Mardi 13 avril

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jn 3, 7b- 15

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. » Nicodème reprit : « Comment cela peut-il se faire ? » Jésus lui répondit : « Tu es un maître qui enseigne Israël et tu ne connais pas ces choses-là ? Amen, amen, je te le dis : nous parlons de ce que nous savons, nous témoignons de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage. Si vous ne croyez pas lorsque je vous parle des choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ? Car nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. ».

L' échange entre Nicodème et Jésus se poursuit. Nicodème cherche à comprendre ce que signifie "naître du souffle de l'Esprit" mais reste profondément perplexe : "Comment cela peut-il se faire ?". Jésus va alors, en utilisant le parallèle avec Moïse et le serpent d'airain, révéler à Nicodème que si la vie nouvelle vient par l'Esprit Saint, elle vient aussi grâce à Lui : "De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.". Comme Nicodème, nous cherchons peut-être trop souvent quelque chose à faire, alors que nous n'avons qu'à maintenir nos regards et nos coeurs fixés sur Jésus, qu'à croire en Sa résurrection et à Lui faire totalement confiance. Et si la foi était l'intelligence éclairée par l'Amour ? Serions-nous disposés, dans le souffle de Son Esprit, à entrer sur le chemin qu'Il nous indique ? 

(Catherine)

Lundi 12 avril

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jn 3, 1-8

Il y avait un homme, un pharisien nommé Nicodème ; c’était un notable parmi les Juifs. Il vint trouver Jésus pendant la nuit. Il lui dit : « Rabbi, nous le savons, c’est de la part de Dieu que tu es venu comme un maître qui enseigne, car personne ne peut accomplir les signes que toi, tu accomplis, si Dieu n’est pas avec lui. » Jésus lui répondit : « Amen, amen, je te le dis : à moins de naître d’en haut, on ne peut voir le royaume de Dieu. » Nicodème lui répliqua : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une deuxième fois dans le sein de sa mère et renaître ? » Jésus répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair ; ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne sois pas étonné si je t’ai dit : il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. »

Qu'est-ce qui peut donc bien pousser Nicodème à venir voir Jésus ? C'est un "notable parmi les Juifs", qui vient de nuit, sans doute pour ne pas être vu ou reconnu. Lui a reconnu Jésus et témoigne de son admiration : "nous le savons , c’est de la part de Dieu que tu es venu comme un maître qui enseigne, car personne ne peut accomplir les signes que toi, tu accomplis, si Dieu n’est pas avec lui." Jésus va alors le conduire à découvrir une nouvelle perspective : la logique du Royaume. Nicodème ne comprend pas. Il est totalement dépassé par ce que Jésus essaie de lui expliquer : "comment un homme peut-il naître quand il est vieux ?" Est-il possible de naître et de renaître ? Que veut-dire "naître d'en-haut", "naître du souffle de l'Esprit" ? Nicodème reste plus centré sur les "signes" que sur la nouvelle naissance que l'Esprit Saint est susceptible d'engendrer, pour entrer dans une communion plus grande avec Dieu et avec les autres.

"Ne sois pas étonné si je t’ai dit : il vous faut naître d’en haut." Sommes-nous disposés à  L' écouter , à sortir de nos schémas de pensée habituels, de nos enfermements intérieurs pour suivre les intuitions que nous soufflera l'Esprit Saint ? Oserons-nous abandonner toute position de maîtrise et toute sécurité pour devenir des instruments sans savoir par avance où nous serons conduits ? Nous laisserons-nous emporter sur le chemin de la vraie Vie ? 

(Catherine)

Dimanche 11 avril

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Ac 4, 32-35

La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ; et personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun. C’est avec une grande puissance que les Apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et une grâce abondante reposait sur eux tous. Aucun d’entre eux n’était dans l’indigence, car tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons les vendaient, et ils apportaient le montant de la vente pour le déposer aux pieds des Apôtres ; puis on le distribuait en fonction des besoins de chacun.

On l’a souvent dit, la description de la première communauté chrétienne est un peu idyllique dans les Actes. Mais elle a toujours joué un rôle capital dans les renouveaux de l’Eglise. En particulier, de nombreux fondateurs d’Ordres religieux s’y sont référée. Quels sont les points mis en avant ?

- L’enseignement des Apôtres : nous avons la chance aujourd’hui d’avoir un ensemble cohérent de cet enseignement dans le Nouveau Testament. L’Evangile, les Actes, les Lettres apostoliques et l’Apocalypse sont autant de reflets de cet enseignement. Y être attentif en commun, en donner des interprétations, en faire une visée commune et en vivre, voilà une manière d’être assidus à cette part de la vie de la communauté. 

- La communion fraternelle : avant de mourir, le Christ nous a laissé un premier signe à accomplir en mémoire de lui ; celui de la communion fraternelle en se mettant au service les uns des autres. C’est ce qu’il a fait en lavant les pieds de ses disciples. En faisons-nous un point d’insistance dans la vie ecclésiale ?

- La fraction du pain : c’est le deuxième signe que Jésus a laissé avant sa Pâques. La fraction du pains intègre « sacramentellement », l’enseignement des Apôtres et la communion fraternelle. C’est une impulsion et une inspiration vécues en commun comme un don de Dieu. Sans l’eucharistie, il nous manque une nourriture de fond ; mais elle ne peut être réduite au simple état de rite formel. L’eucharistie fait l’Eglise.

- La prière : dans le prolongement de tout cela mais aussi en amont, la prière permet de rester éveillé pour l’accomplissement dans nos vies du mystère de Dieu fait chair. Il est là au milieu de nous et notre prière vise à nous rendre attentif à sa présence pour rester connectés à sa volonté d’amour.

- Vivre ensemble, avoir tout en commun et partager selon les besoins de chacun. Il est bon qu’il y ait ce signe concret du partage dans la communauté chrétienne, c’est un élément de la communion fraternelle. Les communautés religieuses essaient de mettre cela en oeuvre. C’est une force incroyable pour vivre un monde neuf.

Dans le contexte actuel, ces points d’attention résonnent comme un appel qui donne de l’espérance. Saurons-nous sortir de la crise en renouvelant notre manière de penser et en vivant ensemble selon l’Esprit du Christ tel que les Apôtres nous l’ont transmis ? Cela est possible, croyons-le.

(Fr. Jean-Pierre)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jn 20, 19-31

C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

L' Evangile d'aujourd'hui nous relate deux apparitions, toutes deux sous le signe de la paix, de la joie, de la Vie. Dans les deux cas, Jésus vient au devant des incrédulités de ses disciples, qui semblent Le reconnaître à Ses plaies qui restent indélébiles. "Entrer dans Ses plaies c’est contempler l’Amour démesuré qui déborde de Son cœur. C’est comprendre que Son cœur bat pour moi, pour toi, pour chacun de nous." (homélie du Pape François le 19 avril 2020). Même si la résurrection continue à interpeller notre rationalité, croyons-nous qu'elle est susceptible d' éclairer nos vies d'un sens nouveau ? Croyons-nous que, aujourd'hui comme hier, Jésus peut déverrouiller les portes de nos coeurs, de nos peurs, et de toutes nos impuissances ? Croyons-nous à Sa présence vivante dans l'ordinaire de nos vies ? Nous laisserons-nous toucher par Sa miséricorde Divine ? Lui dirons-nous alors, avec la même ardeur et la même simplicité que Thomas  : "Mon Seigneur et mon Dieu !" ?

