Méditation du mardi 6 octobre
Une parole
Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t'agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire.
Un regard
Avouons-le, cette interpellation que Jésus adresse à Marthe, il pourrait bien souvent nous l’adresser à nous aussi. Souvent nous sommes accaparés par des tâches diverses et nous sommes incapables de distinguer ce qui est vraiment nécessaire. Nous confondons souvent deux notions proches mais en réalité très différentes : l’utile et le nécessaire. Comme Marthe, nous faisons beaucoup de choses qui sont très utiles mais qui ne sont absolument pas indispensables alors que ce que fait Marie ne semble peut-être pas très utile mais est en réalité vraiment ce qui est nécessaire. Car Jésus ne s’est pas arrêté chez Marthe et Marie pour y loger ou pour y prendre son repas mais pour y annoncer la parole. Si Marie n’avait pas été là pour l’écouter, la venue de Jésus chez les deux sœurs aurait manqué son but.
Une prière
Prions notre Seigneur Jésus afin qu’il nous aide à discerner l’unique nécessaire.
Seigneur, apprends-nous à ne pas nous laisser accaparer par les tâches matérielles, par tout ce qui nous semble très utile mais qui n’est pas indispensable.
Seigneur, aide-nous à consacrer du temps à écouter ta parole.
Seigneur, aide-nous à mettre en pratique ta parole dans notre vie quotidienne en pratiquant la charité fraternelle.
Une parole
Mais Dieu m’avait mis à part dès le sein de ma mère ; dans sa grâce, il m’a appelé ; et il a trouvé bon de révéler en moi son Fils, pour que je l’annonce parmi les nations païennes.
Un regard
Dans la lettre aux Galates, Saint Paul présente un récit autobiographique. Son parcours est marqué par une apparente rupture. Après avoir évoqué sa jeunesse de persécuteur, Saint Paul évoque sa vocation. Il ne parle pas d’une conversion, ne fait pas le récit de ce qui s’est passé sur le chemin de Damas tel que nous le connaissons dans les Actes des Apôtres. Non, il évoque une vocation, un appel de Dieu qui, peut-être, s’est concrétisé à un moment précis mais qui renvoie à un projet de Dieu sur lui qui remontait à sa conception. Je pense que ce que dit Paul de sa vocation est valable pour toute vocation – et ici je ne parle pas uniquement de vocation religieuse mais aussi de vocation professionnelle –. Il y a certainement des moments plus importants où nous posons des choix décisifs mais souvent, en regardant rétrospectivement notre parcours, il y a la tranquille certitude que nous étions faits pour cela, que nous aspirions à cela même si nous n’avions pas pleinement conscience qu’un autre, que l’Autre par excellence qu’est Dieu, avait déjà choisi pour nous, en nous, nous avait guidés, sans que nous le sachions, sur le chemin de notre plein épanouissement.
Une prière
Prions notre Seigneur Jésus pour qu’il nous aide à devenir ce qu’il nous appelle à être.
Seigneur, nous te prions pour tous les jeunes que tu appelles à te servir dans la vie consacrée ou les ministères ordonnés ; rends-les disponibles à cet appel et donne-leur d’y répondre favorablement.
Seigneur, nous te prions pour tous ceux qui ont répondu à ton appel et sont engagés dans la vie consacrée ou les ministères ordonnés ; donne-leur de demeurer jusqu’au bout fidèles à leurs engagements.
Seigneur, nous te prions pour tous les hommes et toutes les femmes créés à ton image ; qu’ils puissent pleinement, au cours de leur vie, accomplir leur vocation de fils et de filles de Dieu et acquièrent la pleine ressemblance avec Toi.
Méditation du lundi 5 octobre
Une parole
Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion.
Un regard
Trois personnes ont vu l’homme à moitié mort au bord de la route menant de Jérusalem à Jéricho et un seul a été saisi de compassion. Trois personnes ont vu de leurs yeux mais un seul a vu avec ses entrailles et a été saisi aux entrailles. Or on ne voit bien qu’avec les entrailles. On peut voir avec les yeux et l’information parvenir à la tête mais si elle ne redescend pas au cœur, aux entrailles, elle reste en surface et ne touche pas en profondeur. Deux personnes ont vu et se sont éloignées parce que ce qu’elles avaient vu ne les avait pas touchées. Une a été touchée et elle s’est approchée.
