Mercredi 26 janvier

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Mc 4, 1-20

En ce temps-là, Jésus se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer de Galilée. Une foule très nombreuse se rassembla auprès de lui, si bien qu’il monta dans une barque où il s’assit. Il était sur la mer, et toute la foule était près de la mer, sur le rivage. Il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles, et dans son enseignement il leur disait : « Écoutez ! Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait, du grain est tombé au bord du chemin ; les oiseaux sont venus et ils ont tout mangé. Du grain est tombé aussi sur du sol pierreux, où il n’avait pas beaucoup de terre ; il a levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde ; et lorsque le soleil s’est levé, ce grain a brûlé et, faute de racines, il a séché. Du grain est tombé aussi dans les ronces, les ronces ont poussé, l’ont étouffé, et il n’a pas donné de fruit. Mais d’autres grains sont tombés dans la bonne terre ; ils ont donné du fruit en poussant et en se développant, et ils ont produit trente, soixante, cent, pour un. » Et Jésus disait : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »

Quand il resta seul, ceux qui étaient autour de lui avec les Douze l’interrogeaient sur les paraboles. Il leur disait : « C’est à vous qu’est donné le mystère du royaume de Dieu ; mais à ceux qui sont dehors, tout se présente sous forme de paraboles. Et ainsi, comme dit le prophète : Ils auront beau regarder de tous leurs yeux, ils ne verront pas ; ils auront beau écouter de toutes leurs oreilles, ils ne comprendront pas ; sinon ils se convertiraient et recevraient le pardon. » Il leur dit encore : « Vous ne saisissez pas cette parabole ? Alors, comment comprendrez-vous toutes les paraboles ? Le semeur sème la Parole. Il y a ceux qui sont au bord du chemin où la Parole est semée : quand ils l’entendent, Satan vient aussitôt et enlève la Parole semée en eux. Et de même, il y a ceux qui ont reçu la semence dans les endroits pierreux : ceux-là, quand ils entendent la Parole, ils la reçoivent aussitôt avec joie ; mais ils n’ont pas en eux de racine, ce sont les gens d’un moment ; que vienne la détresse ou la persécution à cause de la Parole, ils trébuchent aussitôt. Et il y en a d’autres qui ont reçu la semence dans les ronces : ceux-ci entendent la Parole, mais les soucis du monde, la séduction de la richesse et toutes les autres convoitises les envahissent et étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit. Et il y a ceux qui ont reçu la semence dans la bonne terre : ceux-là entendent la Parole, ils l’accueillent, et ils portent du fruit : trente, soixante, cent, pour un. »

Cent pour un ! Quelles sont  les clefs d'une telle fécondité ? Entendre et accueillir au plus profond de nous-même ce qui parfois nous semble si difficile, si exigeant, si fou même mais qui est souffle et inspiration de Dieu ? Accepter de ne pas toujours comprendre, de ne pas saisir et laisser cette Parole, comme un éperon, nous renvoyer à la pureté de nos intentions, à la vérité de nos désirs ? La méditer et la laisser nous façonner pour faire de nous des instruments dociles entre Ses mains et révéler de ressources inattendues ? La partager sans rien garder pour nous, conscients de tout ce que nous avons reçu ? Quels écoutants voulons-nous être ? Croyons-nous vraiment que "nous avons l’espérance de la vie éternelle, promise depuis toujours par Dieu qui ne ment pas." (Tt 1, 2)

(Catherine)

Mardi 25 janvier

Conversion de Saint Paul

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Ac 22, 3-16

En ces jours-là, Paul dit au peuple : « Je suis Juif, né à Tarse en Cilicie, mais élevé ici dans cette ville, où, à l’école de Gamaliel, j’ai reçu une éducation strictement conforme à la Loi de nos pères ; j’avais pour Dieu une ardeur jalouse, comme vous tous aujourd’hui. J’ai persécuté à mort ceux qui suivent le Chemin du Seigneur Jésus ; j’arrêtais hommes et femmes, et les jetais en prison ; le grand prêtre et tout le collège des anciens peuvent en témoigner. Ces derniers m’avaient donné des lettres pour nos frères de Damas où je me rendais : je devais ramener à Jérusalem, ceux de là-bas, enchaînés, pour qu’ils subissent leur châtiment.