(Catherine)

L' incrédulité de Saint Thomas d’Andrea del Verrocchio

Samedi 10 avril

Samedi dans l'Octave de Pâques

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Ac 4, 13-21

En ces jours-là, les chefs du peuple, les Anciens et les scribes constataient l’assurance de Pierre et de Jean et, se rendant compte que c’était des hommes sans culture et de simples particuliers, ils étaient surpris ; d’autre part, ils reconnaissaient en eux ceux qui étaient avec Jésus. Mais comme ils voyaient, debout avec eux, l’homme qui avait été guéri, ils ne trouvaient rien à redire. Après leur avoir ordonné de quitter la salle du Conseil suprême, ils se mirent à discuter entre eux. Ils disaient : « Qu’allons-nous faire de ces gens-là ? Il est notoire, en effet, qu’ils ont opéré un miracle ; cela fut manifeste pour tous les habitants de Jérusalem, et nous ne pouvons pas le nier. Mais pour en limiter la diffusion dans le peuple, nous allons les menacer afin qu’ils ne parlent plus à personne en ce nom-là. » Ayant rappelé Pierre et Jean, ils leur interdirent formellement de parler ou d’enseigner au nom de Jésus. Ceux-ci leur répliquèrent : « Est-il juste devant Dieu de vous écouter, plutôt que d’écouter Dieu ? À vous de juger. Quant à nous, il nous est impossible de nous taire sur ce que nous avons vu et entendu. » Après de nouvelles menaces, ils les relâchèrent, faute d’avoir trouvé le moyen de les punir : c’était à cause du peuple, car tout le monde rendait gloire à Dieu pour ce qui était arrivé.

"Est-il juste devant Dieu de vous écouter, plutôt que d’écouter Dieu ? À vous de juger. Quant à nous, il nous est impossible de nous taire sur ce que nous avons vu et entendu. » La même situation se reproduit avec les disciples qu’avec Jésus. Ils sont à l’écoute d’une autre parole que la leur et ils agissent en un autre nom que le leur et leur vie en est menacée. Mais cette disposition leur permet de transmettre en toute liberté et en toute autorité ce qu’ils ont reçu, eux qui étaient considérés comme des hommes sans culture, de simples particuliers par les autorités religieuses du peuple juif ! Il nous est bon de poser notre regard sur ces témoins, de désirer partager avec eux cette qualité d’écoute et de « contemplation » afin de sortir de nous-mêmes pour être capables de la même liberté, de la même vérité, du même dynamisme pour transmettre et mettre en oeuvre la Parole, non pas de nous-mêmes, mais au nom de Jésus !

(Fr. Jean-Pierre)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Mc 16, 9-15

Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d’abord à Marie Madeleine, de laquelle il avait expulsé sept démons. Celle-ci partit annoncer la nouvelle à ceux qui, ayant vécu avec lui, s’affligeaient et pleuraient. Quand ils entendirent que Jésus était vivant et qu’elle l’avait vu, ils refusèrent de croire. Après cela, il se manifesta sous un autre aspect à deux d’entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne. Ceux-ci revinrent l’annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus. Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table : il leur reprocha leur manque de foi et la dureté de leurs cœurs parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient contemplé ressuscité. Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. »

Nous arrivons déjà presque au terme de l'Octave de Pâques et l'Evangéliste reprend une à une les différentes apparitions du Ressuscité à Marie-Madeleine, aux disciples d'Emmaüs, aux onze. Quel mystère que celui de la transmission illimitée de la foi de générations en générations ! Quel contraste entre les "manques de foi", les doutes, les résistances à Le reconnaître et Sa confiance offerte : " Allez, dans le monde entier...".  Puissions-nous à notre tour faire confiance à tous ceux qui nous entourent , en les regardant avec les yeux du Christ. Puissions-nous Le voir et Le reconnaître, quand Il se manifeste dans l'épaisseur de notre quotidien, dans nos familles, dans nos engagements et demander à Marie de nous aider à ne rien garder pour nous. 

(Catherine)

Vendredi 9 avril

Vendredi dans l' Octave de Pâques

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Ac 4, 1-12

En ces jours-là, après la guérison de l’infirme, comme Pierre et Jean parlaient encore au peuple, les prêtres survinrent, avec le commandant du Temple et les sadducéens ; ils étaient excédés de les voir enseigner le peuple et annoncer, en la personne de Jésus, la résurrection d’entre les morts. Ils les firent arrêter et placer sous bonne garde jusqu’au lendemain, puisque c’était déjà le soir. Or, beaucoup de ceux qui avaient entendu la Parole devinrent croyants ; à ne compter que les hommes, il y en avait environ cinq mille. Le lendemain se réunirent à Jérusalem les chefs du peuple, les anciens et les scribes. Il y avait là Hanne le grand prêtre, Caïphe, Jean, Alexandre, et tous ceux qui appartenaient aux familles de grands prêtres. Ils firent amener Pierre et Jean au milieu d’eux et les questionnèrent : « Par quelle puissance, par le nom de qui, avez-vous fait cette guérison ? » Alors Pierre, rempli de l’Esprit Saint, leur déclara : « Chefs du peuple et anciens, nous sommes interrogés aujourd’hui pour avoir fait du bien à un infirme, et l’on nous demande comment cet homme a été sauvé. Sachez-le donc, vous tous, ainsi que tout le peuple d’Israël : c’est par le nom de Jésus le Nazaréen, lui que vous avez crucifié mais que Dieu a ressuscité d’entre les morts, c’est par lui que cet homme se trouve là, devant vous, bien portant. Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs, mais devenue la pierre d’angle. En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. »

A nouveau, il y a dans ce texte, une insistance sur la médiation du Christ par l’invocation du nom de Jésus. Dans les peuples anciens, le nom d’une personne est comme la manifestation d’elle-même. Prononcer le nom de quelqu’un lorsqu’il est absent, c’est en quelque sorte le rendre présent. Nous avons un reste de cette conception lorsque nous disons, qu’après évoqué le nom d’une personne, ses oreilles ont du lui siffler. Non, il n’est pas anodin de prononcer un nom en positif ou en négatif car notre vie est marquée par toutes sortes d’interactions qui ne sont pas toujours perceptibles à l’oeil nu mais qui sont pourtant bien réelles. Prononcer le nom de Jésus, c’est accueillir sa présence et partager dans tout ce qu’il a vécu, la dynamique, l’élan, la puissance dont il a témoigné, spécialement dans son mystère de mort et de résurrection. Il est bon pour nous de nous disposer ainsi dans la foi car « sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes qui puisse nous sauver. »

(Fr. Jean-Pierre)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jn 21, 1-14

En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment. Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien. Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau. Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres. Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré. Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson.

C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.

Les disciples sont allés pêcher dans la mer de Tibériade et rentrent au petit matin éreintés et sans doute découragés par les efforts encore vains de la nuit. Jésus est là et les regarde mais une nouvelle fois, les disciples ne Le reconnaissent pas. Jésus va réorienter leur déception en mendiant leur indigence : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? », avant de poser une parole : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. ». En s'ouvrant en confiance à cette Parole, les disciples vont alors recevoir bien plus qu'ils ne pouvaient espérer. Dans le coeur de Jean, fidèle parmi les fidèles, une espérance renait aussitôt au travers de cette manifestation : "C'est le Seigneur". Mais c'est Pierre, qui va se jeter à l'eau ardemment pour rejoindre Jésus. 

