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Méditation du samedi 10 décembre

Une parole


Mais, je vous le déclare : Élie est déjà venu ; au lieu de le reconnaître, ils lui ont fait tout ce qu’ils ont voulu.



Un regard


Les disciples qui viennent de voir Jésus transfiguré sur la montagne entouré de Moïse et d’Élie sont désormais persuadés que Jésus est bien le Messie. Ils se demandent alors pourquoi sa venue n’a-t-elle pas été précédée par celle d’Élie comme l’enseignaient les spécialistes des Écritures. La réponse de Jésus est que Jean le Baptiste est bien venu mais que les spécialistes en question, non seulement ne l’on pas reconnu, mais qui plus est l’ont maltraité. La connaissance livresque ne suffit pas. Déjà, au début de l’évangile selon saint Matthieu, les spécialistes consultés par Hérode avaient été capables de renseigner correctement les mages sur le lieu de naissance du Messie. Mais apparemment, aucun d’entre eux ne s’était rendu à Bethléem pour adorer Jésus. De même, les scribes savaient bien qu’Élie devait venir et peut-être que, s’ils s’étaient rendus dans le désert de Judée, là où Jean le Baptiste vêtu du manteau de poils et ceint de la ceinture en peau d’Élie baptisait, l’auraient-ils reconnu. Mais y sont-ils allés ? Nous avons beau connaître l’Écriture et l’interpréter correctement ; si cette connaissance ne transforme pas en profondeur notre vie, cela ne nous sert à rien.



Une prière


Prions notre Seigneur Jésus, la parole de Dieu faite chair.


Seigneur, ouvre nos cœurs à la compréhension des Écritures. Rends-les brûlants de charité chaque fois que nous lisons ou écoutons ta Parole. 


Seigneur, que l’écoute des Écritures transforme notre vie quotidienne, que nous nous efforcions à chaque moment de notre journée de vivre et d’incarner Ta parole. 


Seigneur, ouvre nos yeux que nous te reconnaissions chaque fois que tu viens nous visiter dans le quotidien de notre vie.

 


Une parole 


... toi qui fus préparé pour la fin des temps, ainsi qu’il est écrit, afin d’apaiser la colère avant qu’elle n’éclate, afin de ramener le cœur des pères vers les fils et de rétablir les tribus de Jacob…



Un regard


Ce verset du livre de Ben Sira le Sage est probablement l’un des textes sur lequel s’appuyaient les scribes pour affirmer qu’Élie devait venir en premier pour tout restaurer avant la venue du messie. L’idée du retour d’Élie se fonde en premier lieu sur son enlèvement dans un tourbillon de feu raconté dans le deuxième livre des Rois et rappelé ici par Ben Sira. Mais c’est Malachie, le dernier des prophètes, qui a le premier évoqué le retour d’Élie à la fin des temps dans un texte auquel fait ici référence Ben Sira par l’incise « ainsi qu'il est écrit ». La mission confiée à Élie lors des derniers temps, d’après Malachie et Ben Sira, c’est de réconcilier les générations entre elles, de ramener les cœurs des pères vers les fils, ce qui est d’ailleurs aussi la mission que l’ange Gabriel assigne à Jean le Baptiste lorsqu’il annonce sa naissance à son père Zacharie. Et il est vrai que dans les temps de crise, les temps de trouble où l’avenir est incertain – c’est le cas de nos jours – il y une tentation pour les anciens, pour les pères, de se dire qu’eux ont déjà vécu leur vie et que cet avenir ne les concerne pas et il y a une tentation pour les jeunes, pour les fils, d’accuser les anciens, les pères, de tous les maux, de les rendre seuls responsables de menaces pesant sur leur avenir. Bref, il y a un risque que l’affrontement des générations vienne aggraver une crise dont la gravité même nécessite pour l’affronter la solidarité entre les générations.



Une prière


Prions notre Seigneur pour qu’il suscite dans notre monde des prophètes capables de ramener les pères vers les fils. Suscite en notre monde, Seigneur, des témoins capables d’alerter la société entière sur l’urgence de la crise écologique et de réunir tous et toutes dans une dynamique d’action commune.


Seigneur, préserve la solidarité entre les générations, que les anciens ne se désintéressent pas des questions sur l’avenir de l’humanité et que les jeunes ne rendent pas les anciens responsables de tous les maux.


Seigneur, conforte dans le cœur de tous, et en particulier des plus jeunes, l’espérance en l’avènement de ton règne de justice et de paix.


(proposé par le Fr. Antoine-Frédéric)




Méditation du vendredi 9 décembre



Une parole


Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et l’on dit : “Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.”



