30e dimanche du Temps ordinaire

Les textes du répertoire grégorien de la liturgie ont été largement exploités dans la musique occidentale "savante" du 14e au 21e siècle.

Pour chacun des dimanches de l'année, nous proposons ici quelques-unes de ces oeuvres qui font écho au répertoire grégorien présenté par ailleurs dans la rubrique "Liturgie" de ce site.

Cette qualité de création musicale fait partie de la richesse de notre culture notamment européenne mais qui désormais est rendue accessible à tous par la voie des supports enregistrés. C'est à la fois une fierté et en même temps un appel à garder l'exigence d'un langage qui puisse vraiment promouvoir le meilleur et le plus juste en chacun de nous.

Ardens est cor meum de W. Byrd, par The King's Singers (en écho à Laetetur cor meum, Introït de ce 30e dimanche du TO)

Unam petii a Domino, de Daniel Portis-Cathers par Cantores in Ecclesia. Graduel du 30e dimanche du TO

Alleluia, Lauda Jerusalem de Biagio Plutinagnano. Alleluia du 30e dimanche du TO

Domine vivifica me, de A. Sacrlatti, par l'Ensemble Vocal de Lausane. Offertoire du 30e dimanche du TO

Laetabimur in salutari tuo de Joseph-Hector Fiocco, par les Scherzi Musicali. Communion du 30e dimanche du TO.

Quand on dit que la nature en fait parfois un peu trop... Nous voici ce matin avec deux soleils grâce à cet effet d'optique. (de la part de Jean-Louis B.)

Un poème d'Agnès Gueuret

 

Au mitan de ce mois

 

La tête enrubannée

de cette trainée sombre

qui court entre les nues,

la ville et ses murmures

dans le jour s’acheminent.

 

Le saule et le bouleau

à l’oreille se parlent

des teintes de l’automne

qui tardent à venir

réveiller leur feuillage.

 

Ils pleurent côte à côte

comme si les épreuves

qu’ils traversent ensemble

pouvaient se résorber

par leurs liens en douceur.

 

J’ai suivi la colline,

ses plantations, ses toits

jusqu’aux traits arrondis

des falaises lointaines

de la Seine à Marly.

 

À l’ouest la pluie, le vent

au ciel s’amoncelaient.

Dans la cour de l’école

les clameurs des enfants

rejoignaient les aigus.

 

À ma table, le chêne

enduit de cire blonde

me ramenait aux sentes

qui sillonnent les terres,

les plaines, les forêts.

 

Je me suis laissée faire

par les réminiscences

qui surgissent parfois

dans le cœur attentif

aux pulsations du temps.

 

 

Méditation de la part d'Ariane D.

Luc 12,1- 7

Au sortir d’une discussion houleuse, voyant et revoyant la foule se piétiner par milliers, Jésus convoqua une réunion de crise.

Lui, ses disciples, son enseignement : Rien de couvert ne sera découvert, rien de caché ne sera connu. Ainsi donc poursuit-il : leur parole incomprise s’entendra dans la lumière, leur chuchoté sera clamé. Concis, extrême, au-delà de l’extrême : le maître parle au futur, de la parole future de ses disciples.

Le froid saisit, tous se taisent, à quoi pense Jésus ils savent, deux fois déjà il leur a dit. Inutile de prononcer le mot, ils sont terrifiés il sait, alors il s’approche, l’instant sera gravé, Jésus vient de les nommer ses amis. Il n’en a pas terminé : Ne craignez pas les tueurs du corps, après cela ils n’ont rien de plus à faire…

Jésus a déjà avalé son sort. Il ne s’attarde pas, il a fait le saut dans l’après, il le faut, mais la souffrance, elle, envahit les coeurs… De cela ayez crainte lance-t-il, craignez la géhenne, la souffrance engouffrante qui ne s’éteint pas.

Comment réconforter ses précieux devant Dieu ? Plus que des moineaux, précieux jusqu’à dénombrer les cheveux de leur tête ! Face à sa mort, l’argument de Jésus est filiforme. C'est pourtant ce rien qu’il tend à ses amis en fil de traversée…

Nous humains sommes sensibles corporellement, mais pas de notre chevelure. Jésus vient de faire de cet insensible humain un symbole sensible à Dieu. La souffrance de sa perte ne doit pas perdre ses amis, il faut entendre : Dieu est infiniment plus sensible qu’eux. Si sensible, que nos propres cheveux dont nous ignorons qu’ils poussent et tombent, Dieu va lui, jusqu’à les compter.

Après que le corps de l’Aimé aura été enseveli, Dieu n’oubliera personne, Dieu ne se cachera pas, il fera découvrir, connaître, illuminer et clamer l’enseignement de son corps ressuscité.

Heureux sommes-nous, foule de baptisés, vingt-et-un siècles après les saints apôtres, saisis d’amour de Celui qui leur donna le fil lumineux des cheveux de leur tête : Christ.

Et voici, le texte d’évangile prendre un sens autre, voici la foule par milliers qui se piétinait à terre, s’élever en baptisés, chevelure de la tête-Christ.*

Et quoi des moineaux ? Sont-ils de ceux qui piétinent sa parole au bord du chemin, ils ne sont pas oubliés de Dieu. Et combien lui sont précieux les semeurs d’une graine de moutarde; n’en pousse jamais à grande hauteur, sinon quand Jésus en fait symbole pour l’épouser à notre foi : minuscule, mais puissante pour croître vers la divine découverte de l’arbre aux oiseaux du ciel…

 

* : Symbolique du corps, Jean-Louis Chrétien. Éd puf.