Donc, comme j’étais en route et que j’approchais de Damas, soudain vers midi, une grande lumière venant du ciel m’enveloppa de sa clarté. Je tombai sur le sol, et j’entendis une voix me dire : ‘ Saul, Saul, pourquoi me persécuter ?’ Et moi je répondis : ‘Qui es-tu, Seigneur ? – Je suis Jésus le Nazaréen, celui que tu persécutes.’ Ceux qui étaient avec moi virent la lumière, mais n’entendirent pas la voix de celui qui me parlait. Alors je dis : ‘Que dois-je faire, Seigneur ?’ Le Seigneur me répondit : ‘Relève-toi, va jusqu’à Damas, et là on te dira tout ce qu’il t’est prescrit de faire.’

Comme je n’y voyais plus rien, à cause de l’éclat de cette lumière, je me rendis à Damas, conduit par la main de mes compagnons. Or, Ananie, un homme religieux selon la Loi, à qui tous les Juifs résidant là rendaient un bon témoignage, vint se placer près de moi et me dit : ‘Saul, mon frère, retrouve la vue.’ Et moi, au même instant, je retrouvai la vue, et je le vis. Il me dit encore : ‘Le Dieu de nos pères t’a destiné à connaître sa volonté, à voir celui qui est le Juste et à entendre la voix qui sort de sa bouche. Car tu seras pour lui, devant tous les hommes, le témoin de ce que tu as vu et entendu. Et maintenant, pourquoi tarder ? Lève-toi et reçois le baptême, sois lavé de tes péchés en invoquant son nom.’

L’histoire sainte a retenu la foudroyance de la conversion de Paul, mais pour ma part, je suis aussi sensible au fait que Paul ne soit pas seul aux prises avec ce qui lui arrive. Il reçoit de la part de Dieu l’assistance de quelqu’un, d’un compagnon d’étape. C’est Ananie qui permet à Paul de retrouver la vision ordinaire et d’inscrire son expérience spirituelle dans le quotidien de son existence. Ananie lui-même n’est pas seul, il appartient à la communauté des frères de Damas. Une conversion, c’est à dire, un changement radical de perspective est toujours appelée à être accompagnée. En cette matière, la seule subjectivité n’amène à rien. Elle enferme les individus sur eux-mêmes, encourage l’illusion et empêche une véritable éclosion de foi. La conversion in fine, concerne toute la communauté des croyants qui sait se rendre accueillante et disponible à la grande nouveauté de quelqu’un qui a été touché au coeur par la Parole de Dieu. Ne laissons pas passer la chance de cette grâce.

(Fr. Jean-Pierre)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Mc 16, 15-18

En ce temps-là, Jésus ressuscité dit aux onze Apôtres : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. »

Cet évangile est difficile à plus d’un titre. La parole de Jésus rapportée ici s’adresse explicitement aux Onze (ils ne sont plus Douze, Judas n’est plus parmi eux) envoyés en mission, de même que Jésus a été envoyé par le Père. Mais d’une certaine manière, elle s’adresse aussi à tous les disciples. Car la mission de disciple est bien de suivre Jésus pour annoncer l’Evangile à toute créature.

1ère difficulté : Il faut croire et être baptisé pour être sauvé… Pourtant, en d’autres passages, le salut s’étend aussi à toute personne qui agit pour le bien en toute conscience (cf. Epître aux Romains, par exemple). Cette affirmation a pesé lourd dans l’héritage chrétien. Il est important de savoir la re-situer dans un envoi en mission qui permet aux baptisés d’être comme des icônes de salut ou des sacrements de salut pour reprendre l’expression du Concile Vatican II.

2ème difficulté : la conséquence de croire est très pratique : ceux qui croient chasseront les démons, parleront des langues nouvelles, saisiront dans leurs mains des serpents sans être mordus, ne pourront être victimes d’un quelconque poison et procureront la guérison aux malades : bien sûr, ce passage doit être interprété, mais il n’empêche que l’action des disciples doit déboucher sur quelque chose de concret qui bouleverse la vie. Nous connaissons tous des disciples du Christ qui ont vécu ou vivent de cette manière, relevant les uns, sachant parler aux autres de quelque nationalité qu’ils soient, déjouant les pièges de tous les serpents malicieux ou de tous les poisons qu’on essaie de leur faire avaler ; ils nous ont touché, mis en marche, mais le défi pour aujourd’hui est vraiment de vivre ainsi nous aussi, sans peur de l’avenir et sans nostalgie pour ce que l’on a à quitter.