Une prière
Prions notre Seigneur Jésus pour que nos entrailles soient touchées par ce que voient nos yeux.
Ouvre nos yeux, Seigneur, que nous voyions le malheureux à moitié mort au bord de la route.
Ouvre nos entrailles, Seigneur, que nous nous laissions émouvoir par sa détresse.
Ouvre nos mains, Seigneur, que nous approchions de lui et lui portions secours.
Une parole
Si j’en étais encore à plaire à des hommes, je ne serais pas serviteur du Christ.
Un regard
À qui cherchons-nous à plaire : aux hommes ou à Dieu ? En vérité nous voudrions plaire en même temps à Dieu et aux hommes. Saint Paul, dans la lettre aux Galates, nous indique que cela est impossible. Être le serviteur du Christ implique de renoncer de chercher à plaire aux hommes. Le Christ lui-même n’a pas cherché à plaire aux hommes mais à obéir jusqu’à être rejeté des hommes et à mourir sur une croix. Être son serviteur, c’est suivre la voie qu’il a tracée, renoncer à plaire aux hommes, à être reconnu par les hommes pour pleinement plaire à Dieu et espérer être élevé à la suite du Christ dans la gloire du Père.
Une prière
Prions notre Seigneur Jésus qui nous invite à le suivre dans la voie de l’abaissement et de la gloire.
Seigneur, donne-nous de ne pas attacher de prix à la gloire et la reconnaissance qui viennent des hommes mais de devenir plutôt tes humbles serviteurs.
Seigneur, rends-nous forts pour traverser les épreuves et les persécutions subies en ton nom.
Seigneur, après notre départ de ce monde, accueille-nous dans ta gloire auprès de ton Père.
Méditation du dimanche 4 octobre
Une parole
Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage. (Matthieu 21, 33)
Un regard
Lorsque les auditeurs de Jésus l’ont entendu commencer sa parabole, ils étaient en terrain connu ; ils ont tout de suite reconnu le chant du bien aimé à sa vigne composé par le prophète Isaïe. Comme l’ami du prophète, le propriétaire plante une vigne, l’entoure d’une clôture – l’entourage de la vigne par une clôture n’apparaît que dans la traduction grecque d’Isaïe et pas dans le texte hébreu original – creuse un pressoir et bâtit une tour de garde. Or, dans la parabole d’Isaïe, le propriétaire n’est autre que Dieu, et la vigne, la maison d’Israël. Les auditeurs de Jésus comprennent donc très vite que Jésus va leur parler de relations entre Dieu et son peuple. Mais Jésus introduit un élément nouveau, absent de la parabole d’Isaïe et qui joue le rôle essentiel dans la sienne, les vignerons, un élément qui se situe comme un intermédiaire entre le propriétaire et la vigne, entre Dieu et son peuple. Alors qu’Isaïe mettait en scène un face à face entre Dieu et son peuple, Jésus souligne l’existence d’un intermédiaire entre le propriétaire et sa vigne, entre Dieu et son peuple, un intermédiaire qui est censé favoriser les relations entre le propriétaire et la vigne, entre Dieu et son peuple, mais qui va se révéler être un obstacle qui empêchera ces relations. Cet intermédiaire, ces vignerons, ce sont les autorités religieuses d’Israël, les grands-prêtres et les anciens du peuple auxquels s’adresse Jésus et qui d’ailleurs comprennent bien puisqu’après que Jésus a prononcé sa parabole, ils veulent l’arrêter pour le faire taire mais ont peur de la foule. Jésus les accuse d’empêcher une véritable relation entre Dieu et son peuple.
Une prière
Prions le Seigneur pour l’Église, sa vigne qu’il a plantée sur un côteau fertile.
Seigneur, tu as entouré ta vigne d’une clôture, tu as protégé ton Église par les lois que tu lui a données ; donne-nous de les garder et de les observer fidèlement.
Seigneur, tu as creusé dans ton Église un pressoir, tu lui as donné des docteurs capables de tirer du fruit de ta Parole un vin spirituel ; apprends-nous à méditer chaque jour les Écritures.
Seigneur, tu as bâti dans ton Église une tour de garde, tu lui as donné des prophètes capables de percevoir les signes de temps ; apprends-nous à les reconnaître et à les écouter.
