Méditation du jour

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Méditation du mardi 14 avril



Une parole 


Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. 



Un regard 


Le sens le plus général du mot grec pneuma est « souffle » mais souvent, dans le Nouveau Testament, il désigne le « souffle » de Dieu, l’Esprit Saint. Dans ce passage, l’évangéliste saint Jean, comme il en a l’habitude, joue sur les deux sens du mot ; le premier emploi du mot pneuma en début du verset a le sens de souffle – il est traduit en français par « vent » pour empêcher la répétition « le souffle souffle » – alors que le second emploi de pneuma renvoie à l’Esprit d’où le choix de la traduction « souffle de l’Esprit » qui permet d’une part de conserver le jeu sur le mot souffle, d’autre part de préciser que Jésus évoque bien là l’Esprit Saint. Par ce jeu sur le mot pneuma, Jésus veut souligner que celui qui est né de l’Esprit Saint est, pour reprendre une expression française, « libre comme l’air », d’une liberté donnée par Dieu qui échappe à tout contrôle humain.



Une prière 


Invoquons l’Esprit Saint, le Souffle de Dieu, afin qu’il vienne nous inspirer et nous conduire sur nos chemins de vie.


Seigneur, envoie ton Esprit sur chacun de nous, qu’il guide nos choix dans notre vie quotidienne.


Seigneur, envoie ton Esprit sur le pape, les évêques et sur les responsables des communautés religieuses afin qu’ils prennent les bonnes décisions.


Seigneur, envoie ton Esprit sur l’ensemble de notre communauté pour que nous formions un corps uni, animé par un même souffle et allant dans la même direction.

 


Une parole 


C’est avec une grande puissance que les Apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et une grâce abondante reposait sur eux tous.



Un regard 


Il est un peu dommage que, par souci d’élégance pour éviter une répétition « disgracieuse », les traducteurs ont choisi de rendre le même adjectif grec megas par deux termes différents « grande » pour qualifier la puissance et « abondante » pour qualifier la grâce. L’emploi du même adjectif tend en effet à souligner que la puissance et la grâce sont les deux éléments qui caractérisent la première communauté de Jérusalem. Encore faudrait-il s’entendre sur le sens précis de ces termes. « Puissance » traduit le nom grec dynamis (qui a donné dynamisme en français), un nom mot formé sur le verbe dynamai « pouvoir » en grec et qui désigne moins la force que la capacité à réaliser des signes,  des miracles – dynamis employé au pluriel ayant souvent le sens de « miracles ». « Grâce » traduit le nom grec charis (qui a donné charisme en français) qui signifie la grâce dans ces diverses acceptions, c’est-à-dire à la fois le charme, la beauté, la grâce, au sens commun du terme, mais aussi la reconnaissance, la faveur, la gratitude. C’est bien entendu ce sens qui convient présentement. Il faut donc comprendre ici que Dieu manifeste sa faveur envers la première communauté en général et plus particulièrement envers ses membres par les signes qu’il leur donne de réaliser pour appuyer, accompagner leur prédication de la résurrection de Jésus.



Une prière 


Prions notre Seigneur Jésus Christ pour qu’il nous donne la force de témoigner de sa résurrection et qu’il nous comble de sa faveur.


Seigneur, mets sur nos lèvres les paroles, mets dans nos mains les gestes susceptibles de convaincre nos contemporains que tu es vraiment ressuscité.


Seigneur, préserve-nous de la tentation de compter sur nos propres forces, sur notre propre sagesse, pour prêcher ta Bonne Nouvelle ; apprends-nous à laisser se déployer Ta puissance au travers de nos faiblesses et nos fragilités.


Seigneur, ouvre nos yeux que nous voyions toutes les faveurs dont tu nous combles et que nous te rendions grâce d’un cœur sincère.

 



Méditation du lundi 13 avril



Une parole 


« Amen, amen, je te le dis : à moins de naître d’en haut, on ne peut voir le royaume de Dieu. »



Un regard 


Le propos tenu par Jésus au pharisien Nicodème, venu le consulter, cause la perplexité de celui-ci, et à juste titre pourrait-on dire. Que signifie « naître d’en-haut » ? Aujourd’hui, une réponse ecclésiale et sacramentaire peut paraître évidente, « naître d’en haut », cela veut dire être baptisé, recevoir l’Esprit Saint. Mais une telle réponse ne pouvait être formulée par Nicodème car le baptême, tel qu’il existe aujourd’hui, est une conséquence de la mort et de la résurrection de Jésus. Dans la suite de l’évangile selon saint Jean, il est bien précisé qu’il n’y a pas d’Esprit Saint tant que Jésus n’a pas été glorifié, qu'il n’est pas mort et ressuscité et, de fait, c’est au soir du jour un de la semaine, du jour de la résurrection, que Jésus insuffle l’Esprit Saint sur ses disciples et qu’en même temps il les envoie dans le monde, les invite à sortir de la pièce où ils se blottissent derrière des portes verrouillées, comme dans le ventre protecteur d’une mère. Après la petite mort de l’abandon et de la trahison de leur Maître et Seigneur, Jésus, le ressuscité, le Vivant, les invite à renaître d’en-haut en leur donnant l’Esprit Saint.