Qu’est-ce donc qui est en cause ? En premier lieu, l’élan de la foi. Il ne faudrait pas par ailleurs que l’on considère les seuls sacrements comme une mise en oeuvre de ces consignes pratiques ; certes ils peuvent y aider, mais ils doivent déboucher sur un témoignage de vie transformée. Nous sommes vraiment appelés à cela comme Paul de Tarse y a été appelé lui-même.

(Fr. Jean-Pierre)

Conversion de Saint Paul - Michel Ange

Lundi 24 janvier

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Mc 3, 22-30

En ce temps-là, les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient : « Ce Jésus est possédé par Béelzéboul ; c’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. » Les appelant près de lui, Jésus leur dit en parabole : « Comment Satan peut-il expulser Satan ? Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut pas tenir. Si les gens d’une même maison se divisent entre eux, ces gens ne pourront pas tenir. Si Satan s’est dressé contre lui-même, s’il est divisé, il ne peut pas tenir ; c’en est fini de lui. Mais personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, s’il ne l’a d’abord ligoté. Alors seulement il pillera sa maison. Amen, je vous le dis : Tout sera pardonné aux enfants des hommes : leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés. Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours. » Jésus parla ainsi parce qu’ils avaient dit : « Il est possédé par un esprit impur. »

Hier les proches de Jésus pensaient qu'Il était en train de perdre la tête. Aujourd'hui les scribes émettent l'hypothèse qu'Il est "possédé par un esprit impur" et agit sous l'emprise de Béelzéboul, chef des démons. Mais la véritable impureté, nous dit Jésus, c'est de refuser l'Esprit, de ne pas avoir besoin de Dieu, de ne pas demander pardon. Pourtant Jésus va les "appeler auprès de Lui", pour continuer à les enseigner et les aider à sortir de leur enfermement. Voulons-nous, en cette heure matinale, venir près de Jésus pour écouter Ses paroles de vie, pour lui confier telle situaton qui nous désempare, telle personne de notre entourage qui s'enfonce dans le rejet de toute aide extérieure ? En ce jour où l'Eglise fait mémoire de Saint François de Sales, demanderons-nous la grâce de la pauvreté spirituelle ?

(Catherine)

Dimanche 23 janvier

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

1 Co 12, 12-14.27

Frères, prenons une comparaison : notre corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ. C’est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés pour former un seul corps. Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit. Le corps humain se compose non pas d’un seul, mais de plusieurs membres. Or, vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps.

Voici donc à quoi nous mène le mystère de Pâques : devenir membre de son Corps qui est l’Eglise. Incroyable mystère de transformation. Nous devenons nous-mêmes, abandonnant les apparences, pour être ce que nous sommes en vérité, membres d’un Corps plus vaste que notre seule individualité et témoin du don du Christ au monde. Il nous faudrait vraiment approfondir cette réalité immense qu’est l’appartenance à une telle nouveauté. Vivre comme membre à part entière du Corps du Christ, harmonisant nos différences, nos dons respectifs, pour inventer cette donnée au jour le jour de notre vie, afin d’être vraiment disciples et témoins d’un monde nouveau, d’une humanité nouvelle, sans nostalgie aucune de l’appartenance illusoire à nous-même ! Cela ne va pas de soi dans des mentalités actuelles, si fortement marquées par l’omniprésence de l’individualité. Laissons-nous conduire à l’intérieur de cette nouveauté, c’est là le sens de notre vie.

(Fr. Jean-Pierre)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Lc 1, 1-4 ; 4, 14-21

Beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, d’après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole. C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début, d’écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus.

En ce temps-là, lorsque Jésus, dans la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région. Il enseignait dans les synagogues, et tout le monde faisait son éloge. Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre » 