Une parole
Eh bien, je vais vous apprendre ce que je ferai de ma vigne : enlever sa clôture pour qu’elle soit dévorée par les animaux, ouvrir une brèche dans son mur pour qu’elle soit piétinée. J’en ferai une pente désolée ; elle ne sera ni taillée ni sarclée, il y poussera des épines et des ronces ; j’interdirai aux nuages d’y faire tomber la pluie. (Isaïe 5, 5-6)
Un regard
Après avoir décrit tous les soins que le bien-aimé avait apporté vainement à sa vigne, le prophète, donnant la parole au propriétaire lui-même, décrit quelles sont les intentions de celui-ci, comment il entend se venger de sa vigne en arrêtant de la protéger par une clôture, en la livrant donc à la merci des bêtes sauvages, en cessant de la travailler et de l’entretenir, en la laissant envahir par des ronces et des mauvaises herbes. Cette évocation des intentions du propriétaire est un peu surprenante car on imagine mal Dieu se venger aux dépens de son peuple. Il faut plutôt comprendre ces menaces comme une sorte d’exhortation du prophète à ses compatriotes : s’ils continuent à ne pas porter le fruit attendu, à ne pas pratiquer la justice et le droit, Dieu pourrait finir par perdre patience. Isaïe rappelle en quelque sorte au peuple d’Israël combien sa position est privilégiée ; Dieu l’a établi sur un coteau fertile, sur la terre promise de Canaan. Il en a retourné la terre et retiré les pierres en chassant les peuples qui occupaient le pays pour y planter Israël, ce plant de choix qu’il avait sélectionné en Égypte ; il l’a doté d’une tour de garde en lui donnant un roi et d’un pressoir en y installant sa demeure dans le Temple. Et malgré tout cela, il n’obtient pas le fruit de justice attendue. Aussi risque-t-il de perdre patience et de cesser de’ s’occuper de cette vigne ingrate.
Une prière
Prions le Seigneur notre Dieu qui jamais n’oublie son Église.
Seigneur, la clôture sacrée du cœur de tes fidèles a été brisée, leur conscience a été livrée aux appétits bestiaux des abuseurs ; aie pitié de nous.
Seigneur, la vigne de ton Église n’est plus travaillée quand il n’y a plus assez d’ouvriers pour subvenir aux besoins des fidèles ; aie pitié de nous Seigneur, envoie des ouvriers pour la moisson.
Seigneur, le cœur de tes fidèles se dessèche, ils ne savent plus t’accueillir en l’étranger qui vient nous visiter ; aie pitié de nous Seigneur, envoie sur nos cœurs la pluie de ta grâce.
Une parole
Frères, ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, priez et suppliez, tout en rendant grâce, pour faire connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus. (Philippiens 4, 6-7)
Un regard
Dans sa lettre aux Philippiens, Saint Paul propose un remède contre ce grand mal qu’est l’inquiétude, grand mal de tous les temps et aussi du nôtre où si, dans nos pays riches, l’inquiétude de ne pas avoir de quoi manger le lendemain est peut-être moins forte – encore qu’elle revienne avec l’inflation –, d’autres inquiétudes apparaissent : inquiétude face au réchauffement climatique, face à l’afflux des immigrés. L’inquiétude est, pourrait-on dire, la condition naturelle de l’homme indissociablement liée à sa finitude ; toute nos inquiétudes renvoient finalement à l’inquiétude fondamentale de notre mort et c’est pourquoi nous ne pouvons pas, par nous-mêmes, les combattre efficacement. Saint Paul nous propose donc de nous décharger de nos inquiétudes en les transformant en demandes adressées à Dieu qui, en retour, peut seul nous procurer la paix.
Une prière
Prions le Seigneur afin qu’il chasse les inquiétudes de nos cœurs et nous procure la paix.
Seigneur, fais que nous cessions de nous inquiéter pour notre subsistance corporelle ; donne-nous de recevoir avec gratitude le pain quotidien que tu nous procures.
Seigneur, fais que nous cessions de nous inquiéter pour notre avenir et pour celui de l’humanité ; donne-nous d’agir avec calme et détermination dans la mesure de nos capacités pour qu’il soit le meilleur possible.
Seigneur, fais que nous cessions de nous inquiéter pour notre santé ; donne-nous d’accepter notre mort corporelle dans l’espérance et la foi que notre vie continuera d’une autre manière.
Proposé par Fr. Antoine-Frédéric