MEDITATIONS

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5 septembre



SAINT JEAN-PAUL II


 

MARIE NOUS INDIQUE LES VOIES DU SALUT


 

En se reconnaissant « servante du Seigneur » (cf. Lc 1, 38) en prononçant son « oui » et en accueillant le mystère du Christ rédempteur « dans son cœur et dans son sein », Marie n'a pas été un instrument simplement passif entre les mains de Dieu, mais elle a coopéré au salut des hommes avec une foi libre et une obéissance parfaite. Sans rien enlever ou diminuer et sans rien ajouter à l'action de Celui qui est l'unique médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ, Marie nous indique les voies du salut, voies qui convergent toutes vers le Christ son Fis et vers son œuvre de rédemption.


Marie nous mène au Christ comme l'affirme avec précision le Concile Vatican II: « la fonction maternelle de Marie à l'égard des hommes n'obscurcit en aucune façon ni ne diminue l'unique médiation du Christ, mais elle en manifeste l'efficacité (...) et elle n'empêche en aucune façon le contact immédiat des fidèles avec le Christ, elle le facilite au contraire »


Mère de l'Eglise, le très sainte Vierge est présente d'une façon particulière à la vie et à l'action de l'Eglise. C'est justement pour cela que l'Eglise a les yeux constamment tournés vers celle qui, demeurée vierge, a engendré le Verbe fait chair par l'opération du Saint-Esprit. Quelle est la mission de l'Eglise si ce n'est de faire naître le Christ dans le cœur des fidèles par l'action du même Esprit-Saint, par le moyen de l’évangélisation ? Ainsi « l'étoile de l'évangélisation » comme l'a appelée mon prédécesseur Paul VIindique et illumine les voies de l'annonce de l'Evangile...


C'est pourquoi nous formons tous la génération actuelle des disciples du Christ dans une totale adhésion à une tradition ancienne et dans un plein respect et un amour entier pour les membres de toutes les communautés chrétiennes, nous désirons nous unir à Marie et nous y sommes poussés par un profond besoin de foi, d'espérance et de charité. Disciples de Jésus-Christ en ce montent crucial de l'histoire humaine, en plein accord avec la tradition ininterrompue et avec le sentiment constant de l'Eglise, intimement poussés par un impératif de foi, d'espérance et de charité, nous désirons nous unir à Marie. Et nous voulons le faire en empruntant les expressions de la piété mariale de l'Église de tous les temps... Pour cela il ne sera pas inutile de se rappeler que la dévotion à la Mère de Dieu a une âme, quelque chose d'essentiel qui s'incarne dans de multiples formes extérieures. Ce qu'elle a d'essentiel est stable et inaltérable, et demeure un élément intrinsèque du culte chrétien. S'il est bien compris et correctement réalisé, il constitue dans l'Eglise, comme le soulignait mon prédécesseur Paul VI, un excellent témoignage de sa norme d'action (lex orandi) et une invitation à raviver dans les consciences sa norme de foi (lex credendi). Les formes extérieures sont, par leurs natures sujettes à l'usure du temps et, comme le déclarait le même regretté Paul VI, elles ont besoin d'être constamment renouvelées et réactualisées, mais, cependant, dans un plein respect de la tradition.



Aparecida (Brésil) Vendredi 4 juillet 1980