La liturgie met aujourd’hui en rapport la lecture de la Loi de Moïse redécouverte par les juifs revenus de l’Exil à Babylone (ils en font une lecture publique solennelle dans le livre Néhémie en un grand jour de fête) et la lecture que fait Jésus au début de son ministère dans la Synagogue de Nazareth, d’un passage d’Isaïe où sa mission est définie comme messianique. Ainsi comme il en avait été au temps de Néhémie, Jésus ouvre une nouvelle ère de libération et de renouveau en prononçant les mots du prophète. La question qui advient pour nous à travers ces textes, c’est celle de notre rapport à la vitalité de l’Ecriture. Sommes-nous dans une dynamique de libération et de renouveau lorsque les Paroles de Dieu viennent rejoindre nos vies captives, aveugles, oppressées ? Nous laissons-nous investir par l’Esprit du Seigneur qui est sur nous comme sur Jésus pour que nous recevions la Parole de Dieu dans le Souffle de cet Esprit et que nous puissions être envoyés pour la transmettre. Je trouve que notre foi est souvent bien tiède dans notre rapport à cette Parole sainte qui nous tient toujours debout et vaillant. Il serait tellement bon de pouvoir redire chaque jour avec Jésus : « Aujourd’hui, s’accomplit ce passage de l’Ecriture que vous venez d’entendre. »

(Fr. Jean-Pierre)

Samedi 22 janvier

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Mc 3, 20-21

En ce temps-là, Jésus revint à la maison, où de nouveau la foule se rassembla, si bien qu’il n’était même pas possible de manger. Les gens de chez lui, l’apprenant, vinrent pour se saisir de lui, car ils affirmaient : « Il a perdu la tête. »

Ces deux seuls versets en disent long sur la force d'attraction incroyable de Jésus, sur la force de transformation intérieure chez tous ceux qui L'approchent. Cette force agissante de Sa Parole, de Son accueil et de Sa miséricorde inconditionnels, sont tels qu'Il n'a même plus la possibilité de manger ou de se reposer. Incompréhension, préoccupation chez Ses proches face à une altérité surnaturelle, face à un sens qui leur échappe encore, face au feu qui brûle Son coeur pour chacun et pour tous . "Il a perdu la tête" ! Oui, mais le grand Amour n'est-il pas fou ; n'est-il pas intrépide ? Sommes-nous prêts alors à nous laisser saisir par cette confiance filiale, à entrer dans ce mystère pour être porteurs de Sa tendresse et de Sa compassion les uns pour les autres ? 

(Catherine)

Vendredi 21 janvier

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Mc 3, 13-19

En ce temps-là, Jésus gravit la montagne, et il appela ceux qu’il voulait. Ils vinrent auprès de lui, et il en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle avec le pouvoir d’expulser les démons. Donc, il établit les Douze : Pierre – c’est le nom qu’il donna à Simon –, Jacques, fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques – il leur donna le nom de « Boanerguès », c’est-à-dire : « Fils du tonnerre » –, André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques, fils d’Alphée, Thaddée, Simon le Zélote, et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.

"Il en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle". Etre avec Lui en vérité, avancer avec Lui, librement, simplement, pour partager ce que nous recevons, ce que nous vivons et le transmettre à notre tour. La qualité de la relation est toujours première pour Jésus. Tous vont d'ailleurs se montrer immédiatement disponibles à un appel qui respecte toujours la liberté de ceux qui le perçoivent.Quel mystère que ce partage dans une profonde communion entre des hommes si différents, qui ne sont pas choisis pour leurs charismes mais pour ce qu'ils sont appelés à devenir ! Quelle grâce que cet Amour qui, de nos fragilités, fait émerger des témoins ! Voulons-nous, à notre tour, "venir auprès de Lui", pour puiser à cet Amour, les ressources nécessaires pour dépasser les paradoxes et relever les défis ? "Son amour est plus grand que les cieux, Sa vérité, plus haute que les nues".(Ps 56) 

(Catherine)

Jeudi 20 janvier

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Mc 3, 7-12

En ce temps-là, Jésus se retira avec ses disciples près de la mer, et une grande multitude de gens, venus de la Galilée, le suivirent. De Judée, de Jérusalem, d’Idumée, de Transjordanie, et de la région de Tyr et de Sidon vinrent aussi à lui une multitude de gens qui avaient entendu parler de ce qu’il faisait. Il dit à ses disciples de tenir une barque à sa disposition pour que la foule ne l’écrase pas. Car il avait fait beaucoup de guérisons, si bien que tous ceux qui souffraient de quelque mal se précipitaient sur lui pour le toucher. Et lorsque les esprits impurs le voyaient, ils se jetaient à ses pieds et criaient : « Toi, tu es le Fils de Dieu ! » Mais il leur défendait vivement de le faire connaître.