Une prière 


Prions le Seigneur Jésus qui nous invite à naître d’en-haut.


Seigneur, envoie sur nous ton Esprit, qu’il nous aide à sortir du confort douillet de nos certitudes pour porter au monde la bonne nouvelle de ta résurrection.


Seigneur, envoie ton Esprit sur les nouveaux baptisés de Pâques nés à la vie nouvelle dans ta mort et ta résurrection ; que leur baptême transforme ta vie quotidienne.


Seigneur, envoie ton Esprit sur ceux qui sont prisonniers de leur passé, de leurs fautes ou de leurs addictions et croient impossibles de s’en libérer pour vivre une vie nouvelle ; redonne-leur l’espérance et le goût de la vie.

 


Une parole 


Et c’est vrai : dans cette ville, Hérode et Ponce Pilate, avec les nations et le peuple d’Israël, se sont ligués contre Jésus, ton Saint, ton Serviteur, le Christ à qui tu as donné l’onction ; ils ont fait tout ce que tu avais décidé d’avance dans ta puissance et selon ton dessein. 



Un regard 


Les disciples réunis en prière, après la libération de Pierre et de Jean, appliquent à la passion de Jésus un verset du psaume 2 qui met en scène la révolte des peuples et nations et de la conspiration des rois de la terre contre le Seigneur et son Messie. Dans cette perspective, les peuples et les nations renverraient à Israël et aux païens, les rois de la terre seraient Pilate et Hérode. On voit ci la manière dont procédait les premières communautés chrétiennes, comment elles utilisaient les Écritures pour définir qui était vraiment ce Jésus mort et ressuscité. Ce psaume 2 a joué un rôle important dans l’élaboration d’une christologie, d’une définition de l’identité de Jésus, non seulement en raison de ce verset de la passion mais aussi en raison d’un autre verset où le psalmiste prête à Dieu ses propos : « Tu es mon fils, moi aujourd’hui je t’ai engendré », des propos qui, selon les différents évangiles, sont proches de ceux que la voix venue du ciel fait entendre lors du baptême de Jésus. Le psaume 2 sert donc à définir la messianité de Jésus à la fois comme fils du Père qui reçoit l’onction de l’Esprit Saint au baptême et comme victime au moment de sa passion lors de la révolte des nations et de leur chef contre le Seigneur.



Une prière 


Prions notre Seigneur Jésus, le Messie de Dieu, mort et ressuscité pour nous.


Seigneur Jésus, lors de ton baptême au Jourdain, la voix venue du ciel t’a proclamé fils bien-aimé du Père ; donne-nous de suivre ton exemple, nous les fils adoptifs de ton Père qui est aussi le nôtre.


Seigneur Jésus, lors de ta passion, les rois de la terre se sont ligués contre toi et contre ton Père ; donne-nous de ne pas consentir à la révolte du monde contre Dieu, de ne jamais accepter la condamnation injuste des innocents.


Seigneur Jésus, Dieu t’a ressuscité d’entre les morts et t’a élevé à sa droite ; accueille auprès de toi, dans la gloire, les défunts de ce jour.

 



Méditation du dimanche 12 avril



Une parole 


« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »



Un regard 


Nous interprétons spontanément cette parole de Jésus comme une invitation adressée à Thomas pour qu’il fasse ce qu’il a dit précédemment aux disciples qui avaient vu Jésus, en d’autres termes une invitation à ce que Thomas le touche pour qu’il croie. Mais est-ce bien-là le but de Jésus ? Et Thomas a-t-il d’ailleurs vraiment touché Jésus ? Le récit de saint Jean ne le dit pas expressément, se contentant de rapporter la réponse sous forme de confession de foi de Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu. » Mais qu’est-ce qui provoque cette confession de Thomas ? Ce contact physique avec les plaies de Jésus ou tout simplement ses paroles ? Car ces paroles de Jésus témoignent de la connaissance que le Christ ressuscité tout, comme le Jésus terrestre selon saint Jean, a les pensées de ses interlocuteurs. Jésus n’était pas visiblement présent lorsque Thomas avait parlé aux autres disciples et pourtant il répète à l’identique les propos qu’a tenus Thomas comme s’il avait été là, comme s’il connaissait tout. Par ses propos, Jésus montre à Thomas qu’il sait tout de lui, de ses pensées, qu’il est présent au plus intime de lui-même et donc que la seule relation que l’on peut établir avec Jésus est une relation de pleine confiance. Puisque Jésus sait tout et qu’on ne peut rien lui cacher, on peut entièrement se confier en lui. Tout comme Nathanaël lorsque Jésus lui avait dit qu’il l’avait vu sous le figuier avait reconnu en lui le Fils de Dieu, tout comme la Samaritaine, lorsque Jésus lui avait parlé de ses cinq maris avait reconnu en lui le messie, Thomas lorsque Jésus lui répète les propos qu’il a tenu aux autres disciples reconnaît en lui son Seigneur et son Dieu.