Déjà enfermés dans nos activités, allons-nous essayer de Le rejoindre comme Jean ou comme Pierre ? Allons-nous Lui laisser le gouvernail de nos barques ? Quels efforts sommes-nous prêts à faire aujourd'hui au risque de Lui présenter, ce soir encore, notre bateau vide ? Quels pêcheurs allons-nous être : de ceux qui se fient à Sa Parole agissante ou de ceux qui s'appuient uniquement sur leur expérience ? 

(Catherine)

Icône des poissons de la pêche "miraculeuse" proposée par Ariane D.

Jeudi 8 avril

Jeudi dans l'Octave de Pâques

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Ac 3, 11-26

En ces jours-là, l’infirme que Pierre et Jean venaient de guérir ne les lâchait plus. Tout le peuple accourut vers eux au Portique dit de Salomon. Les gens étaient stupéfaits. Voyant cela, Pierre interpella le peuple : « Hommes d’Israël, pourquoi vous étonner ? Pourquoi fixer les yeux sur nous, comme si c’était en vertu de notre puissance personnelle ou de notre piété que nous lui avons donné de marcher ? Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a glorifié son serviteur Jésus, alors que vous, vous l’aviez livré, vous l’aviez renié en présence de Pilate qui était décidé à le relâcher. Vous avez renié le Saint et le Juste, et vous avez demandé qu’on vous accorde la grâce d’un meurtrier. Vous avez tué le Prince de la vie, lui que Dieu a ressuscité d’entre les morts, nous en sommes témoins. Tout repose sur la foi dans le nom de Jésus Christ : c’est ce nom lui-même qui vient d’affermir cet homme que vous regardez et connaissez ; oui, la foi qui vient par Jésus l’a rétabli dans son intégrité physique, en votre présence à tous. D’ailleurs, frères, je sais bien que vous avez agi dans l’ignorance, vous et vos chefs. Mais Dieu a ainsi accompli ce qu’il avait d’avance annoncé par la bouche de tous les prophètes : que le Christ, son Messie souffrirait.

Convertissez-vous et tournez-vous vers Dieu pour que vos péchés soient effacés. Ainsi viendront les temps de la fraîcheur de la part du Seigneur, et il enverra le Christ Jésus qui vous est destiné. Il faut en effet que le ciel l’accueille jusqu’à l’époque où tout sera rétabli, comme Dieu l’avait dit par la bouche des saints, ceux d’autrefois, ses prophètes. Moïse a déclaré : Le Seigneur votre Dieu suscitera pour vous, du milieu de vos frères, un prophète comme moi : vous l’écouterez en tout ce qu’il vous dira. Quiconque n’écoutera pas ce prophète sera retranché du peuple. Ensuite, tous les prophètes qui ont parlé depuis Samuel et ses successeurs, aussi nombreux furent-ils, ont annoncé les jours où nous sommes. C’est vous qui êtes les fils des prophètes et de l’Alliance que Dieu a conclue avec vos pères, quand il disait à Abraham : En ta descendance seront bénies toutes les familles de la terre. C’est pour vous d’abord que Dieu a suscité son Serviteur, et il l’a envoyé vous bénir, pourvu que chacun de vous se détourne de sa méchanceté. »

A nouveau, revient dans ce passage l’expression « fixer les yeux ». Mais cette fois, Pierre montre que le regard de la foule ne doit pas s’arrêter à la personne des apôtres. Ce n’est pas en raison de leur puissance personnelle qu’a eu lieu le prodige mais « tout repose sur la foi dans le nom de Jésus Christ : c’est ce nom lui-même qui vient d’affermir cet homme que vous regardez et connaissez ; oui, la foi qui vient par Jésus l’a rétabli dans son intégrité physique, en votre présence à tous. » Très honnêtement, je pense que nous n’avons pas un rapport suffisant à la foi qui vient par Jésus et que l’on peut nourrir en invoquant son nom. Dans la tradition hésychaste du mouvement monastique, les moines ont fait de l’invocation du nom de Jésus une pratique permanente, tel une prière de fond pour toute leur vie. Ne devrions-nous pas réfléchir à une telle manière de décentrer notre vie pour laisser la dynamique (dynamis) de Dieu agir en nous et accomplir réellement les prodiges qui inévitablement accompagnent cette foi ?

(Fr. Jean-Pierre)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Lc 24, 35-48

En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain. Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! » Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ? Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. » Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds. Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui présentèrent une part de poisson grillé qu’il prit et mangea devant eux. Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : “Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.” » Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures. Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. »

Les deux disciples d'Emmaüs retrouvent les autres pour leur raconter ce qui s'était passé sur la route. Jésus est là. Sachant à quel point ils ont été douloureusement marqués par tout ce qui s'est passé, Il commence par leur adresser un message de paix : « La paix soit avec vous ! ». Mais comme lors des apparitions précédentes, les apôtres ne Le reconnaissent pas, avant d'avoir vu Ses plaies. Ils ont peur et croient voir un esprit. Comme nous, ils ont du mal à appréhender et à comprendre ce mystère de la résurrection. Ils ne parviennent pas encore à croire qu' Il est bien vivant. Jésus le sait. Il ne va pas leur faire de grands discours. Il va confirmer Sa présence réelle en leur proposant de rester manger avec eux, les disposant ainsi progressivement à sortir de leur incrédulité pour "ouvrir leur intelligence à la compréhension des Ecritures" avant de les envoyer : "À vous d’en être les témoins." Nous laisserons-nous toucher par Son Amour infini inscrit à jamais dans les marques de Sa crucifixion ? Cherchons-nous la Paix ? Nous laisserons-nous réconforter par Sa Parole et le Pain partagés, avant de raconter nous aussi comment nous L' avons reconnu ?

(Catherine)

 

 

Mercredi 7 avril

Mercredi de l'Octave de Pâques

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Ac 3, 1-10

En ces jours-là, Pierre et Jean montaient au Temple pour la prière de l’après-midi, à la neuvième heure. On y amenait alors un homme, infirme de naissance, que l’on installait chaque jour à la porte du Temple, appelée la « Belle-Porte », pour qu’il demande l’aumône à ceux qui entraient. Voyant Pierre et Jean qui allaient entrer dans le Temple, il leur demanda l’aumône. Alors Pierre, ainsi que Jean, fixa les yeux sur lui, et il dit : « Regarde-nous ! » L’homme les observait, s’attendant à recevoir quelque chose de leur part. Pierre déclara : « De l’argent et de l’or, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche. » Alors, le prenant par la main droite, il le releva et, à l’instant même, ses pieds et ses chevilles s’affermirent. D’un bond, il fut debout et il marchait. Entrant avec eux dans le Temple, il marchait, bondissait, et louait Dieu. Et tout le peuple le vit marcher et louer Dieu. On le reconnaissait : c’est bien lui qui était assis à la « Belle-Porte » du Temple pour demander l’aumône. Et les gens étaient frappés de stupeur et désorientés devant ce qui lui était arrivé.