Une "grande multitude" de gens suit Jésus et même si certains doutent encore, son influence ne cesse de grandir et de porter du fruit. Tout le monde veut voir Jésus, mais plus encore, veut Le toucher au risque de L' écraser. Ils "souffrent tous de quelque mal" et consacrent leurs dernières forces à essayer d'atteindre Jésus. Entendre parler de Jésus ne leur suffit plus. Ils ont besoin d'une rencontre personnelle, d'un véritable contact avec Lui. Ils pressentent déjà que Lui seul peut les sauver ; Lui seul peut apporter la plénitude la Vie. Jésus, pourtant, va prendre du recul et introduire un espace dans la relation, certes pour prévenir un mouvement de foule écrasant mais aussi peut-être, pour éviter que certains soient privilégiés quand d'autres pourraient être laissés à leur misère. Tous ont du prix aux yeux de Jésus. Voudrait-Il aussi nous montrer comment nous laisser toucher par toutes les personnes que nous croisons, tout en maintenant de part et d'autre une totale liberté intérieure et peut-être aussi un espace de conversion ?

Mais qui sont les "esprits impurs"  : ceux qui croient Le connaître ou L' enferment dans leurs propres représentations, ceux qui Le rejettent, ceux qui recherchent avant tout leur propre intérêt ? Jésus "leur défendait vivement de Le faire connaître". La "connaissance" serait-elle prématurée avant la Passion, la Croix, et la résurrection à moins qu'elle ne passe nécessairement par un espace de mystère dans un accueil profond et un silence préalables à toute écoute de Sa Parole ?

Jésus reste bien présent dans la barque. Qu'attendons-nous pour nous précipiter vers Lui, avec le poids de nos limites, de nos déceptions, et de tout ce qui nous fait souffrir ? Crierons-nous avec le psalmiste : "Toi qui comptes mes pas vagabonds, recueille en tes outres mes larmes. Le jour où j’appellerai, mes ennemis reculeront ; je le sais, Dieu est pour moi." (Ps 55)

(Catherine)

Mercredi 19 janvier

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Mc 3, 1-6

En ce temps-là, Jésus entra dans une synagogue ; il y avait là un homme dont la main était atrophiée. On observait Jésus pour voir s’il le guérirait le jour du sabbat. C’était afin de pouvoir l’accuser. Il dit à l’homme qui avait la main atrophiée : « Lève-toi, viens au milieu. » Et s’adressant aux autres : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de tuer ? » Mais eux se taisaient. Alors, promenant sur eux un regard de colère, navré de l’endurcissement de leurs cœurs, il dit à l’homme : « Étends la main. » Il l’étendit, et sa main redevint normale. Une fois sortis, les pharisiens se réunirent en conseil avec les partisans d’Hérode contre Jésus, pour voir comment le faire périr.

Qu'est-ce qui déclenche la tristesse et la colère de Jésus, Lui qui ne manifeste jamais ni rejet, ni dureté, ni rancune ? Que comprendre de cette manifestation si rare ? L'Evangile nous dit que Jésus est " navré de l’endurcissement de leurs cœurs", de la stratégie qu'ils déploient pour Le prendre en défaut, de leur obstination à exploiter les circonstances, de leur aveuglement. Il souffre de voir que l'amour n'est pas toujours compris et la miséricorde rejetée. Il nous montre, au travers de Son dépit et dans Sa tendresse infinie, que la Vie prévaut toujours sur la stricte observance du sabbat. En disant à l'homme « Lève-toi, viens au milieu. » , Jésus nous montre la nécessité de mettre au centre de nos activités, et non pas à l'écart, celui qui souffre. Quelles sont, dans nos journées, les obligations intérieures, les postures, qui constituent des obstacles à l'exercice de la charité ? Qu'allons-nous choisir aujourd'hui : le conformisme ou la compassion ? L' autojustification ou la libération ? " Faire le bien ou le mal" ? Voulons nous, pour Lui, "chanter un chant nouveau" (Ps 143) ?

