 14-17

En ce temps-là, les disciples de Jean le Baptiste s’approchèrent de Jésus en disant :

« Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? »

Jésus leur répondit :

« Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront. Et personne ne pose une pièce d’étoffe neuve sur un vieux vêtement, car le morceau ajouté tire sur le vêtement, et la déchirure s’agrandit. Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, les outres éclatent, le vin se répand, et les outres sont perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le tout se conserve. »

"Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l'Epoux est avec eux ?" . Telle est la question ! Quel serait le véritable sens du jeûne ? Attendons-nous la venue du Seigneur ou sommes-nous ouverts à Sa présence au coeur de nos vies ? Vivons-nous pleinement et joyeusement cette relation avec Jésus et sommes-nous disposés à changer, à nous changer avant de répondre à l'invitation ? 

(Catherine)

Vendredi 1er juillet

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Mt 9, 9-13

En ce temps-là, Jésus vit, en passant, un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de collecteur d’impôt. Il lui dit :

« Suis-moi. »

L’homme se leva et le suivit. Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient à ses disciples :

« Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? »

Jésus, qui avait entendu, déclara :

« Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »

"Suis-moi"... "Je veux la miséricorde et pas le sacrifice". Qu'attendons-nous alors pour nous lever intérieurement ? Allons-nous rester rivés à nos tables de travail comme Matthieu à présenter des relevés de comptes et se couper des autres en collectant des impôts ou donner du sens à ce que nous faisons et passer à la table de l'intimité et du repas partagés pour rendre compte des merveilles que le Seigneur opère dans nos vies ? Quel oui allons-nous risquer pour Lui et pour les autres aujourd'hui ? Sommes-nous disposés à affronter nos misères avec Lui pour faire rayonner Sa miséricorde infinie autour de nous ? Allons-nous demander la grâce de nous ouvrir avec confiance à Son appel ? 

(Catherine)

Commencer par lire le texte à haute voix.

Puis reprendre un verset, ou simplement un mot et le répéter toujours à haute voix en le laissant porter par le souffle.

Il s'agit de laisser passer cette parole, dans un premier temps, de l'intellect au coeur.

Ainsi ruminée, elle vient germer au profond de nous-même.

Rester dans cette rumination pendant un temps assez long. Cela débouchera peut-être sur du silence. 

Il peut y avoir une prière spontanée ou non (comme par exemple le psaume proposé dans la liturgie du jour) qui monte de nos lèvres.

Rester dans cette communion de parole tout au long de nos échanges, de nos activités afin qu'elles soient nourries par cette inspiration.

C'est là proprement la lectio divina.

Ensuite, il est toujours possible de la commenter. N'hésitez pas à partager les commentaires que vous écrirez.

 

 

Petits conseils pour la lectio divina "Faites attention à comment vous lisez" (Fr. A. Frédéric)

Qu’est-ce que la lectio divina ? C’est d’abord une manière de lire. Mais me direz-vous nous savons tous lire. À vrai dire j’en doute parfois quand je lis sur les réseaux sociaux les commentaires souvent d’ailleurs très négatifs de certains articles qui montrent le plus souvent que l’auteur du commentaire n’a lu que le titre de l’article en question, au mieux les premières lignes, et qu’en tout cas, il n’a rien compris au propos de l’auteur de l’article. La lecture sur écran telle que nous la pratiquons quotidiennement consiste souvent à saisir le plus rapidement possible une information et non pas à chercher à comprendre la pensée d’un auteur. La lectio divina se donne au contraire pour but de comprendre en profondeur le texte. C’est donc une lecture qui demande un effort. On pourrait se demander la raison de cela. Dans la manière moderne d’envisager la communication, on considère que si celui qui met un message est crédible et que si le message est de qualité, il atteindra son but quel que soit l’attitude de celui qui reçoit le message. Or il n’en est pas ainsi pour la parole de Dieu et c’est ce que montre bien l’explication de la parabole du semeur. J’en donne ici le texte dans la formulation selon saint Matthieu qui me semble la plus claire : « Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur ; quand quelqu’un entend la parole du Royaume sans la comprendre, le mauvais survient et s’empare de ce qui est semé dans son cœur : celui-là c’est le terrain ensemencé au bord du chemin. Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c’est celui qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ; mais il n’a pas de racine en lui, il est l’homme d’un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il trébuche aussitôt. Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c’est celui qui entend la Parole ; mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit. Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : il porte fruit à raison de cent ou soixante ou trente pour un. » D’après ce texte, la Parole est la même pour tous et tous l’ont entendu. Pourtant la parole n’est profitable que pour les derniers ceux qui ne l’ont pas seulement entendue mais comprise. L’enjeu de la lectio divina n’est pas donc de lire la Parole mais de la comprendre. Mais que signifie comprendre la Parole. Je pense que la parabole du semeur nous donne des précieuses indications. Pour comprendre la Parole il convient de la laisser prendre racine en nous. La lectio divina doit donc être une lecture qui prend son temps, qui ne soit pas trop rapide de peur que la Parole ne soit comme le grain semée au bord du chemin. Elle implique un effort quotidien jour après jour sans se décourager pour qu’elle prenne vraiment racine. Elle suppose qu’on lui réserve un temps propre où l’on ne fasse pas autre chose de peur qu’elle ne soit étouffée par les autres activités. Bref il nous faut faire attention à la manière dont nous lisons pour paraphraser la parole que saint Luc place dans la bouche de Jésus s’adressant aux disciples après leur avoir dit la parabole du semeur : « Faites attention à la manière dont vous écoutez ».