Dans les Actes des Apôtres, les disciples du Christ ne se contentent pas de discours, ils mettent en oeuvre la Parole. Cette Parole proclame le passage de la mort vers la résurrection. C’est ce que vit cet infirme. Il était dans une position dépendante, à terre et il est « relevé », ressuscité. Pierre et Jean ne se contentent pas d’être généreux avec lui d’une simple aumône, ils lui font partager une relation essentielle avec eux-mêmes dans la force du Christ. Ce qui m’impressionne le plus, c’est la mention : « regarde-nous ». Il arrive tellement souvent que l’on s’acquitte du devoir de charité sans établir vraiment cette relation essentielle qui seule retransmet le désir de vivre à une personne accablée et à travers laquelle peut se partager l’énergie du Christ, mort et ressuscité.

(Fr. Jean-Pierre)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Lc 24, 13-35

Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine), deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.

Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? ». Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes. L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. » Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple : comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. » Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.

Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.

Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.

Quelles surprenantes manifestations que ces apparitions du Ressuscité que les yeux de ses proches "sont empêchés de reconnaître" ! Hier, Marie-Madeleine croyait voir un jardinier. Aujourd'hui ce sont deux disciples qui Le prennent pour "un étranger résidant à Jérusalem". Leur profonde tristesse est palpable. Ils avaient tout quitté pour suivre le Seigneur, ils avaient cru à Ses paroles mais Sa mort imprévisible a eu raison de leur espérance : "Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël". De plus, le tombeau est vide et Son corps a disparu. La peine, l'amertume et le découragement des disciples sont tels qu'ils ne sont même plus capables de s'ouvrir au témoignage des femmes disant qu' "Il est vivant". Il préfèrent sans doute partir pour tenter d'oublier. C'est là que le Seigneur va les rejoindre et leur faire comprendre qu'Il est toujours là : "Il prit le pain et prononça la bénédiction" . C'est là que "leurs yeux vont s'ouvrir" et qu'ils vont Le reconnaître. Ne sommes-nous pas, souvent, comme ces disciples quand le Christ ne nous apparait pas tel que nous L' attendons ? Trop pris ou trop préoccupés, ne passons-nous pas, bien souvent, à côté de l'Essentiel ?  Comment réagissons-nous face au découragement, à la souffrance, à l'imprévu qui vient contrecarrer nos plans ? Comment soutenons-nous ceux qui, fragilisés, perdent l'espérance ? Serons-nous suffisamment attentifs aujourd'hui à Sa Présence tout au long de notre journée et dans l'Eucharistie ? 

(Catherine)

Mardi 6 avril

Mardi de l' Octave de Pâques

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Ac 2, 36-41

Le jour de la Pentecôte, Pierre disait à la foule : « Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous aviez crucifié. » Les auditeurs furent touchés au cœur ; ils dirent à Pierre et aux autres Apôtres : « Frères, que devons-nous faire ? » Pierre leur répondit : « Convertissez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ pour le pardon de ses péchés ; vous recevrez alors le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont loin, aussi nombreux que le Seigneur notre Dieu les appellera. » Par bien d’autres paroles encore, Pierre les adjurait et les exhortait en disant : « Détournez-vous de cette génération tortueuse, et vous serez sauvés. » Alors, ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre furent baptisés. Ce jour-là, environ trois mille personnes se joignirent à eux.

En entendant Pierre, ses auditeurs « eurent le coeur transpercé. » Autrement dit, les paroles de Pierre provoquent chez eux une expérience si profonde qu’elle les assimile au Christ dont le coeur a été transpercé aussi sur la croix. Pierre dans l’inspiration qu’il reçoit de l’Esprit Saint est en mesure de s’adresser au tréfonds de ses auditeurs et de leur donner accès au Christ. C’est là sans doute le modèle de la prédication. Il s’agit d’une parole semblable à un glaive à double tranchant comme le dit saint Paul. Elle vient discerner au profond de nous ce qui rejoint cette inspiration d’Esprit Saint et ce qui en éloigne. La question qui vient aussi sur les lèvres des gens de Jérusalem : « Que devons-nous faire ? » a un côté essentiel et va concrètement au but. A la sortie de ce genre de prédication, c’est la seule question vraiment intéressante à se poser. La réponse est simple et claire : « convertissez-vous, vivez selon le don d’Esprit Saint et sauvez-vous d’une manière de vivre uniquement liée à la perception immédiate, sans inspiration venant d’ailleurs.

(Fr. Jean-Pierre)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jn 20, 11-18

En ce temps-là, Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau. Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus. Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. » Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. » Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître. Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! », et elle raconta ce qu’il lui avait dit.

Marie-Madeleine s'est mise en route de bon matin pour se rendre au tombeau. Elle est encore sous le choc, inconsolable. Comme Pierre et Jean, elle va se pencher vers le tombeau. Elle va alors apercevoir deux anges qui l'interrogent sur la raison de son chagrin : " Femme, pourquoi pleures-tu ?". Elle leur répond, bouleversée, enfermée dans une douleur vive dont elle n'arrive pas à sortir, ne parvenant pas à assimiler l'inconcevable : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé.». Elle n'a plus rien auquel elle pourrait se raccrocher, même pas la consolation de pouvoir rester encore un peu près de Lui et embaumer Son corps. Elle n'a plus aucune raison de rester dans le tombeau et va donc se retourner vers la Lumière. Là, Jésus voyant son visage ravagé par les larmes, sans doute ému de sa fidélité, va lui demander : "Qui cherches-tu ?". Dans sa confusion extrême, elle ne Le reconnait pas immédiatement. Jésus lui manque. Il va falloir qu'elle entende Sa voix, pour que la reconnaissance soit mutuelle ; qu'Il l'appelle tendrement par son nom et touche son identité profonde pour la faire regarder de nouveau vers la Vie. Il va toutefois réorienter sa quête : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » , Jésus veut l'amener à aller plus loin, à faire le deuil d'une présence sensible pour une communion plus spirituelle, et à ne rien garder pour elle pour entrer dans une foi plus profonde et plus pure. Vivrons-nous aujourd'hui attentifs à Sa voix ? 

(Catherine)

Lundi 5 avril

Lundi dans l' Octave de Pâques

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Ac 2, 14.22b- 33

Le jour de la Pentecôte, Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, éleva la voix et leur fit cette déclaration : « Vous, Juifs, et vous tous qui résidez à Jérusalem, sachez bien ceci, prêtez l’oreille à mes paroles. Il s’agit de Jésus le Nazaréen, homme que Dieu a accrédité auprès de vous en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes. Cet homme, livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez supprimé en le clouant sur le bois par la main des impies. Mais Dieu l’a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort, car il n’était pas possible qu’elle le retienne en son pouvoir. En effet, c’est de lui que parle David dans le psaume : Je voyais le Seigneur devant moi sans relâche : il est à ma droite, je suis inébranlable. C’est pourquoi mon cœur est en fête, et ma langue exulte de joie ; ma chair elle-même reposera dans l’espérance : tu ne peux m’abandonner au séjour des morts ni laisser ton fidèle voir la corruption. Tu m’as appris des chemins de vie, tu me rempliras d’allégresse par ta présence. Frères, il est permis de vous dire avec assurance, au sujet du patriarche David, qu’il est mort, qu’il a été enseveli, et que son tombeau est encore aujourd’hui chez nous. Comme il était prophète, il savait que Dieu lui avait juré de faire asseoir sur son trône un homme issu de lui. Il a vu d’avance la résurrection du Christ, dont il a parlé ainsi : Il n’a pas été abandonné à la mort, et sa chair n’a pas vu la corruption. Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins. Élevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père l’Esprit Saint qui était promis, et il l’a répandu sur nous, ainsi que vous le voyez et l’entendez. »