(Catherine) 

Mardi 18 janvier

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Mc 2, 23-28

Un jour de sabbat, Jésus marchait à travers les champs de blé ; et ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis. Les pharisiens lui disaient : « Regarde ce qu’ils font le jour du sabbat ! Cela n’est pas permis. » Et Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu ce que fit David, lorsqu’il fut dans le besoin et qu’il eut faim, lui-même et ceux qui l’accompagnaient ? Au temps du grand prêtre Abiatar, il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de l’offrande que nul n’a le droit de manger, sinon les prêtres, et il en donna aussi à ceux qui l’accompagnaient. » Il leur disait encore : « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat. Voilà pourquoi le Fils de l’homme est maître, même du sabbat. »

Suivre Jésus, c'est aussi vivre des moments d'amitié où tout semble spontané, fort et léger tout à la fois. Les disciples ne se posent pas de question. Ils vivent pleinement l'instant présent avec Jésus, sous les yeux de Jésus, trompant la faim qui commence peut-être à les gagner, arrachant des épis librement et profitant de cette marche à travers champs simplement. Contrairement aux pharisiens, Jésus, qui n'ignore rien de la loi, va les laisser faire, cherchant toujours à faire grandir et jamais à opprimer ou à condamner. Il rappelle l'exemple du roi David qui va enfreindre la loi pour survivre et servir le dessein de Dieu. "Le Fils de l’homme est maître, même du sabbat.". Sommes-nous prêts joyeusement à nous engager avec Lui, sur de nouveaux chemins ; à nous appuyer sur Lui ? Dirons-nous comme David avec ferveur : " Tu es mon Père, mon Dieu, mon roc et mon salut !" (Ps 88) ? 

(Catherine)

Lundi 17 janvier

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Mc 2, 18-22

En ce temps-là, comme les disciples de Jean le Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vint demander à Jésus : « Pourquoi, alors que les disciples de Jean et les disciples des Pharisiens jeûnent, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur dit : « Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront. Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve ; autrement le morceau neuf ajouté tire sur le vieux tissu et la déchirure s’agrandit. Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; car alors, le vin fera éclater les outres, et l’on perd à la fois le vin et les outres. À vin nouveau, outres neuves. »

Les disciples de Jean et les pharisiens se posent des questions sur la règle du jeûne. Et Jésus leur répond en parlant de leur relation avec l’époux. Il y a le temps de la Noce où l’époux est là dans son incarnation et dans sa résurrection, ce n’est pas le moment de jeûner. Et puis, il y a le temps de la passion où l’époux est enlevé sur la croix ; à cette heure, on a envie de jeûner, car on a l’impression de l’avoir perdu. Le jeûne est associé par Jésus à une question de relation profonde avec l’époux et non à une règle extérieure. Il illustre cela par deux paraboles : Si l’on applique la réalité de la présence de l’époux à la règle littérale du jeûne, alors la plénitude de la relation emporte la règle du jeûne et la division entre la règle et la plénitude de la relation est encore pire. Si l’on met la nouveauté de la relation dans la vieillerie de la règle littérale, alors la nouveauté de la relation fait éclater la règle et tout est perdu, et la relation et la règle. Il est bon de mettre ensemble la nouveauté de la relation avec des règles qui correspondent à cette nouveauté et non pas vieillis par leur littéralité extérieure. L’important c’est de vivre la relation avec l’époux ; les règles auront à s’y adapter pour que loin d’être perdue, cette relation puisse au contraire être pleinement préservée et vécue. Alors le bon vin pourra vieillir en toute sécurité et être apprécié de tous.

(Fr. Jean-Pierre)

Dimanche 16 janvier

Lecture du livre du prophète Isaïe

Is 62, 1-5

Pour la cause de Sion, je ne me tairai pas, et pour Jérusalem, je n’aurai de cesse que sa justice ne paraisse dans la clarté, et son salut comme une torche qui brûle. Et les nations verront ta justice ; tous les rois verront ta gloire. On te nommera d’un nom nouveau que la bouche du Seigneur dictera. Tu seras une couronne brillante dans la main du Seigneur, un diadème royal entre les doigts de ton Dieu. On ne te dira plus : « Délaissée ! » À ton pays, nul ne dira : « Désolation ! » Toi, tu seras appelée « Ma Préférence », cette terre se nommera « L’Épousée ». Car le Seigneur t’a préférée, et cette terre deviendra « L’Épousée ». Comme un jeune homme épouse une vierge, ton Bâtisseur t’épousera. Comme la jeune mariée fait la joie de son mari, tu seras la joie de ton Dieu.