Un regard


En ce temps de l’Avent, nous découvrons différents aspects de la personnalité de Celui qui vient et dont nous allons fêter l’Avènement à Noël. L’évangile de ce jour nous en dévoile un pour le moins surprenant. Jésus, c’est lui qui le dit en parlant de lui à travers la figure du « Fils de l’homme », aurait été qualifié par ses contemporains d’ivrogne et de glouton. On lui aurait reproché ses mauvaises fréquentations. Dans un autre passage rapporté par les évangiles, des pharisiens et des disciples de Jean le Baptiste demandent à Jésus pourquoi ses disciples ne jeûnent-ils pas. Et la question sonne comme un reproche. Mais les appellations peu flatteuses d’ivrogne et de glouton vont plus loin encore car elles renvoient à un passage du livre des proverbes où ces deux catégories sont stigmatiséees et leur fréquentation déconseillée. Car, au-delà de son régime alimentaire, ce que l’on reproche surtout à Jésus, ce sont ses mauvaises fréquentations. Dans le judaïsme du Ier siècle, il y a en effet des gens que l’on ne fréquente pas, ceux que leur profession ou leurs mœurs empêchent de pratiquer convenablement la Loi. Ce sont eux que l’on désigne comme les pécheurs et les publicains qui ont passé un contrat avec les autorités romains pour avoir le droit de lever les impôts en font partie.  Or Jésus va à la rencontre de ces gens-là, non pas pour les approuver, mais pour les sauver car, à l'inverse de la compréhension traditionnelle, il ne croit pas que c’est le péché qui contamine ceux qui fréquentent les pécheurs mais que, au contraire, c’est la grâce qui est contagieuse, que celui qui est pur a le pouvoir de purifier les pécheurs qu’il approche. Alors que les pécheurs venaient à Jean le Baptiste pour se faire baptiser, Jésus va chez les pécheurs pour les purifier.



Une prière


Prions notre seigneur Jésus, le Fils de l’homme, qui est venu pour sauver les pécheurs que nous sommes.


Seigneur Jésus, nous étions perdus, ivrognes et gloutons, esclaves des désirs de nos ventres, tu es venu te faire l’un d’entre nous pour nous sauver. Délivre-nous, Seigneur, de nos addictions.


Seigneur, nous sommes des pécheurs, des gens peu fréquentables, tu t’es fait notre ami pour nous sauver. Donne-nous, Seigneur, de ne considérer personne comme infréquentable.


Seigneur Jésus, toi le Fils de Dieu, tu es venu parmi les hommes et tu n’as pas été reconnu pour ce que tu étais mais tu as été moqué et critiqué. Enlève de nos bouches les railleries et les jugements péremptoires.

 


Une parole


Ainsi parle le Seigneur, ton rédempteur, Saint d’Israël : Je suis le Seigneur ton Dieu, je te donne un enseignement utile, je te guide sur le chemin où tu marches.



Un regard


En ce verset du prophète Isaïe sont concentrés plusieurs titres pour désigner et qualifier le Seigneur Dieu. Essayons de les regarder un peu en détail. Le Seigneur est d’abord qualifié de rédempteur. Le terme traduit l’hébreu goel qui renvoie à celui qui exerce le droit de rachat, notamment pour libérer un captif de l’esclavage.  Ce mot a été employé pour désigner l’action de Dieu qui a, en quelque sorte, exercé son droit de rachat pour libérer son peuple de l’esclavage auquel l’avait réduit les Égyptiens. Dieu est ensuite qualifié de Saint d’Israël. Ce titre courant dans l’ensemble du livre du prophète Isaïe renvoie à une thèse qui est au cœur du livre du Lévitique : la sainteté de Dieu doit amener son peuple à être saint lui aussi. « Soyez saints car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. » Enfin, le Seigneur est présenté comme un enseignant et un guide. Les deux termes peuvent être associés car le mot hébreu qui signifie « chemin » peut aussi désigner un corps de doctrine. Ces différents titres peuvent renvoyer à l’expérience de la sortie d’Égypte et du séjour au désert. Le Seigneur a été le rédempteur qui a racheté son peuple esclave. Au Sinaï, il a manifesté sa sainteté et a donné une Loi à son peuple pour qu’il soit lui-même saint puis il a guidé son chemin à travers le désert jusqu’à la terre promise.


Une prière


Prions le seigneur, notre Rédempteur, le Dieu Saint qui nous guide sur nos chemins de vie.


Béni sois-tu, Seigneur, car tu nous as racheté du péché et de la mort par ton Fils Jésus.


Dieu saint, donne-nous d’être saints comme toi-même est saint en pratiquant ta loi de sainteté et notamment l’amour de tous les hommes, nos proches comme nos ennemis.


Seigneur, guide-nous tout au long de nos vies par Ton chemin qui mène à la vie éternelle et préserve-nous des embûches de l’ennemi.


(proposé par le Fr. Antoine-Frédéric)























(proposé par le Fr. Antoine-Frédéric)