Je voudrais approfondir ici dans la suite de la lecture d’hier, l’affirmation de foi en laquelle Pierre résume sa prédication: « Jésus, cet homme, donné selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez élevé (anairo) en le fixant à la croix par la main des sans-loi. Mais Dieu l’a relevé en le libérant des douleurs (le terme employé désigne aussi les douleurs d’un accouchement) de la mort, car il n’était pas possible qu’il soit gardé, lui, par elle. » Voilà donc tout le propos en lequel nous mettons notre confiance : durant sa vie, Jésus a accompli des actes selon l’énergie (dynamis) divine, des merveilles et des signes, mais le plus extraordinaire en lui, c’est que tout ce qu’il a vécu durant sa vie révèle son secret au moment où il est dépouillé de tout pour être élevé, relevé et délivré de toute entrave de mort. La mort ne pouvait le garder pour elle. J’aime croire de cette manière jusqu’à relativiser le pouvoir de la mort qui ne peut que se retirer face à la vie de Dieu diffusée dans notre chair. Alléluia.

(Fr. Jean-Pierre)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Mt 28, 8-15

En ce temps-là, quand les femmes eurent entendu les paroles de l’ange, vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. » Tandis qu’elles étaient en chemin, quelques-uns des gardes allèrent en ville annoncer aux grands prêtres tout ce qui s’était passé. Ceux-ci, après s’être réunis avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme en disant : « Voici ce que vous direz : “Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.” Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui. » Les soldats prirent l’argent et suivirent les instructions. Et cette explication s’est propagée chez les Juifs jusqu’à aujourd’hui.

Ce qui est frappant ce matin, c'est la mise en mouvement des femmes, "remplies à la fois de crainte et d’une grande joie". Comment ne seraient-elles pas traumatisées par tout ce qui a été inffligé à Jésus, par son insoutenable crucifixion, et par la disparition de son corps ? Etonnamment pourtant, alors que les gardiens vont rester tétanisés de peur,  la crainte chez les femmes n'est pas invalidante. Leur espérance est plus forte. Il n'a d'ailleurs fallu que quelques "paroles de l'ange", pour que la joie renaisse. Quand Jésus vient à leur rencontre,  elles qui ont été saisies par l'Amour du Christ vont lui "saisir les pieds" et se prosterner, non pas pour Le retenir, mais pour Lui témoigner, le coeur brûlant, une attitude de profond respect, d'offrande et d'engagement de toute leur personne pour l'annonce de cette nouvelle extraordinaire . En dépit des mensonges construits par les grands prêtres qui conduiront à de nombreuses persécutions, la propagation de l'annonce chez les disciples va se poursuivre. Et nous, pour quoi et en qui avons-nous mis notre foi ? Quelle sont ces paroles, qui ont été osées, posées, risquées parfois par un autre ; qui nous ont ébranlés et ont déclenché un mouvement en nous ouvrant un espaces nouveau qui nous délivre de nos peurs et une joie débordante ? Où est la Galilée de nos vies où nous trouvons les traces de Son passage ? 

(Catherine)

Galilée

Dimanche 4 avril

Résurrection du Seigneur

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains

Rm 6, 3b-11

Frères, nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême. Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts. Car, si nous avons été unis à lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection qui ressemblera à la sienne. Nous le savons : l’homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui pour que le corps du péché soit réduit à rien, et qu’ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché. Car celui qui est mort est affranchi du péché. Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. Nous le savons en effet : ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui. Car lui qui est mort, c’est au péché qu’il est mort une fois pour toutes ; lui qui est vivant, c’est pour Dieu qu’il est vivant. De même, vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, mais vivants pour Dieu en Jésus Christ.

Durant la nuit de Pâques, des catéchumènes sont baptisés et les chrétiens se rappellent qu’ils ont été plongés dans les eaux du baptême. Ce plongeon est une mort symbolique avec le Christ pour être émergé avec lui dans la vraie vie, celle du réveil, celle où l’on peut se dresser debout dans toute la grâce de la condition humaine accomplie. Autant de termes qui explicitent la résurrection. Ressusciter c’est être suscité à nouveau, comme dans un nouvel appel à naître. En effet, nous sommes appelés à devenir un homme nouveau dans le Christ, tous ensemble membres de ce Corps et membres les uns des autres. Les limites de ce monde ne sont pas suffisantes pour contenir une telle réalité, nous sommes invités à entrer dans une dilatation toujours plus ample afin de partager au final la vie de Dieu. Bonne résurrection !

(Fr. Jean-Pierre)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Mc 16, 1-7

Le sabbat terminé, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus. De grand matin, le premier jour de la semaine, elles se rendent au tombeau dès le lever du soleil. Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? » Levant les yeux, elles s’aperçoivent qu’on a roulé la pierre, qui était pourtant très grande. En entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc. Elles furent saisies de frayeur. Mais il leur dit : « Ne soyez pas effrayées ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé. Et maintenant, allez dire à ses disciples et à Pierre : “Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez, comme il vous l’a dit.” »

Venons nous aussi de bon matin ; constatons que le tombeau est vide, que la vie s’est déployée au-delà de la mort et courrons l’annoncer à tous. N’ayons pas peur en voyant les messagers tout de blanc vêtu tels des créatures célestes. Laissons nous surprendre et déranger ; allons au devant du Ressuscité qui n’est plus au tombeau, ni à Jérusalem mais là où nous ne l’attendions pas, dans cette Galilée des Nations qui évoque les peuples de la terre. Réjouissons-nous, c’est l’heure où la vie renaît et nous invite à quitter notre vieilles peaux pour être tout à Dieu et les uns pour les autres.

(Fr. Jean-Pierre)

Samedi 3 avril

Samedi Saint

Vendredi 2 avril

Vendredi Saint

Lecture du livre du prophète Isaïe

Is 52, 13 – 53, 12

Mon serviteur réussira, dit le Seigneur ; il montera, il s’élèvera, il sera exalté ! La multitude avait été consternée en le voyant, car il était si défiguré qu’il ne ressemblait plus à un homme ; il n’avait plus l’apparence d’un fils d’homme. Il étonnera de même une multitude de nations ; devant lui les rois resteront bouche bée, car ils verront ce que, jamais, on ne leur avait dit, ils découvriront ce dont ils n’avaient jamais entendu parler. Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? Le bras puissant du Seigneur, à qui s’est-il révélé ? Devant lui, le serviteur a poussé comme une plante chétive, une racine dans une terre aride ; il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son aspect n’avait rien pour nous plaire. Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien. En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié. Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous. Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche. Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s’est inquiété de son sort ? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à mort pour les révoltes de son peuple. On a placé sa tombe avec les méchants, son tombeau avec les riches ; et pourtant il n’avait pas commis de violence, on ne trouvait pas de tromperie dans sa bouche. Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. S’il remet sa vie en sacrifice de réparation, il verra une descendance, il prolongera ses jours : par lui, ce qui plaît au Seigneur réussira. Par suite de ses tourments, il verra la lumière, la connaissance le comblera. Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes. C’est pourquoi, parmi les grands, je lui donnerai sa part, avec les puissants il partagera le butin, car il s’est dépouillé lui-même jusqu’à la mort, et il a été compté avec les pécheurs, alors qu’il portait le péché des multitudes et qu’il intercédait pour les pécheurs.