Parler de la relation entre Dieu et son peuple sous la forme d’une relation entre deux personnes qui s’aiment est une image audacieuse car les réalités dont il est question n’ont pas les mêmes proportions. Même si les relations amoureuses ne vont pas toujours de soi, elles sont portées par un élan naturel qui concerne seulement deux personnes attirées l’une par l’autre ; mais lorsqu’il s’agit de tout un peuple en lien avec une réalité invisible, la relation est beaucoup moins tangible et « naturelle». Pourtant, dans la Bible, Dieu est souvent décrit comme un amoureux insatiable qui n’en finit plus de veiller, de marcher, de pleurer, de couvrir de tendresse son peuple qu’il aime au plus profond. Isaïe décrit un tel amour avec des images tout à fait parlantes. Il est bon de se laisser entraîner par un tel élan de Dieu car c’est lui qui aime toujours en premier ; et il peut devenir aussi le nôtre, tellement notre coeur se laisse toucher par lui.

(Fr. Jean-Pierre)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jn 2, 1-11

En ce temps-là, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples. Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. » Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. » Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres). Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. »

Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

Au deuxième dimanche de l’année C, la liturgie nous fait entendre la péricope des Noces de Cana qui constitue selon la tradition, l’un des trois mystères illustrant la fête de l’Epiphanie. D’une certaine manière, nous prolongeons donc le temps de Noël ! « Jésus manifeste (epiphanein) sa gloire, et ses disciples croient en lui. » Dans l’Evangile d’hier, Jésus mangeait dans la maison de Lévi, aujourd’hui, il prend place dans un repas de Noces. Il est bon de voir Jésus partager nos joies et nos peines de manière aussi proche à tel point que ces adversaires l’accusent d’excès de nourriture et de boisson ! Mais ce texte a aussi des accents prophétiques : ce repas de noces fait penser aux repas de la fin des temps dont parle Isaïe. Il a quelque chose à voir avec la joie de l’accomplissement des temps, lorsque tous les humains seront réunis comme les invités d’un même repas plantureux (rassurons-nous, ce n’est qu’une image ; nous ne serons pas « condamnés » à manger surabondamment pour l’éternité !) Mais l’accomplissement n’est pas encore réalisé, et pour l’instant notre humanité est encore en manque de plénitude : nous manquons de vin. Notre soeur, la Vierge Marie perçoit cela, elle en fait part à son fils. Ce passage est bouleversant : l’intercession de Marie pourrait se résumer à cela. Elle demande à son fils d’accomplir en nous l’oeuvre du Père. Jésus la repousse. Son heure n’est pas venue ; son heure désigne celle du mystère de sa Pâque. Mais comme toujours dans l’Evangile et en général, c’est une femme qui influence le cours de l’histoire. Jésus se laisse toucher et va agir. L’eau de notre humanité va bénéficier d’une transformation pour devenir participante de Dieu, comme un vin de grande saveur. Et ce vin va être servi aux convives pour le repas, tel le sang du Christ offert sur la croix et dans l’eucharistie. Jésus dépose l’eau de notre humanité pour mettre à disposition, à travers nous, le vin de la divinité. C’est ce que l’Evangile va montrer tout au long. Comme le dit le maître du repas : « Tout homme dépose d’abord le bon vin, puis le moins bon quand on est enivré, et toi tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant » et donc tu as déposé le moins bon en premier. C’est vraiment l’ouverture de la mission de Jésus. Il est venu pour que toute notre humanité puisse participer à la divinité. Marie est là, dans cet échange nuptial, elle veille à notre besoin. Son intercession nous donne d’espérer que ce signe s’accomplisse chaque jour spécialement lorsque nous célébrons l’eucharistie ainsi que le prêtre ou le diacre le dit en versant un peu d’eau dans le calice à l’offertoire : « Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, puissions nous être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité. »

(Fr. Jean-Pierre)

Samedi 15 janvier

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Mc 2, 13-17

En ce temps-là, Jésus sortit de nouveau le long de la mer ; toute la foule venait à lui, et il les enseignait. En passant, il aperçut Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit. Comme Jésus était à table dans la maison de Lévi, beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car ils étaient nombreux à le suivre. Les scribes du groupe des pharisiens, voyant qu’il mangeait avec les pécheurs et les publicains, disaient à ses disciples : « Comment ! Il mange avec les publicains et les pécheurs ! » Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »

Qu'ont-ils donc de si spécifiques ce visage et cette voix de jésus pour que "toute la foule vienne à Lui" , pour que tant et tant soient subjugués et touchés au plus profond d'eux-mêmes ? Il n'exclut personne. En Lui, il n'y a jamais aucune discrimination. Il ne s'impatiente jamais de nos lenteurs, de la pesée des doutes qui souvent nous assaillent, de nos refus. Il ne se décourage jamais. En Lui, il y a seulement un appel, non pas pour gagner une promotion, mais pour une résurrection. Il y a seulement l'Amour : "Suis-moi". La réaction est d'ailleurs immédiate : "l'homme va se lever et Le suivre". Jésus appelle aujourd'hui encore comme hier : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. ». Jésus n'appelle pas ceux qui sont capables. Il rend capables ceux qu'Il a appelés. Allons-nous, conscients de tout ce que nous avons déjà reçu  et empreints d'une reconnaissance sincère, Lui répondre avec confiance, engager notre liberté sans peur ?  Sommes-nous disposés à nous lever nous aussi pour Le suivre, pour vivre et faire vivre ce qui nous habite ? 

(Catherine)

Commencer par lire le texte à haute voix.

Puis reprendre un verset, ou simplement un mot et le répéter toujours à haute voix en le laissant porter par le souffle.

Il s'agit de laisser passer cette parole, dans un premier temps, de l'intellect au coeur.

Ainsi ruminée, elle vient germer au profond de nous-même.

Rester dans cette rumination pendant un temps assez long. Cela débouchera peut-être sur du silence. 

Il peut y avoir une prière spontanée ou non (comme par exemple le psaume proposé dans la liturgie du jour) qui monte de nos lèvres.

Rester dans cette communion de parole tout au long de nos échanges, de nos activités afin qu'elles soient nourries par cette inspiration.

C'est là proprement la lectio divina.

Ensuite, il est toujours possible de la commenter. N'hésitez pas à partager les commentaires que vous écrirez.

 

 

Petits conseils pour la lectio divina "Faites attention à comment vous lisez" (Fr. A. Frédéric)

Qu’est-ce que la lectio divina ? C’est d’abord une manière de lire. Mais me direz-vous nous savons tous lire. À vrai dire j’en doute parfois quand je lis sur les réseaux sociaux les commentaires souvent d’ailleurs très négatifs de certains articles qui montrent le plus souvent que l’auteur du commentaire n’a lu que le titre de l’article en question, au mieux les premières lignes, et qu’en tout cas, il n’a rien compris au propos de l’auteur de l’article. La lecture sur écran telle que nous la pratiquons quotidiennement consiste souvent à saisir le plus rapidement possible une information et non pas à chercher à comprendre la pensée d’un auteur. La lectio divina se donne au contraire pour but de comprendre en profondeur le texte. C’est donc une lecture qui demande un effort. On pourrait se demander la raison de cela. Dans la manière moderne d’envisager la communication, on considère que si celui qui met un message est crédible et que si le message est de qualité, il atteindra son but quel que soit l’attitude de celui qui reçoit le message. Or il n’en est pas ainsi pour la parole de Dieu et c’est ce que montre bien l’explication de la parabole du semeur. J’en donne ici le texte dans la formulation selon saint Matthieu qui me semble la plus claire : « Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur ; quand quelqu’un entend la parole du Royaume sans la comprendre, le mauvais survient et s’empare de ce qui est semé dans son cœur : celui-là c’est le terrain ensemencé au bord du chemin. Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c’est celui qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ; mais il n’a pas de racine en lui, il est l’homme d’un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il trébuche aussitôt. Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c’est celui qui entend la Parole ; mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit. Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : il porte fruit à raison de cent ou soixante ou trente pour un. » D’après ce texte, la Parole est la même pour tous et tous l’ont entendu. Pourtant la parole n’est profitable que pour les derniers ceux qui ne l’ont pas seulement entendue mais comprise. L’enjeu de la lectio divina n’est pas donc de lire la Parole mais de la comprendre. Mais que signifie comprendre la Parole. Je pense que la parabole du semeur nous donne des précieuses indications. Pour comprendre la Parole il convient de la laisser prendre racine en nous. La lectio divina doit donc être une lecture qui prend son temps, qui ne soit pas trop rapide de peur que la Parole ne soit comme le grain semée au bord du chemin. Elle implique un effort quotidien jour après jour sans se décourager pour qu’elle prenne vraiment racine. Elle suppose qu’on lui réserve un temps propre où l’on ne fasse pas autre chose de peur qu’elle ne soit étouffée par les autres activités. Bref il nous faut faire attention à la manière dont nous lisons pour paraphraser la parole que saint Luc place dans la bouche de Jésus s’adressant aux disciples après leur avoir dit la parabole du semeur : « Faites attention à la manière dont vous écoutez ».