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9 juin
SAINT COLOMBAN
NOUS AVONS BESOIN DE PEU
Ce qu’on veut avant tout nous apprendre, c’est à aimer Dieu de tout notre cœur, de tout notre esprit et de toutes nos forces, et le prochain comme nous-mêmes ; ensuite viennent les œuvres : [...]
Jusqu’où doit-on aller dans l’obéissance ? Elle nous est prescrite jusqu’à la mort, sans aucun doute, car le Christ a obéi au Père pour nous jusqu’à la mort. C’est ce que lui-même nous fait comprendre par l’Apôtre quand il nous dit : « Ayez entre vous les sentiments qui étaient dans le Christ Jésus. Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même, prenant la condition d’esclave. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant à son Père jusqu’à la mort et la mort sur une Croix » [...]
Les moines, pour qui le monde est crucifié et eux au monde à cause du Christ, doivent se garder de la cupidité, puisqu’il est répréhensible pour eux non seulement de posséder du superflu, mais même de le vouloir. On ne leur demande pas leur fortune, mais leur volonté ; ayant tout quitté pour suivre chaque jour le Seigneur Christ 1 avec la croix de la crainte, ils ont leurs trésors dans les cieux. [...]
Par conséquent, le dénuement et le mépris des richesses est la première perfection du moine.
La seconde est la purification des vices.
La troisième, souverainement parfaite, est la continuelle dilection de Dieu et l’amour incessant des choses divines, qui succède à l’oubli des choses de la terre.
Dans ces conditions, nous avons besoin de peu, selon la parole du Seigneur, et même d’une seule chose.
Règle des moines. “Règles et pénitentiels monastiques”, Ch. 0 ; I. 1. 8-13 ; IV. 1-2. 5-6.