Il y a vraiment quelque chose d’impressionnant dans l’approche si semblable de la description de ce serviteur et de la figure de Jésus. Il est bon pour nous de lever les yeux vers la croix et de contempler la face du Serviteur entre les serviteurs : lui sans beauté ni éclat à cette heure est en même temps le plus beau des enfants des hommes pour reprendre l’expressions du psaume 44. C’est lui qui porte le péché de la multitude : notre péché, c’est de refuser constamment de venir de Dieu et de retourner à Dieu, alors que lui, se donne ainsi et du coup, se fait chemin pour nous. Son humanité a manifesté au plus profond sa divinité et c’est sans doute sur la Croix que cette manifestation est la plus claire. Car il est totalement livré au Père et à ses frères, sans plus aucun obstacle de revendication personnelle. C’est là ce qu’on appelle son sacrifice : il ne retient plus rien de lui-même pour lui-même, il rend tout à son Père et il nous le partage.

(Fr. Jean-Pierre)

 

Lecture de la lettre aux Hébreux

He 4, 14-16 ; 5, 7-9

Frères, en Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a traversé les cieux ; tenons donc ferme l’affirmation de notre foi. En effet, nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché. Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours. Le Christ, pendant les jours de sa vie dans la chair, offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son grand respect. Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.

"Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel".  Comment allons-nous vivre la Passion du Seigneur et la vénération de la Croix aujourd'hui ? Sommes-nous prêts à apprendre de Lui, dans les épreuves, dans la souffrance, ce chemin de la confiance totale en Dieu ? Lui ouvrirons-nous notre coeur et Lui ferons-nous suffisamment confiance pour déposer au pied de la Croix tout ce qui nous empêche encore d'accueillir Son amour ? Nous laisserons-nous sauver ?

(Catherine)

Jeudi 1er avril

Jeudi Saint

Lecture du livre de l’Exode

Ex 12, 1-8.11-14

En ces jours-là, dans le pays d’Égypte, le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron : « Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois, il marquera pour vous le commencement de l’année. Parlez ainsi à toute la communauté d’Israël : le dix de ce mois, que l’on prenne un agneau par famille, un agneau par maison. Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau, elle le prendra avec son voisin le plus proche, selon le nombre des personnes. Vous choisirez l’agneau d’après ce que chacun peut manger. Ce sera une bête sans défaut, un mâle, de l’année. Vous prendrez un agneau ou un chevreau. Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour du mois. Dans toute l’assemblée de la communauté d’Israël, on l’immolera au coucher du soleil. On prendra du sang, que l’on mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on le mangera. On mangera sa chair cette nuit-là, on la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères. Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous mangerez en toute hâte : c’est la Pâque du Seigneur. Je traverserai le pays d’Égypte, cette nuit-là ; je frapperai tout premier-né au pays d’Égypte, depuis les hommes jusqu’au bétail. Contre tous les dieux de l’Égypte j’exercerai mes jugements : Je suis le Seigneur. Le sang sera pour vous un signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, et je passerai : vous ne serez pas atteints par le fléau dont je frapperai le pays d’Égypte. Ce jour-là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C’est un décret perpétuel : d’âge en âge vous la fêterez. »

Le rite de l’agneau offert en sacrifice pour la protection de l’ensemble du troupeau s’enracine dans une pratique traditionnelle des peuples nomades. On en comprend la symbolique : loin de s’enorgueillir du fait de voir le troupeau prospérer, les bergers voulaient d’abord reconnaître que rien de tout cela ne leur appartenait. En immolant une jeune bête, ils voulaient reconnaître que toute leur « richesse » vient de Dieu et de nul autre. Immoler un agneau, c’est se déposséder de ce que le berger a de plus précieux pour en faire une réalité toute de gratuité dans la reconnaissance du don qui vient de Dieu. La révélation biblique impose en quelque sorte cet impératif de rendre à Dieu ce qui lui appartient. Si on ne veut pas le vivre spontanément, les évènements se chargent de nous le rappeler, comme il en a été pour l’Egypte dans le récit qui nous en est fait. La figure de l’Agneau pascal est appliquée au Christ. Il se fait l’Agneau de l’humanité pour reconnaître au nom de tous, l’absolue nécessité du retour au Père afin d’avoir la Vie. C’est dans cette reconnaissance que le Christ nous sauve. L’Agneau de Dieu se fait pour nous chemin, vérité et vie. Il nous donne dans l’Eucharistie, de communier tous ensemble à sa Pâque qui devient aussi la nôtre. nous qui sommes appelés à être le Corps du Christ.

(Fr. Jean-Pierre)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jn 13, 1-15

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. » Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

"Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ?". Ce geste du lavement des pieds que Jésus voudrait nous voir reproduire n'est ni facile à accueillir, ni à vivre et le "non, jamais" de Pierre le montre bien. Jésus s'est avancé vers celui qui allait le trahir avec toute son amitié. Pourquoi avons-nous tant de mal à nous laisser faire , à Le laisser faire, à Le laisser S'abaisser pour nous rejoindre et nous aimer, non pas dans nos petits travers assumés, mais dans nos blessures et nos misères profondes, dans nos difficultés à aimer l'autre et à nous aimer nous-mêmes ? "Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi." N'est-ce pas là le point d'appui fondamental : recevoir à notre tour la force de Sa tendresse et Son amour inconditionnel, se laisser toucher par la douceur de Son regard pour être à notre tour, capables d'aller au-devant de tous ceux que Dieu nous indiquera ? 

(Catherine)

Mercredi 31 mars

Mercredi Saint

Lecture du livre du prophète Isaïe

Is 50, 4-9a

Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. Chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute. Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats. Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu. Il est proche, Celui qui me justifie. Quelqu’un veut-il plaider contre moi ? Comparaissons ensemble ! Quelqu’un veut-il m’attaquer en justice ? Qu’il s’avance vers moi ! Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense ; qui donc me condamnera ?

La qualité essentielle du Serviteur, c’est son écoute de disciple. Depuis le réveil chaque matin, jusqu’à l’adversité la plus redoutable dans le courant du jour, son oreille intérieure est ouverte afin de creuser en lui une capacité de relation avec celui qu’il appelle « le Seigneur », c’est à dire la puissance de vie qui le précède, qui l’inspire et qui l’anime. Grâce à cette qualité, il est en mesure de « soutenir celui qui est épuisé » et de supporter tout ce qu’il a à endurer de la part de tous. Jésus sera dans cette disposition d’une manière incroyablement vivante. Et il ne nommera pas sa force d’inspiration simplement comme Seigneur, mais plus intimement comme « Père ». Rendons nous disponibles à cette écoute, constante, profonde, intime et nous pourrons être disciples seconde après seconde, en toute confiance.

(Fr. Jean-Pierre)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Mt 26, 14-25

En ce temps-là, l’un des Douze, nommé Judas Iscariote, se rendit chez les grands prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui remirent trente pièces d’argent. Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.

Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus : « Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs pour manger la Pâque ? » Il leur dit : « Allez à la ville, chez untel, et dites-lui : “Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.” » Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.

Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. Pendant le repas, il déclara : « Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer. » Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, chacun son tour : « Serait-ce moi, Seigneur ? » Prenant la parole, il dit : « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi, celui-là va me livrer. Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! » Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C’est toi-même qui l’as dit ! »

« Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? ».  Insoutenable marchandage qui va conduire Judas et Jésus à la mort et pourtant ....

Comment dilater nos coeurs pour être capables de comprendre ce mystère de la Passion qui sauve et cet Amour inconditionnel ? Que faisons-nous de cet Amour si grand dans nos vies ? Jésus, le serviteur souffrant, ne s'est pas dérobé à sa mission. Allons-nous nous dérober devant l'appel exigeant à laquelle la Parole nous invite ? Allons-nous consentir à faire de chacune de nos rencontres une mort à nous-mêmes pour que le Christ puisse y ressusciter ? Graverons-nous sur nos coeurs ce verset du psaume "« Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! » Car le Seigneur écoute les humbles, il n’oublie pas les siens emprisonnés." ? 

(Catherine)

Mardi 30 mars

Mardi Saint

Lecture du livre du prophète Isaïe

Is 49, 1-6

Écoutez-moi, îles lointaines ! Peuples éloignés, soyez attentifs ! J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom. Il a fait de ma bouche une épée tranchante, il m’a protégé par l’ombre de sa main ; il a fait de moi une flèche acérée, il m’a caché dans son carquois. Il m’a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma splendeur. » Et moi, je disais : « Je me suis fatigué pour rien, c’est pour le néant, c’est en pure perte que j’ai usé mes forces. » Et pourtant, mon droit subsistait auprès du Seigneur, ma récompense, auprès de mon Dieu. Maintenant le Seigneur parle, lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob, que je lui rassemble Israël. Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force. Et il dit : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob, ramener les rescapés d’Israël : je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »

Je n’avais jamais relevé que dans les Actes des Apôtres, la mission de Paul au moment de sa conversion lui est signifiée dans les termes de ce 2ème chant du Serviteur : «J’ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. » (Ac 13, 47). Autrement dit, si clairement les chants du Serviteur sont réalisés dans la personne de Jésus, ils se réalisent aussi dans celle de ses disciples. Il y a un autre passage des Actes où il est fait mention explicite du Serviteur souffrant : lorsque le diacre Philippe catéchise un eunuque qui l’a pris en stop, il lui fait l’exégèse des chants du Serviteur.

Le fait d’insister en cette Semaine Sainte sur cette référence centrale, devrait nous pousser à plonger dans ces textes et à les laisser prendre corps en nous par l’inspiration de Dieu. Nous avons été choisis par Dieu, nous avons été envoyés, nous sommes souvent découragés devant l’apparente inutilité de ce que nous essayons de dire ou faire : « Je me suis fatigué pour rien, c’est pour le néant, c’est en pure perte que j’ai usé mes forces. » Mais Dieu continue de nous appeler à proclamer sa Parole en devenant toujours plus ce Serviteur inutile à l’image du Christ mourant sur la Croix afin que son oeuvre de salut s’accomplisse jusqu’aux extrémités de la terre.

(Fr. Jean-Pierre)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jn 13, 21-33.36-38

En ce temps-là, au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples, il fut bouleversé en son esprit, et il rendit ce témoignage : « Amen, amen, je vous le dis : l’un de vous me livrera. » Les disciples se regardaient les uns les autres avec embarras, ne sachant pas de qui Jésus parlait. Il y avait à table, appuyé contre Jésus, l’un de ses disciples, celui que Jésus aimait. Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler. Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? » Jésus lui répond : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote. Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. » Mais aucun des convives ne comprit pourquoi il lui avait dit cela. Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d’acheter ce qu’il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres. Judas prit donc la bouchée, et sortit aussitôt. Or il faisait nuit. Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt. Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. » Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard. » Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour toi ! » Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois.

Ce passage est bouleversant. Jésus avance vers sa Passion mais ses disciples ne comprennent pas à quoi Il fait référence : « Seigneur, où vas-tu ? ». Croyons-nous vraiment que Le Seigneur va vers chacun de nous pour que nous ne désespérions pas lorsque nous faisons l'expérience de notre faiblesse ? Comment L' accueillons-nous alors ? Face aux défis face auxquels nous pouvons nous effondrer, et au moment ultime de poser le choix de Le Suivre ou de fuir, nous souviendrons-nous de Son offrande ? Nous laisserons-nous saisir par cet Amour qui fait passer de la mort à la Vie ?

(Catherine)

Lundi 29 mars

Lundi Saint

Lecture du livre du prophète Isaïe

Is 42, 1-7

Ainsi parle le Seigneur : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur. J’ai fait reposer sur lui mon esprit ; aux nations, il proclamera le droit. Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, il ne fera pas entendre sa voix au-dehors. Il ne brisera pas le roseau qui fléchit, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, il proclamera le droit en vérité. Il ne faiblira pas, il ne fléchira pas, jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre, et que les îles lointaines aspirent à recevoir ses lois. » Ainsi parle Dieu, le Seigneur, qui crée les cieux et les déploie, qui affermit la terre et ce qu’elle produit ; il donne le souffle au peuple qui l’habite, et l’esprit à ceux qui la parcourent : « Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice ; je te saisis par la main, je te façonne, je fais de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations : tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et, de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres. »

Durant cette Semaine Sainte, nous ré-entendons les textes d’Isaïe qui décrivent le Serviteur souffrant auquel Jésus fait référence pour déployer sa mission messianique. Impressionnante figure qui ne préconise pas la force mais qui peut agir avec tendresse à l’égard de tous parce que Dieu a fait reposer sur lui son Souffle. Alors contrairement à tous les tyrans de ce monde, il ne crie pas, il n’élève pas le ton, il ne brise pas le roseau fragilisé, il n’éteint pas la mèche qui faiblit. Il se tient simplement au milieu de tous comme celui qui incarne la juste position à l’égard de Dieu et à l’égard d’autrui. Dieu le saisit par la main, il le façonne pour en faire la lumière des nations et l’alliance du peuple. C’est dans la mesure de cette intimité avec le souffle Divin qu’il peut opérer une vraie libération de tous ceux qui gisent dans les ténèbres. Il les remet debout au grand jour. Beaucoup ont du mal à croire que cette perspective soit salvatrice, ils préféreraient la domination et la force comme Judas le proposait sans doute. Mais aujourd’hui encore l’aura du Serviteur souffrant qu’est Jésus, est considérable, elle n’a pas pris une ride, au contraire. Souhaitons qu’elle soit accueillie et vécue pour faire la lumière dans notre monde qui souffre d’une si grande obscurité.

(Fr. Jean-Pierre)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jn 12, 1-11

Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, qu’il avait réveillé d’entre les morts. On donna un repas en l’honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était parmi les convives avec Jésus. Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur et de très grande valeur ; elle répandit le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie de l’odeur du parfum. Judas Iscariote, l’un de ses disciples, celui qui allait le livrer, dit alors : « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ? » Il parla ainsi, non par souci des pauvres, mais parce que c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait ce que l’on y mettait. Jésus lui dit : « Laisse-la observer cet usage en vue du jour de mon ensevelissement ! Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. » Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là, et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir ce Lazare qu’il avait réveillé d’entre les morts. Les grands prêtres décidèrent alors de tuer aussi Lazare, parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s’en allaient, et croyaient en Jésus.