Hymne à l'amour : 1 Cor 13 par Agnes, chanteuse hongroise

28e dimanche du Temps Ordinaire

Introït : Si iniquitates de Wesley par Le choeur d'hommes de la Cathédrale de Durham, dir. : James Lancelot

Graduel, Si ambulem de Richarfort, par le Huelgas Ensemble, dir. : Paul Van Nevel

L'amitié est donc cette vertu qui unit les âmes par un lien tel de dilection et de tendresse qu'a plusieurs elles ne font plus qu'un. Voilà pourquoi même les philosophes de ce monde n'ont pas rangé l'amitié parmi les choses aléatoires et périssables mais parmi les vertus éternelles.

Aelred de Rievaulx - L'amitié spirituelle -Livre premier - 21

Proposée par Suzanne S.

Ave Maria de Rihards Dubra, compositeur letton

Pièces froides, chorégraphie d'Ariane D.

Ecrire … pourquoi ?

 

Dire les pas de l’âme

    en quête d’une issue.

 

Extraire de la vie

Le suc qui la nourrit.

Témoigner de l’instant

Sans en lester le sens.

Faire surgir la perle

Sous le regard aveugle.

Révéler la musique

Cachée au cœur des choses.

Oser montrer l’espoir

Là où la nuit s’étend.

Marcher légèrement

Sous le fardeau des êtres.

Manifester l’humour

Serti dans l’ordinaire.

Parler comme une voix

Qui répond à mille autres.

Revêtir le manteau

De la terre en travail.

Croire qu’au fond des eaux

La vie aussi se cache.

Mesurer les espaces

A l’empan des pensées.

Savoir longtemps attendre

La montée du mot juste.

Respecter le silence

En cherchant la chanson.

Tenter une œuvre d’art

Sans croire y parvenir.

Accueillir la beauté

Et lui tendre un miroir.

Derrière la misère,

La grandeur, la bonté

S’effacer pour les dire

Comme l’air qu’on respire.

Libérer la parole

Qui invente et recrée.

 

Dire les pas obscurs

    De notre âme en gésine.

 

Agnès Gueuret

Reprise d’un texte écrit en 1998,

"Quand tu t'adonnes à la prière, si tu es autant que possible loin de toute distraction

et si le verset s'arrête soudain sur ta langue et immobilise ton âme dans le silence,

si, en dehors de ta volonté, ce silence demeure en toi,

sache que tu viens d'entrer dans ta paix....."

 

Isaac Le Syrien, Traités ascétiques.

" Il y a en toi la capacité de voir Dieu :

celui qui t'a formé a déposé dans ton être une immense force.

Dieu, en te créant, a enfermé en toi l'image de sa plénitude,

comme on imprime dans la cire la marque d'un cachet "

Saint Grégoire de Nysse 

(proposé par Suzanne S.)

Citation

« L’homme est cet être dont la chair finie est transpercée par l’épée de l’infini »

de Søren Kierkegaard

(Proposé par Monique H.)

Mandalas

Témoignage du Frère Louis, auteur de ces dessins centrés (mandalas)

La pensée sémite (biblique) est de type concentrique : les mêmes thèmes, les mêmes mots courent à travers tout le texte sacré, s’enrichissent à mesure que l’on avance et pointent vers un centre qui, pour nous chrétiens, est Jésus-Christ. Il est le centre des Ecritures et les accomplit. Le mandala étant un dessin centré, j’ai alors pris conscience qu’il rejoignait la pensée biblique et donc qu’il était apte à exprimer, de manière imagée, les thèmes et les mots qui ont Jésus pour centre. Dans ce nouveau volume, la démarche est inverse ; je parts du mandala, (dessin centré), pour composer un texte ou étudier un passage biblique et je constate le plus souvent que cela engendre des résonnances que je ne soupçonnais pas. La disposition en schéma centré m’aide à unifier ma pensée ; c’est une force centripète qui permet d’éviter la dispersion –force centrifuge -. On se concentre sur le sujet choisi ; on rassemble ses idées ; plutôt que de raisonner par association d’idées : où l’on risque alors de s’éloigner du centre choisi au départ. Pour la présentation des mandalas, nous avons opté pour l’ordre de leur création. On saisira mieux ainsi l’évolution des dessins. En guise d’ouverture, vous contemplez le rayonnant mandala de l’ovule humain, pénétré par le spermatozoïde. Ainsi a commencé votre vie, par un éclat lumineux. Tout le programme du développement humain est déjà dans cette rencontre. Comment ne pas être rempli d’admiration pour le commencement de toute vie. On va retrouver ce principe dans le règne animal et végétal. Une fois ce programme abouti, vous aimerez retrouver des mandalas dans les fleurs, un tronc d’arbre et jusque dans le règne minéral. Sans oublier le soleil et ses planètes, les étoiles, les galaxies. Préparez-vous à l’admiration, à l’action de grâce, à la joie.

Poésie

En cette période difficile de la vie de nos sociétés, Axel nous propose de prier avec Saint François

Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix.

Là où est la haine, que je mette l'amour.

Là où est l'offense, que je mette le pardon.

Là où est la discorde, que je mette l'union.

Là où est l'erreur, que je mette la vérité.

Là où est le doute, que je mette la foi.

Là où est le désespoir, que je mette l'espérance.

Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.

Là où est la tristesse, que je mette la joie.

 

Faites, que je ne cherche pas tant d'être consolé que de consoler,

D'être compris que de comprendre,

D'être aimé que d'aimer,

Parce que C'est en donnant que l'on reçoit.

C'est en s'oubliant soi-même que l'on se retrouve soi-même.

C'est en pardonnant qu'on obtient le pardon.

c'est en mourant que l'on ressuscite à l'éternelle vie.

Amen