Couchers de soleil dans les Alpes de Haute-Provence

Aujourd'hui, n'endurcissez pas vos coeurs (Ps 94)

 " Veiller sur son coeur, se tenir avec l'intellect dans le coeur, descendre de la tête dans le coeur, tout cela , c'est la même chose. Le coeur de ce travail, c'est l'attention et rester en présence du Seigneur invisible, non pas dans la tête mais dans la poitrine, près du coeur. Quand viendra la chaleur divine, tout cela sera clair pour vous." Théophane le Reclus.

" Il est important de comprendre que la prière est toujours un don de Dieu ". Théophane le Reclus.

Proposé par Suzanne S.

Psaume 94, Répertoire médiéval

Psaume 94, Venite exultemus de M. Praetorius par le Huelgas Ensemble

La force des arbres

Édouard Cortès, frappé par l’adversité et le désespoir pensait à se passer la corde au cou. Au lieu de cela il se fit une échelle de corde et construisit une cabane dans un arbre où il se réfugia durant trois mois. La beauté de la nature, le silence, l’éloignement de « la vanité des hommes », l’ont ramené à la vie. Dans une interview à La Vie du 7 janvier, il confie : « A un moment il y a une cassure, une traversée des forêts sombres comme on en trouve chez Dante. Autrefois on parlait d’acédie, cet épuisement du sens de la vie – notre burn out contemporain- qu’ont connu aussi les Pères du Désert ou les stylites sur leur colonne, saisis d’une grande nuit. J’ai essayé d’apprivoiser cette obscurité-là et d’y trouver l’étincelle d’un devenir ». Au sortir de cette expérience d’ermite, comment se set-il ? Nu mais purifié. Et il cite Bernanos : « La foi c’est 24 heures de doute, moins une minute d’espérance ».

La légende des anges

Chers amis du Monastère numérique,

alors que nous nous apprêtons à célébrer l'avènement divin parmi nous, je vous offre ce texte de Michel Serres qui m’a beaucoup marquée, il est pour moi un véritable point de repère. Il est au début de son livre « La Légende des Anges ».

Que le chœur des anges nous réjouisse, et tous ceux que réunit le Monastère numérique. Réjouissons-nous des anges que nous sommes les uns pour les autres ! Joyeuse fête de Noël à tous, Sibylle

Le texte est double, selon la structure de l’ensemble du livre de M. Serres. D’une part, un regard sur l’être de l’ange (messager, porteur de nouvelle) à partir de la peinture de Guariento « Ange présentant une âme » et, d’autre part et en écho, le récit se déroulant autour de Pia et Pantope, infirmière et médecin à l’aéroport de Roissy.

de la part de Sibylle

Cliquer sur le lien ci-dessous pour voir le texte

https://drive.google.com/file/d/1rHynLYrjiR-hKVqKKsZbI_TrxPA4fZA_/view?usp=sharing

Que la douceur de vivre en compagnie du Seigneur nous remplisse de sa grâce.

                                                                                     Théophane le Reclus

                                                                                     De la part de Suzanne S.

Veiller, Médiation de Ariane Delarbre.

Veiller…

J’aime à penser que veiller consiste à avoir les yeux ouverts. Éveillés, nos yeux sont ouverts, dormants ils sont fermés. Dormir avec les yeux fermés va aussi à la position horizontale, les trois sont biologiquement accordés. Essayer de s’endormir debout ne tient pas longtemps; que nous dormions par terre, dans un lit, un fauteuil où la tête entre les bras sur une table, nous ne sommes pas debout et nos yeux ne sont pas ouverts.

Ici l’histoire devient intéressante, car qui ne connaît parfois l’impression de dormir debout ? Bien que nos yeux soient ouverts, nos sens sont passifs au vivant auquel nous devrions participer. La coutume parle de corps ici, la tête ailleurs ; en réalité les deux sont bien là mais en état d’absence malgré l’apparence d’un état de veille, debout les yeux ouverts. Cette apparence ne rend pas la veille aisée à définir.

Dormir vraiment se voit, veiller peut faire illusion. Illusion à soi-même car quand nous dormons, nous ne nous savons pas en train de dormir. De manière générale, pendant notre état de veille, nous filtrons la réalité : nous sommes présents à ce à quoi nous le sommes, nous ignorons ce à quoi nous dormons.

Que nous dit Jésus dans cet évangile selon Marc : « Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin. » Jésus ne parle pas des heures de plein jour où nous sommes sensés être éveillés au mieux. Voudrait-il que nous fassions nuits blanches ? Le guérisseur Jésus attache suffisamment d’importance à la santé pour ne pas déraisonner. Entendons plutôt la tradition juive en laquelle le shabbat et les jours de fêtes commencent le soir ; Jésus nous parle de la venue du Seigneur de la maison comme d’un jour de grande fête. Une fête telle que même notre fatigue et nos heures en sommeil ne doivent pas nous empêcher de pouvoir être éveillés lors de sa venue.

Jésus n’invite certes pas à ne pas dormir la nuit mais à « chasser le sommeil » dissimulé dans notre état de veille. Car finalement, que nous dit-il sinon que nous vivons dans la nuit comparativement à sa lumière, qu’il est pleinement. Lors de la venue du Seigneur si lumineuse, n’est ce pas une qualité d’éveil qu’il attend de notre part pour que Sa lumière nous touche ? Des vivants présents dans notre ici, quoi que nous fassions, que nous soyons prêts à être présents, prêts au réveil à l’improviste de notre nuit grâce à notre réserve d’huile dans la lampe de notre éveil…

Quand on dit que la nature en fait parfois un peu trop... Nous voici ce matin avec deux soleils grâce à cet effet d'optique. (de la part de Jean-Louis B.)