Jésus sait pertinemment vers quoi il avance. Marie de Béthanie le sait-elle ? En a-t-elle seulement l'intuition ? Ellle se montre bouleversante de foi, d'humble gratitude et d'amitié authentique pour le Christ. Elle ne garde rien pour elle, pas même ce parfum d'une très grande valeur. Elle a tant reçu de Jésus, qu''elle va droit au but, sans compromis, ni masque. Judas Iscariote a, lui aussi, certainement beaucoup reçu de Jésus mais son coeur s'est fermé. Ni le parfum d'une très grande valeur, ni la tendresse audacieuse de Marie ne semblent l'émouvoir : "il tenait la bourse commune, il prenait ce que l’on y mettait". Comme chacun d'eux, nous avons tellement reçu ! Comment accueillons-nous ce don d'Amour pour chacun de nous ? Quel parfum s'échappe de nos coeurs ? Qu'offrons-nous, que rendons-nous au Seigneur ? Serons-nous capables de briser la jarre, sans rien retenir pour nous-mêmes ?

(Catherine)

Dimanche 28 mars

Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur

Lecture du livre du prophète Isaïe

Is 50, 4-7

Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. Chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute. Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats. Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu. 

En ce dimanche de la Passion qui ouvre la Semaine Sainte, la liturgie nous propose de lire l’un des chants du Serviteur souffrant dans le livre d’Isaïe. Comme on le sait bien, il y a quatre chants décrivant ce Serviteur qui soulève le péché du monde. Les évangiles s’y réfèrent pour caractériser le Christ dans sa mission de salut. Ce fameux serviteur, figure messianique par excellence pour le peuple juif, est un homme mis à mal, mais dont l’attention à Dieu permet que les outrages subits ne l’anéantissent pas. Il se confie totalement à Dieu et dans cette confiance éperdue sait qu’il ne sera pas confondu. C’est là même qu’advient le salut. Il s’agit de s’en remettre au Père, lui l’auteur de la vraie vie sur laquelle ni le péché, ni la mort n’ont de prise. Isaïe précise qu’une telle disposition naît de l’écoute profonde : « chaque matin, le Seigneur éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute…. et moi je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. » Aujourd’hui, ne fermons pas notre coeur, sachons écouter pour nous laisser éveiller en disciple.

(Fr. Jean-Pierre)

 

Lecture de la lettre de Saint Paul apôtre aux Philippiens

Ph 2, 6-11

Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père.

Cet hyme nous entraîne ce matin dans un mouvement d'une grande intensité.  "Prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes", Jésus comprend tout, la misère, la maladie, la solitude, l'angoisse, la souffrance et nous rejoint toujours. Il est prêt à tout et va aller jusqu'au bout, jusqu'à Son dernier souffle, dans une remise de soi totale à Son Père: "Il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix.". Il nous montre ainsi le seul fondement de l'amour authentique, qui loin de rechercher un idéal de perfection, s'abaisse au contraire pour rejoindre l'autre sans jamais rien attendre en retour. "C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom". Saurons-nous aujourd'hui entrer dans ce mouvement d'abaissement, saurons-nous nous agenouiller intérieurement et apprendre de Lui comment devenir frères et soeurs ? Sommes-nous disposés à nous laisser dépouiller pour devenir plus libres ? Croyons-nous que nos consentements peuvent être source d'énergie, de paix et de grande joie intérieure ?  

(Catherine)

Commencer par lire le texte à haute voix.

Puis reprendre un verset, ou simplement un mot et le répéter toujours à haute voix en le laissant porter par le souffle.

Il s'agit de laisser passer cette parole, dans un premier temps, de l'intellect au coeur.

Ainsi ruminée, elle vient germer au profond de nous-même.

Rester dans cette rumination pendant un temps assez long. Cela débouchera peut-être sur du silence. 

Il peut y avoir une prière spontanée ou non (comme par exemple le psaume proposé dans la liturgie du jour) qui monte de nos lèvres.

Rester dans cette communion de parole tout au long de nos échanges, de nos activités afin qu'elles soient nourries par cette inspiration.

C'est là proprement la lectio divina.

Ensuite, il est toujours possible de la commenter. N'hésitez pas à partager les commentaires que vous écrirez.

 

 

Petits conseils pour la lectio divina "Faites attention à comment vous lisez" (Fr. A. Frédéric)

Qu’est-ce que la lectio divina ? C’est d’abord une manière de lire. Mais me direz-vous nous savons tous lire. À vrai dire j’en doute parfois quand je lis sur les réseaux sociaux les commentaires souvent d’ailleurs très négatifs de certains articles qui montrent le plus souvent que l’auteur du commentaire n’a lu que le titre de l’article en question, au mieux les premières lignes, et qu’en tout cas, il n’a rien compris au propos de l’auteur de l’article. La lecture sur écran telle que nous la pratiquons quotidiennement consiste souvent à saisir le plus rapidement possible une information et non pas à chercher à comprendre la pensée d’un auteur. La lectio divina se donne au contraire pour but de comprendre en profondeur le texte. C’est donc une lecture qui demande un effort. On pourrait se demander la raison de cela. Dans la manière moderne d’envisager la communication, on considère que si celui qui met un message est crédible et que si le message est de qualité, il atteindra son but quel que soit l’attitude de celui qui reçoit le message. Or il n’en est pas ainsi pour la parole de Dieu et c’est ce que montre bien l’explication de la parabole du semeur. J’en donne ici le texte dans la formulation selon saint Matthieu qui me semble la plus claire : « Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur ; quand quelqu’un entend la parole du Royaume sans la comprendre, le mauvais survient et s’empare de ce qui est semé dans son cœur : celui-là c’est le terrain ensemencé au bord du chemin. Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c’est celui qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ; mais il n’a pas de racine en lui, il est l’homme d’un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il trébuche aussitôt. Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c’est celui qui entend la Parole ; mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit. Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : il porte fruit à raison de cent ou soixante ou trente pour un. » D’après ce texte, la Parole est la même pour tous et tous l’ont entendu. Pourtant la parole n’est profitable que pour les derniers ceux qui ne l’ont pas seulement entendue mais comprise. L’enjeu de la lectio divina n’est pas donc de lire la Parole mais de la comprendre. Mais que signifie comprendre la Parole. Je pense que la parabole du semeur nous donne des précieuses indications. Pour comprendre la Parole il convient de la laisser prendre racine en nous. La lectio divina doit donc être une lecture qui prend son temps, qui ne soit pas trop rapide de peur que la Parole ne soit comme le grain semée au bord du chemin. Elle implique un effort quotidien jour après jour sans se décourager pour qu’elle prenne vraiment racine. Elle suppose qu’on lui réserve un temps propre où l’on ne fasse pas autre chose de peur qu’elle ne soit étouffée par les autres activités. Bref il nous faut faire attention à la manière dont nous lisons pour paraphraser la parole que saint Luc place dans la bouche de Jésus s’adressant aux disciples après leur avoir dit la parabole du semeur : « Faites attention à la manière dont vous écoutez ».