Une prière 


Prions Jésus, le Seigneur ressuscité, qui nous invite à devenir croyants.


Seigneur Jésus, tu es présent dans le plus secret de nos cœurs. Tu connais nos doutes et nos faiblesses ; fais grandir notre confiance en toi.


Seigneur Jésus, tu as donné ta vie pour nous, tu as souffert en ton corps pour le pardon de nos péchés ; rends-nous compatissants envers tous nos frères et sœurs qui souffrent dans leur chair et dans leur âme.


Seigneur Jésus, nous sommes souvent, comme Thomas, des incrédules qui demandons des preuves, qui ne voulons croire que ce que nous pouvons toucher et voir ; apprends-nous à établir des relations de confiance avec nos frères et sœurs en humanité.

 


Une parole 


Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ; ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun.



Un regard 


Cette description idéalisée de la première communauté chrétienne de Jérusalem – le contre-exemple d’Ananie et Saphire rapporté un peu plus loin dans les Actes des Apôtres montre que tout n’était pas si simple – a été une grande source d’inspiration pour la tradition monastique. Saint Pacôme, que l’on présente souvent comme le fondateur du cénobitisme, de la vie monastique communautaire, se voulait le continuateur d’une forme de vie, la communauté – koinonia en grec – dont l’origine remontait aux apôtres. La mise en commun des biens, des revenus et des dépenses, demeurent l'un des traits caractéristiques de la vie monastique : elle suppose que ceux qui, peut-être, on plus de capacités de travail, acceptent de donner plus tout en sachant qu’ils recevront autant mais pas plus que les autres. Ce principe peut sembler quelque peu surprenant dans notre société libérale contemporaine qui attache un grand prix à la rémunération individuelle des compétences. Il est pourtant essentiel, pour assurer la solidarité envers les plus faibles, ceux qui n’ont pas ou plus les capacités de travailler pour se procurer des revenus.  



Une prière 


Prions le Seigneur qui nous a appelés à la vie monastique en communauté.


Seigneur, apprends-nous à mettre nos talents et nos compétences au service de la communauté sans réclamer une reconnaissance particulière.


Seigneur, apprends-nous à accepter que chacun ait des besoins différents, à ne pas envier ou mépriser les autres parce qu’ils ont besoin de plus ou de moins que nous.


Seigneur, garde-nous de la tentation de ne pas tout mettre en commun, de garder par-devers nous des biens ou des connaissances que nous ne voulons pas partager.

 


Une parole 


Lui, vous l’aimez sans l’avoir vu ; en lui, sans le voir encore, vous mettez votre foi, vous exultez d’une joie inexprimable et remplie de gloire, car vous allez obtenir le salut des âmes qui est l’aboutissement de votre foi. 



Un regard 


Dans ce passage de sa première lettre, saint Pierre définit le rapport quelque peu paradoxal que doivent entretenir avec Jésus les croyants de la seconde génération, ceux qui n’ont pas connu Jésus physiquement et aussi les croyants de toutes les générations qui se sont succédés par la suite jusqu’à nous-mêmes qui nous trouvons dans la même situation. Nous sommes invités à entretenir avec Jésus, que nous ne voyons pas et que nous n’avons jamais vu, des rapports marqués par des sentiments, l’amour, la confiance, la joie, que l’on éprouve habituellement envers des personnes proches qui sont physiquement présentes. Alors comment faire ? Jésus lui-même nous a, en quelque sorte, donné la clef lorsqu’il a donné à ses disciples le commandement de s’aimer les uns les autres comme il les avait aimés. Si nous ne pouvons témoigner de notre amour à Jésus que nous ne voyons pas, aimons au moins nos frères que nous voyons. Si nous ne pouvons témoigner de notre confiance en Jésus que nous ne voyons pas encore, commencer par montrer de la confiance envers nos frères que nous voyons déjà. Si nous ne pouvons exulter de la joie sans partage de la vie éternelle, partageons avec nos frères et sœurs en humanité les petites joies de la vie terrestre.



Une prière


Prions notre Seigneur Jésus que nous n’avons pas vu, que nous ne voyons pas encore et qui pourtant est tout proche de nous.


Seigneur, nous voudrions te montrer notre amour mais nous ne te voyons pas ; apprends-nous à aimer nos frères que nous voyons.


Seigneur, nous voudrions te témoigner notre confiance mais nous ne te voyons pas encore ; apprends-nous à faire confiance à nos frères et sœurs qui sont là à nos côtés.


Seigneur, nous voudrions exulter de la joie sans partage de la vie éternelle mais les joies d’ici-bas ne sont que transitoires ; apprends-nous à partager les joies et les peines de nos frères et sœurs en humanité.


Proposé par le Fr. Antoine-Frédéric